Caméra, Bulletin cinématographique de l’Association des Journalistes Critiques Cinématographiques du Togo (AJCC-Togo)

février 20, 2012

Caméra

Année 3, N°025 du 15 janvier au 15 février 2012

 

Editorial : Le Cinéma Numérique Ambulant démarre bientôt au Togo

 Dans quelques jours, le Cinéma Numérique Ambulant va démarrer au Togo. La cérémonie de lancement est prévue pour le vendredi 24 janvier prochain à Lomé. Ce projet sera exécuté en partenariat avec le Cinéma Itinérant du Togo du réalisateur Jacques Do Kokou. 

Cette aubaine est une chance pour le Togo dont le cinéma peine encore à exister, du moins à se développer malgré l’engouement des jeunes réalisateurs et les efforts faits ici et là par les promoteurs culturels.

Encore des obstacles à franchir, des mesures à prendre. Par exemple, le code du cinéma dont l’accouchement reste difficile depuis que le ministère de la culture nous a assuré l’an dernier de l’avancement du dossier déjà parvenu à la table du gouvernement.

Toutefois, il faut signaler que dans cet univers nuageux du cinéma au Togo certaines institutions continuent d’accorder un intérêt non négligeable. En effet, outre la Direction Nationale de la Cinématographie (DNC), on peut citer le Service de Coopération et d’Action Culturelle (SCAC) de l’Ambassade de France au Togo qui intervient dans différents secteurs parmi lesquels, le secteur culturel : arts plastiques, cinéma, livre, musique, le théâtre, etc.

En effet en 2011, quelques projets de documentaires avait reçu le concours  du SCAC parmi lesquels deux films portés par Ardèche Images Production à savoir : A sa place (100mn), de Penda Houzangbé et Le Rite, mon père et moi (80mn) de Gentille Assih.

 La Rédaction

 

Le film Nuit de noces du togolais Marcelin Bossou en compétition à Louxor (Egypte

Le jeune togolais Marcelin Bossou, étudiant en cinéma au Maroc participera au Festival de Louxor du Film Africain en Egypte du 21 au 28 février 2012. Pour cause, son film court métrage Nuit de noces sera en compétition.  Ce film qui a déjà participé au Festival du Court Métrage Méditerranéen de Tanger au Maroc en 2011 dans la catégorie « films d’école », est une fiction dramatique de 12 minutes 46 secondes tournée en 2011 au Maroc en arabe et sous-titré. C’est l’histoire de deux jeunes marocains, Ahmed et Jamila,  qui découvrent des secrets mutuels lors de la nuit de noces de leur mariage.

Né à Lomé au Togo le 03 mai 1984, Marcelin Bossou est un passionné de cinéma qui est entré en 2008 à l’Ecole Supérieure des Arts Visuels de Marrakech au Maroc où il a obtenu sa licence en Etudes Cinématographiques, option Réalisation. Nuit de nocesest le film de fin de formation en réalisation cinématographique de ce jeune réalisateur togolais.

Marcelin Bossou, réalisateur

Durant ses études, il a réalisé plusieurs courts métrages parmi lesquels La Bourse ou la vie, un documentaire qui parle des étudiants togolais au Maroc, et L’Inconnu du 13 janvier, une fiction qui remet en situation la nuit du 13 Janvier 1963 qui a vu la mort du premier président togolais Sylvanus Olympio.

Actuellement, Marcelin Bossou prépare deux courts métrages : Les Deux frères qu’il a l’intention de tourner en avril 2012 au Togo, de même que Et Dieu créa la femme, un projet qui sera discuté au cours d’un atelier d’écriture au Festival de Louxor du Film Africain et qui sera tourné vers le mois d’août. Il prépare également un long métrage documentaire intitulé King Mensah, le musicien père d’orphelins dont le tournage est prévu pour la fin de l’année 2012.

Charles Ayetan

 

Première du film Africaphonie Héritage à Lomé

Le 24 janvier dernier a eu lieu à l’Institut Français du Togo, la première du film Africaphonie Héritage (2011) réalisé par le Togolais Modeste Abraham Sallah et produit par Akwaaba Production. Cette première du film a s’est déroulée en présence du réalisateur et d’un grand public qui a fait le déplacement de l’Institut Français du Togo.

Traitant des thématiques de l’esclavage et de la traite négrière, ce film est construit autour de la commémoration de l’abolition de l’esclavage qui a lieu chaque année à Paris (France). Le film de Modeste Abraham Sallah a le mérite de poser le problème de l’enseignement de l’esclavage aux générations actuelles et futures. Une grande partie du film est constituée des séquences de la soirée commémorative de l’abolition de l’esclavage : un concert de musique, de danse et de slams, au rythme de mots et d’instruments parmi lesquels le tam-tam, les castagnettes, etc. Au cœur de ce concert, les artistes et le public sont entrés en profonde vibration avec cette époque dramatique de l’histoire mondiale que le spectateur est invité à revivre à travers l’expression artistique. Le film est étoffé d’interviews d’artistes ayant pris part à la soirée commémorative de l’esclavage, mais aussi de personnalités d’origines diverses. Entre autres artistes interviewés, Sally Nyolo du Cameroun, Bibi Tanga de la Centrafrique, Féfé Typical de la Martinique.

Par ailleurs, plusieurs archivistes, bibliothécaires, documentalistes, historiens et conservateurs de musées ont donné leurs points de vue sur ce commerce humain qui a profondément marqué l’histoire de l’humanité, en particulier le continent africain.

 

Joseph Akligo : un passionné de l’image, dessinateur et  réalisateur de films d’animation

Joseph Akligo

 Dessinateur, auteur de bandes dessinées et réalisateur de films d’animation (dessin animé), Joseph Akligo est diplômé en sociologie et titulaire d’un master en communication visuelle. Né le 29 mai 1967 à Atakpamé (Togo), sa carrière professionnelle de dessinateur de presse a débuté pendant qu’il était en formation au département de sociologie à l’Université  de Lomé.

En effet, il était caricaturiste pour les journaux Atopani expresss, Tribune des démocrates et Forum hebdo de 1989-1991.

Dessinateur – caricaturiste

Mais bien avant, Joseph Akligo dessinait depuis qu’il était élève au collège Notre Dame d’Afrique (Atakpamé, Togo) : « je dessinais au cours des grandes manifestations, les fêtes notamment, dans la grande salle et autres. C’est là qu’a commencé mon parcours que j’ai continué jusqu’à l’université. »

Fort de son expérience de caricaturiste au Togo, il sera sollicité par le journal La Gazette du Golfe à Cotonou (Bénin) où il a continué le dessin de presse. Il participera dès lors à de nombreux salons de bandes dessinées dans plusieurs pays d’Afrique tels que le Congo, le Cameroun, le Gabon, le Nigéria, etc. Ainsi a-t-il participé au Salon africain de la bande dessinée de Kinshasa en 2000 et animé au Nigéria, en 2001, des ateliers de bandes dessinées à l’attention des jeunes à Lagos et à Kano.

A l’actif de Joseph Akligo qui signe ses bandes dessinées sous le nom de Palmer Jo, on compte diverses publications : caricatures de presse, bandes dessinées, illustrations d’affiches.

Auteur de Bandes Dessinées

Déjà en 1988-1989, il avait publié un ouvrage intitulé Il était une fois Atakpamé. Plus tard au Bénin, il publiera plusieurs livres parmi lesquels Sokrou ou les méfaits des sacs plastiques aux éditions Le flamboyant en 1998, ouvrage dont les planches avaient déjà été présentées en 1994 au salon du Livre de Tombouctou.

C’est alors qu’il obtint une bourse pour aller suivre une formation en bande dessinée à l’Institut Saint Luc en Belgique. « Cette opportunité, confie-t-il, m’a ouvert alors définitivement la voie du dessin comme moyen de communication privilégiée, puis comme carrière à côté de mon statut de sociologue. »

Cette passion pour le dessin le conduira en Italie où il recevra en 2006 une Mention d’honneur au concours panafricain « Africa e Medirraneo » pour On a fumé Malrobo, une bande dessinée dont les planches ont été publiées en un album de 30 pages par la maison d’édition italienne Lai Momo et diffusées dans toute l’Europe. Cette publication est le fruit d’un concours organisé par l’association « Africa Mediterraneo ».

Du même auteur, de nombreuses bandes dessinées telles que : Avec toi (1996) publiée dans le collectif Boulevard Sida, Quelque part dans la rue (2001) dans Matite africane (Italie), Amina ne sera pas excisée dans l’album collectif A l’ombre du baobab, sans oublier une bande dessinée sur le trafic des enfants publiée en 2004 dans les journaux Le matinal et La nation au Bénin. Plus récemment en 2009, Palmer Jo a signé Les extra-terrestres Pigamous, un album publié chez Star Edition.

Réalisateur de films d’animation

Avec les dessinateurs du Bénin où il travaillait comme dessinateur de presse, Joseph Akligo a eu la chance de participer à une formation en dessin animé avec le soutien de la Belgique. Cette formation avait été assurée par Raymond Burlet, co-réalisateur du célèbre dessin animé Kirikou et Karaba la sorcière dont le réalisateur principal est Michel Orselot. Au terme de cette formation en réalisation du dessin animé qui s’est déroulée à Cotonou de 2005 à 2008, les participants ont produit un film d’animation de 5 minutes intitulé Anna et le livre magiqueavec les personnages Anna et Bazile. Ce film visait à inciter les parents à envoyer leurs enfants à l’école. A l’époque, Joseph Akligo travaillait dans une structure de production de films de communication pour la santé à Cotonou.

Anna, Bazil et le Masque Sacré

En 2009, il a réalisé Anna, Bazil et le Masque Sacré, un film d’animation de 20 minutes qui traite de la question du trafic des masques sacré. En vacances à Kétou, une ville du Bénin, Anna et Bazil apprennent la disparition du masque sacré qui fait tomber la pluie. Une longue enquête conduira ces deux personnages de Kétou à Abomey, puis à Natitingou dans le Nord du Bénin avec une seule obsession : retrouver le masque volé puis vendu à un touriste.

Ce film a eu l’honneur de participer à plusieurs festivals à travers le monde et a remporté entre autres, le prix Python Tapis, Prix du meilleur film d’animation au Festival international du film de Ouidah (Quintessence, Bénin) en janvier 2010 et le prix du Jury Francophone au Festival du film court francophone d’Atakpamé (Togo) en juillet 2011.

Charles Ayetan

 

LE SITE DU MOIS

Festival de Louxor du Film Africain en (Egypte)

Du 21 au 28 février 2012

http://www.luxorafricanfilmfestival.com

Caméra, Bulletin cinématographique de l’Association des Journalistes Critiques Cinématographiques du Togo (AJCC-Togo)

février 20, 2012

Caméra

Année 2, N°024 Du 15 juillet au 15 août 2011

 Editorial : Le temps du 7ème art

 C’est le temps des vacances estivales pour les élèves et étudiants. Les étudiants en cinéma et audiovisuel ne sont pas en marge de ce temps de repos, mais aussi temps de découvertes de tous genres à travers voyages et activités socioculturelles.

A Atakpamé, le festival de film court francophone s’est donc donné rendez-vous pour la deuxième fois. Temps de dégustation des œuvres filmiques d’Afrique et d’ailleurs, temps de manifestation de talents.

C’est aussi le temps où des professionnels Togolais s’organisent en réseau pour promouvoir le cinéma dans notre pays.

Mais c’est surtout le temps où bacheliers et professionnels en activité peuvent opter pour une formation de qualité dans les écoles de cinéma et de l’audiovisuel.

 La Rédaction

 RESPROCIT : un réseau pour la promotion du cinéma au Togo

Le Réseau des Structures pour la Promotion du Cinéma au Togo (RESPROCIT) a été porté sur les fonts baptismaux le mardi 02 août dernier à Lomé.

Ce réseau est mis sur pied à l’issue d’une Assemblée Générale qui s’est tenue dans une salle de réunion de la Télévision Togolaise (TVT), assemblée à l’issue de laquelle un Conseil d’Administration de sept (07)    membres a été constitué, présidé par M. Foli Alodé Amagli, directeur de l’Ecole Supérieur des Etudes Cinématographiques (ESEC), Lomé (Togo).

Prenant la parole au terme de l’élection dudit conseil, le premier président du RESPROCIT s’est réjouit de cette initiative concrétisée grâce à l’effort des différentes parties  prenantes. « Dans un premier temps, nous allons faire l’état des lieux du cinéma au Togo pour avoir une idée tout à fait claire de ce qui est fait, ce qui reste à faire et nous nous emploierons à mettre en œuvre les résolution qui en découleront », a déclaré M. Amagli.

Le RESPROCIT se veut un cadre de concertation et d’accompagnement des structures membres dans le but de promouvoir le cinéma.

L’Institut Numérique d’Afrique Francophone (INAF) au Togo

Une opportunité de formation professionnelle aux métiers de l’audiovisuel et du cinéma

 L’Institut Numérique d’Afrique Francophone (INAF) accueille de nouveaux étudiants, candidats à une formation en audiovisuel et en cinéma. En effet, cet Institut offre une formation audiovisuelle polyvalente sous deux formes : une formation diplômante et une formation à la carte.

Dans le cadre de cette formation, l’INAF propose une spécialisation dans différentes filières telles que le Journaliste reporter d’images (JRI), le Son, la Réalisation, le Montage  numérique, etc. C’est donc une formation qui s’adresse à tous ceux qui souhaitent faire carrière dans les métiers de l’Image et du Son.  Il s’adresse également à travers ses  différentes formulations et actualisations aux professionnels du cinéma et des médias audiovisuels tels que la radio, la télévision, les centres audiovisuels, les agents ou techniciens des départements audiovisuels et de communication des entreprises, des institutions et organismes.

La formation diplômante est conçue  sous la forme de formation continue réelle, adaptée à ceux qui sont déjà en activité professionnelle et souhaitent continuer à renforcer leurs capacités dans un cadre  BTS (Brevet de Technicien Supérieur), Licence et Master.

Selon la direction de l’INAF, les inscriptions  ont déjà commencé pour la  nouvelle année académique 2011-2012 pour la formation à la carte. Celle de  la formation diplômante en formation continue commencera en octobre 2011. Officiellement reconnu par l’Etat togolais, cet institut propose un cursus qui prépare à l’obtention du BTS, de la Licence Professionnelle et du Master dans les différentes filières, sans oublier la délivrance d’attestations pour les formations à la carte.

L’Institut Numérique d’Afrique Francophone (INAF) est situé dans l’immeuble Perfecom Group sis au quartier Adidogomé, à Lomé (Togo). Créée depuis 1996, Perfect Communication Group (Perfecom Group) est une entreprise privée de production audiovisuelle et d’ingénierie en communication globale devenue une Société à responsabilité limitée (SARL) en 2008. Aujourd’hui, cette société qui jouit d’une expérience et d’une envergure internationale avérées dans  son  domaine de compétence démultiplie son expertise à travers l’INAF, son département de la formation au profit des jeunes, universitaires et professionnels d’horizons divers pour une formation diplômante de qualité, adaptée à leur vie active.

Contact :

Tél. +228 90 27 58 25 / 22 50 87 69

E-mail : inaf.info@yahoo.fr 

Site : http://www.perfecomgroup.tg

Lionel Daworo : « Il y a des jeunes passionnés pour le cinéma au Togo, mais il leur manque la formation »

 Il m’attendait de pieds fermes au 2èmeFestival du film court d’Atakpamé pour avoir eu écho de Caméra. Mais je ne le connaissais pas. Alors, je lui ai tendu le micro.

Monsieur Lionel Daworo,  vous êtes Centrafricain, consultant et enseignant en cinéma au Togo ? Parlez-nous de votre parcours.

J’ai fait une formation de deux ans à l’Institut Supérieur de l’Image et du Son (ISIS) à Ouagadougou (Burkina Faso). Mais avant cette formation,  j’avais eu 4 années d’expériences comme technicien amateur en prise de vue et en montage, sans oublier une formation bac + 4 en sciences de gestion et comptabilité. C’est donc après ma formation à l’ISIS que je me suis retrouvé au Togo depuis deux ans comme consultant en audiovisuel/cinéma et comme enseignant aux métiers du cinéma à l’Ecole Supérieure des Etudes Cinématographiques de Lomé.

Quel regard avez-vous sur le cinéma au Togo ?

Au Togo, le secteur du 7ème art n’est pas aussi développé que dans certains pays de la sous région. Il reste donc beaucoup de choses à faire. Et je pense que c’est une question de volonté et d’organisation, parce que le cinéma c’est de l’art, c’est des hommes qui font le cinéma. Il faut donc une prise de conscience au niveau des tous les acteurs et que le pouvoir public appui et définisse une politique pour le développement de ce secteur. Sinon, il y a un avenir pour le cinéma au Togo, c’est d’ailleurs la raison de ma présence ici.

Quelle appréciation faites-vous de la jeune génération de professionnels de ce secteur ?

Il y a ici des jeunes qui ont de l’énergie, l’engouement et la passion pour le 7ème art. Seulement, il manque un peu de connaissances. C’est pourquoi, je pense que c’est important pour eux d’aller se former dans les écoles de cinéma. Ainsi ils comprendront mieux le système et ils feront de bons films.

Avez-vous des projets en dehors de vos activités habituelles ?

Bien sûr, j’ai des projets de films très engagés, des projets avec d’autres cinéastes, sans oublier les projets de consultation ici au Togo, en Centrafrique et ailleurs.

Propos recueillis par Charles Ayetan.

2ème Festival du Film Court Francophone à Atakpamé (Togo)

La Métaphore du Manioc a décroché le Grand Prix de la Création Africaine

C’est le film La Métaphore du manioc (Cameroun, 2010) du réalisateur camerounais Lionel Méta qui a remporté le Grand Prix de la Création Africaine du deuxième Festival du Film Court Francophone d’Atakpamé (Togo) tenu du 26 au 30 juillet dernier dans la ville aux sept collines. Ce prix est constitué d’un trophée et d’un montant de 150.000 F CFA. Le 2ème Grand Prix du festival (un trophée + 100.000 F CFA) a été décerné à Mathys (Côte d’Ivoire, 2010), un court-métrage collectif réalisé par de jeunes ivoiriens parmi lesquels Mlle Victoire Aby Say qui était présente au festival d’Atakpamé.  La Bobine 16 de Anne Claude Lumet et Gilles Lemounaud (Congo, 2010) a obtenu pour sa part, le 3ème Grand Prix (un trophée + 78.000 F CFA) dudit Festival.

Outre ces trois grands prix, treize autres prix symboliques ont été décernés par les différents jurys à des films en compétition à ce 2ème Festival du film court francophone d’Atakpamé.

Dirigée par M. Jaques Chanis, la cérémonie de remise de prix a eu lieu en présence du représentant du Ministre des Arts et de la Culture, M. Akakpo Edoh, directeur de cabinet, du Maire de la ville d’Atakpamé, M. Kasségné Adjonou, du Consul Honoraire du Togo pour la Région du Rhône-Alpes, M. Noël André Dessalces, du directeur régional des arts et de la culture des Plateaux, M. Denis Essohanam Koutom, et de plusieurs personnalités parmi lesquelles, réalisateurs, journalistes et invités, sans oublier les festivaliers.

Officiellement ouvert le mardi 27 juillet dernier, ce festival a connu la participation de plusieurs dizaines de films dont 14 étaient en compétition pour le Grand Prix. De même, de nombreux festivaliers venus Bénin, de la Côte d’Ivoire, de la France et du Togo ont pris part à ce rendez-vous du 7ème art. Outre les projections de films qui ont eu lieu au Centre Culturel d’Atakpamé, diverses activités cinématographiques et culturelles ont marqué cette deuxième édition du festival, à savoir : un atelier de formation à la lecture de l’image et à la scénarisation qui a été assurée par des professionnels du Togo et de la Côte d’Ivoire, des spectacles de théâtres, diverses animations culturelles, une rencontre entre les professionnels du cinéma et les festivaliers, etc.

Promouvoir la cinéphilie

La partie off du Festival d’Atakpamé a été marqué par un atelier de formation à la lecture de l’image dont une vingtaine de jeunes scolaires d’Atakpamé et des ses environs ont été les heureux bénéficiaires. Selon les organisateurs, un programme de suivi sera mis sur pied pour le suivi de cette formation afin que ces jeunes cinéphiles soient progressivement encadrés tout au long de l’année.

Initié par Carole Laffitte et Jacques Chanis, respectivement des centres sociaux et culturels Peyri et Lévy de Vaulx-en-Velin (France), ce festival qui est à sa deuxième édition au Togo est la réplique en Afrique du Festival du Film Court Francophone de Vaulx-en-Velin qui a fêté ses 10 ans en 2010.

Charles Ayetan

Caméra

Année 2, N°023 Du 15 juin au 15 juillet 2011

Editorial : Le cinéma au féminin

Au nombre des événements cinématographiques attendus les prochaines semaines en Afrique, figure la deuxième édition du Festival du Film Court Francophone d’Atakpamé (Togo) qui aura lieu du 26 au  30 juillet  prochain dans la ville aux sept collines.

Professionnels du cinéma, vidéastes et cinéphiles sont attendus à ce festival qui fera sans doute une place non négligeable à la participation des femmes professionnelles du secteur.

L’universitaire et cinéaste américaine, Beti Ellerson Poulenc, dont nous publions l’interview dans ce numéro n’en sera qu’heureuse, à l’instar des nombreuses personnes qui militent pour une plus grande moisson d’œuvres féminines dans le 7ème art.

 La Rédaction

 Interview avec Beti Ellerson Poulenc, universitaire américaine et cinéaste

« Une base de données  pour rendre accessible à tous les informations relatives aux femmes africaines dans le cinéma »

 Auteur du livre Sister of the screen et du documentaire Cinéma d’Afrique au féminin, Beti Ellerson Poulenc est très investie dans la recherche du point de vue des femmes dans le cinéma. Aussi a-t-elle créé en 2008, le « Center for the Study and Research of African Women in Cinema », un blog dédié essentiellement à la femme africaine au cinéma. Avec un doctorat en études africaines, Beti Ellerson Poulenc qui enseigne à l’université d’ Howard a accepté de nous parler de son engagement féministe au côté des femmes africaines dans le 7ème art.

 Comment vous est venu ce désir de vous intéresser aux femmes dans le 7ème art ?

J’ai un doctorat en études africaines avec sous-spécialisation en cinéma africain et études des femmes. En tant que féministe, j’ai toujours été intéressée par le discours critique féminin, donc dans le domaine académique, je voulais faire une enquête sur les expériences des femmes africaines à travers les films. J’ai trouvé ce medium particulièrement adapté car les cinéastes peuvent utiliser le cinéma pour décrire des problèmes de société de même qu’un outil pédagogique et un moyen de sensibiliser la population. Cette recherche m’a amené d’une part, à l’élaboration d’une étude cinématographique africaine au féminin. Ceci incluant l’historiographie et la recherche sur le regard de la spectatrice – la manière dont elle reçoit l’image. Et d’autre part, à la promotion de leur travail et la création d’une plateforme de réflexion. Ces initiatives me tiennent à cœur, je voudrais apporter ces expériences au grand public au-delà des salles de classe et des conférences. Donc, je définis « les femmes africaines dans le cinéma » comme un concept qui comprend la théorie et la pratique.

Pensez vous qu’on donne aux femmes leur place dans ce milieu ?

Il faut d’abord voir le rôle de la femme d’une manière générale dans les structures sociales, politiques et culturelles en Afrique, puis regarder la place que le cinéma occupe dans les sociétés africaines. On peut remarquer une visibilité croissante des femmes à tous les échelons de l’infrastructure cinématographique africaine. Elles ne sont pas seulement devant ou derrière la caméra, mais également dans les coulisses. Pour citer Sarah Maldoror : « La femme africaine doit être partout. Elle doit être à l’image, derrière la caméra, au montage, à toutes les étapes de la fabrication d’un film. C’est elle qui doit parler de ses problèmes… »

Vous avez discuté avec plusieurs femmes dans le cinéma, que retenez-vous de ces discussions ?

J’ai retenu beaucoup de choses au cours des conversations avec les nombreuses femmes durant ces quinze dernières années. L’idée de la parole des femmes africaines comme « discours alternatif » proposée par Anne-Laure Folly-Reimann (Togo), par exemple, est devenu un leitmotiv pour mes recherches et écrits. Avec les changements de technologies qui ont permis à beaucoup de femmes de se promouvoir et de présenter leurs films avec les nouveaux outils de communication, on aurait pu s’attendre à un changement générationnel des attitudes et des idées. Pourtant les réflexions qu’elles peuvent avoir sur la co-existence en tant que mère et cinéaste résonnent de la même manière. Il y a aussi de jeunes réalisatrices d’aujourd’hui qui se considèrent comme cinéastes et non pas comme femmes cinéastes, ce que Safi Faye revendique depuis plusieurs décennies.

Qu’attendez-vous de ces discussions ?

J’ai voulu recueillir les expériences des femmes à travers le continent dans tous les domaines du cinéma : réalisatrices, productrices, comédiennes, critiques et organisatrices – comme un ensemble, de les écouter, de les laisser parler de leur interprétation de leur propre image et comment elles visualisent leurs sociétés.

 J’ai eu des surprises en cours de route. Certaines parmi elles m’ont donnée des réponses très personnelles inattendues à des questions que je n’aurais jamais posées. Dans l’ensemble, j’ai bénéficié d’un grand intérêt et d’un véritable soutien, car elles se rendent compte de l’importance de cette recherche et de son archivage.

Vous êtes écrivain et réalisatrice d’œuvres dont les thèmes sont centrés principalement sur la femme et le cinéma. Avez-vous été confrontée à l’une des difficultés qu’elles évoquent en tant que réalisatrice ? Si oui laquelle ?

Ma principale difficulté est le manque de temps. Le temps d’écrire, de penser, de rechercher, de réfléchir sur les idées. Ceci dit, je tiens à souligner que ma position est très différente, vivant en Occident, travaillant à la fois comme universitaire et chercheuse indépendante. En ne minimisant pas les difficultés, les quelques productions cinématographiques que j’ai réalisées ont été bien reçues, peut-être surtout en raison de la nature du sujet. En tant qu’universitaire, écrire fait partie de mon travail, ce qui ne veut pas dire que l’on peut toujours trouver une maison d’édition pour la publication. D’autre part, l’African Women in Cinema Blog est un moyen très efficace de publier mes entretiens et l’analyse critique, pour toucher un lectorat diversifié et capter leur intérêt. Et comme je l’ai dit ci-dessus sur le progrès de la technologie, je suis une internaute passionnée et j’ai bien profité de tous les outils et réseaux de l’Internet ce qui m’a donné beaucoup de visibilité et m’a permis de faire beaucoup de contacts. Mais oui, j’ai eu des difficultés, mais avec chaque réussite et tentative inachevée que les cinéastes me racontent, je comprends mieux l’importance de la persévérance et la confiance en soi.

Votre livre « sisters of the screen » qui est publié en 2000 est suivi quelques années plus tard du documentaire « Cinéma d’Afrique au féminin ». Comment s’est fait le processus de l’œuvre écrite à l’œuvre « image » ? Était-ce un simple besoin de changer de format ?

J’ai reçu un Rockefeller Humanities Fellowship, (un fond pour la recherche postdoctorale) pour ce projet. Les entretiens ont été filmés avec l’intention de produire un documentaire et comme base d’une analyse pour un travail écrit. Ainsi, le livre et le film sont les “documents” visuels et écrits du même projet. J’avais espéré avoir une version française du livre, comme ce fut le cas pour le film, mais comme vous le savez, certains projets ne voient pas toujours la lumière du jour. Des raisons de temps et de financement expliquent la différence entre la sortie du livre et celle du film. Avant de produire le documentaire, j’ai été la productrice exécutive et présentatrice d’une série de 27 épisodes diffusée sur des télévisions communautaires à travers les Etats-Unis, ce qui m’a beaucoup préparé pour la réalisation de ce projet.

En 2008, vous créez, un centre pour l’étude et la recherche de la femme africaine dans le cinéma. Pourquoi une telle initiative ?

Ah, les désirs d’une chercheuse ! Voulant continuer à mettre à jour et documenter les expériences des femmes africaines dans le cinéma, mais réalisant la fixité et la linéarité du livre et du film en “copie dure”, j’ai suivi la tendance des nouveaux médias et réseaux sociaux pour poursuivre le projet ce qui m’a permis de mettre l’information régulièrement à jour. Ayant compris l’importance d’une base de données universelle accessible à tous, je voulais l’instaurer comme une ressource sur l’Internet. J’ai lancé le Centre pour l’étude et la recherche des femmes africaines dans le cinéma comme un environnement virtuel dans lequel les producteurs culturels, universitaires, étudiants, et le grand public peuvent faire une recherche d’informations relatives aux femmes africaines dans le cinéma : réalisatrices, comédiennes, productrices, et toutes les professionnelles du cinéma. Comme les médias sociaux et hébergement de vidéos sont devenus des éléments centraux de l’Internet, le Centre s’étend pour inclure l’African Women in Cinema Blog, et une présence sur Twitter, Facebook et YouTube, Vimeo et Dailymotion.

Quel message adresseriez-vous particulièrement à une femme africaine qui œuvre dans le domaine du cinéma ?

Rappelez-vous de la sagesse de vos aïeules, écoutez humblement les expériences des anciennes et tirez leçon de leur histoire.

Interview réalisée par Sitou Ayité

 26 – 30 juillet  2011 : 2ème Festival du Film Court Francophone à Atakpamé

 Le Festival du Film Court Francophone d’Atakpamé (Togo) aura lieu du 26 au  30 juillet  prochain dans la ville aux sept collines.

Au menu de la deuxième édition dudit festival, diverses activités culturelles allant d’un atelier de formation aux projections de films en passant par la caravane du festival, des animations culturelles diverses, les rencontres, etc. De nombreux festivaliers  sont attendus à ce festival en provenance de la France, du Togo et de plusieurs pays de la sous région ouest africaine.

Les participants (cinéastes amateurs, vidéastes, comédiens, etc.) en compétition  auront ainsi à démontrer leurs  talents cinématographiques au public du  Centre Culturel d’Atakpamé.

Selon les organisateurs, les films sélectionnés constituent une diversité d’œuvres cinématographiques qui soulèvent les débats et bousculent les mentalités.

Initié par Carole Laffitte et Jacques Chanis, respectivement des centres sociaux et culturels Peyri et Lévy de Vaulx-en-Velin (France), ce festival qui est à sa deuxième édition au Togo est la réplique en Afrique du Festival du Film Court Francophone de Vaulx-en-Velin qui a fêté ses 10 ans en 2010.

(http://sites.google.com/site/festivalcourtsatakpame)

AGENDA FESTIVALS

 14ème Festival international du Film de Zanzibar (ZIFF)

Zanzibar (Tanzanie)

Du 18 au  26 juin 2011

www.ziff.or.tz

 

17ème Festival international

du cinéma d’auteur de Rabat

Rabat (Maroc)

Du 24 juin au 02 juillet 2011

cinema.festivalrabat.org

LE SITE DU MOIS

http://www.7jourspour1film.com

Caméra

Année 2, N°022 Du 15 mai au 15 juin 2011

Editorial : S’organiser pour un cinéma de qualité !

L’Association des Journalistes Critiques Cinématographiques du Togo (AJCC) et votre bulletin Caméra saluent, à travers ce numéro, la mémoire du cinéaste Charles Mensah, togolais d’origine et gabonais de nationalité.

Des nombreux témoignages qui foisonnent depuis son décès, le 3 juin dernier, l’on peut retenir qu’il est un grand acteur du développement des Cinémas d’Afrique. Aussi l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) salut-elle « ses actions en faveur du développement d’un cinéma du Sud et notamment africain, indépendant, rayonnant et de qualité ».

Daigne la jeune génération de professionnels du cinéma du Togo et d’Afrique s’organiser autour des aînés pour poursuivre l’œuvre commune et améliorer les résultats en vue d’un cinéma de qualité.

Mais où en est le cinéma au Togo ? Le Ministre des Arts et de la Culture vous répond. Bonne lecture !

La Rédaction

Interview de Me Yacoubou K. Hamadou, Ministre des Arts et de la Culture du Togo

L’avant projet de code du cinéma est en phase d’être adopté très prochainement

 Le Ministre des Arts et de la Culture, Me Yacoubou K. Hamadou, vient de boucler une année à la tête du département ministériel dont il a la charge depuis sa nomination le 28 mai 2010. A cette occasion, Me Hamadou, juriste et défenseur des Droits de l’Homme, a bien voulu livrer à nos lecteurs, son bilan annuel en abordant notamment les chantiers entamés pour la promotion des Arts et de la Culture au Togo. Caméra vous propose dans ce numéro, un extrait de cette interview.

 Excellence Monsieur le Ministre, il y a un an que vous avez en charge le Ministère des Arts et de la Culture du Togo. Quel bilan faites-vous de vos activités ?

Comme actions phares nous pouvons citer l’adoption en conseil des Ministres le mercredi 30 mars 2011 du document de la politique culturelle du Togo, de la validation du projet de statut de l’artiste et de l’organisation du mois du patrimoine en novembre dernier, l’extension du réseau des Centres de Lecture d’Animation Culturelle, CLAC, par l’ouverture du CLAC d’Agou le 30 octobre 2010, la validation et la transmission de l’avant projet du code du cinéma au secrétariat général du gouvernement pour examen en conseil des ministres (…), le lancement le 14 avril dernier, des opérations de l’inventaire général du Patrimoine culturel de notre pays.

Peut-on dire que le 7ème art est le parent pauvre ou le secteur le moins dynamique des arts au Togo, en termes de professionnalisme et de production? Où se situent les responsabilités?

Je ne le pense pas. Le secteur cinématographique, tout comme les autres secteurs des arts et de la culture, connaît des difficultés. Les écoles de cinéma qui naissent grâce aux initiatives privées se comptent encore au bout des doigts d’une main et sont très jeunes. Je voudrais au passage rendre hommage aux promoteurs de ces structures qui pour l’instant ne couvrent pas encore tout le territoire national.

Les acteurs et comédiens sont bien là et ne demandent qu’à être sollicités pour prouver ce dont ils sont capables. Mademoiselle Ingrid Agbo a reçu le meilleur prix de l’interprétation féminine au Clap Ivoire 2010 dans  » Ma mère est mon enfant « . Le Togo a connu également d’excellents comédiens.

Tirant les leçons du potentiel de nos cinéastes et pour accompagner les jeunes talents, le département a envoyé à la XXIIème édition du FESPACO, une vingtaine de jeunes élèves en formation dans des écoles de cinéma aux côtés de leurs aînés et des cadres des départements en charge de la Culture et de la Communication pour y aller échanger avec des sommités du cinéma africain et du monde. Nous gardons espoir qu’à la prochaine édition, des films togolais seront sélectionnés pour la compétition et remporteront des prix pour le Togo.

Le Ministère des Arts et de la Culture, en ce qui le concerne, travaille sur les textes devant réorganiser et régir le secteur pour une meilleure pratique de l’activité cinématographique.

Comment relever le défi de l’industrie culturelle dans notre pays?

Le développement de l’industrie culturelle dans notre pays passe à la fois par une bonne organisation et une grande mobilisation de tous les acteurs culturels.

Une bonne organisation suppose l’existence d’une vision partagée, de cadres législatifs et règlementaires, la mobilisation des ressources et la mise en place des infrastructures adéquates. Le Gouvernement vient de donner le ton avec l’adoption de la politique culturelle.

La mobilisation de tous les acteurs exige que chacun adhère aux objectifs prédéfinis et joue sa partition. Quand nous parlons des acteurs, il n’y a pas que l’administration et les artistes ; il y a aussi le public, donc les consommateurs sans oublier, bien entendu, les médias.

 Vos attentes de la part des artistes, des professionnels du cinéma.

Je voudrais d’abord féliciter tous les artistes pour leur engagement à porter haut la culture et les arts togolais. Les artistes ont beaucoup contribué à la politique d’apaisement prônée par le Chef de l’Etat. Nous sommes aussi conscients qu’ils n’ont pas toujours les conditions idéales pour vivre leurs arts et de leurs arts. Je puis cependant les rassurer que le département en charge de la culture met tout en œuvre pour améliorer les choses grâce au soutien du Chef de l’Etat, du Premier Ministre et de l’ensemble du Gouvernement.

Ensuite, je suis persuadé que si les artistes eux-mêmes s’organisaient mieux selon leur secteur d’activité, ils pourraient apporter beaucoup à ces efforts d’amélioration de leurs conditions de vie et de travail. La piraterie des œuvres de l’esprit qui constitue un fléau que nous combattons énergiquement, parce qu’elle appauvrit les auteurs de ces œuvres piratées, ne peut être minimisée dans notre pays que si tous les acteurs jouent franc jeu.

Enfin, chaque artiste doit perpétuellement s’inscrire dans la logique de la qualité dans cet univers mondialisé où la concurrence est impitoyable.

Votre mot de fin.

La politique culturelle nationale étant adoptée, il nous appartient maintenant, vous les médias, les acteurs culturels et le gouvernement de mettre en application cette politique culturelle dans un élan de solidarité, voire de complicité.

 Interview réalisée par Charles Ayetan

Portrait : Aimé Obanikoua, un jeune réalisateur togolais, discret mais talentueux

 Discret, mais talentueux, le jeune réalisateur togolais Aimé Obanikoua poursuit son chemin dans l’audiovisuel et le cinéma. Avec en poche un projet de réalisation d’un court métrage intitulé Une Journée de merde (un scénario du comptariote Léonard Yakanou), il est à la recherche d’un financement pour la production de ce film. Mais qui est Aimé Obanikoua ?

Après une formation au Centre Africain de Production Audiovisuelle (CAPA, Cameroun), en 1998, en technique du son et en réalisation, Aimé Obanikoua s’est engagé dans la réalisation de films.

D’abord, il a été technicien du son dans la réalisation de plusieurs films tels que, Rasita, un long métrage produit par Jonosco Production (Ghana, 1998), Le Dérangeur réalisé par Georges Nguele, directeur Afrique de l’Ouest du CAPA.

Obanikoua réalisera son 1er film documentaire en 2000 sous le titre Ova ou le fonio (13 mn, 3ème pris au Festival International du Film Vidéo de Lomé, FIFIVIL 2001). Suivra en 2002, son 2ème documentaire Extrême affliction sur l’exode rural produit par le Centre Audiovisuel St Augustin (Lomé), film qui a été sélectionné au Festival international du film de Valladolid en Espagne, en 2003.

Le 1er long métrage d’Aimé Obanikoua intitulé Désir du cœur (2005) a remporté le 2ème prix long métrage au festival panafricain de film de Los Angeles (Pan African Film Festival of Los Angeles) en 2008.

En 2006, il a réalisé un court métrage, Les Trompettes de Amen, film qui a remporté le 1er prix au Festival Clap Ivoire 2007.

Au titre d’assistant réalisateur, le jeune Obanikoua, apportera également son concours au film Fruit de la passion du réalisateur Steven Af (Sélection TV & Vidéo – Séries et Sitcoms au FESPACO 2007).

En 2007-2008, Obanikoua a enseigné les techniques de réalisation à l’Ecole Supérieur des Etudes Cinémato-graphiques (ESEC, Togo). Il  collabore avec plusieurs professionnels du cinéma et de l’audiovisuel du Togo et d’ailleurs, et travaille actuellement avec MAC-MIT (Michel Aveline Conseil – Made in Togo).

Charles Ayetan

Le monde du cinéma en deuil

Charles Mensah fut un grand militant du cinéma indépendant

 Le cinéaste Charles Mensah a tiré sa révérence le 3 juin 2011 à l’âge de 63 ans. D’origine togolaise et de nationalité gabonaise, Charles Mensah a été jusqu’en 2009 directeur général du Centre National du Cinéma Gabonais (CENACI) aujourd’hui Institut Gabonais de l’Image et du Son IGIS et Président de la FEPACI (Fédération panafricaine des cinéastes).  Il est le co-réalisateur de Obali (1976), d’Ayouma (1977) et d’Ilombe (1978). Il a réalisé des films documentaires, produit et signé avec un collectif de réalisateurs gabonais une grande série télévisée à succès, L’Auberge du Salut (1994). Il a participé en tant que producteur délégué à de nombreux films tels : Le Damier, Dolè et L’ombre de liberty d’Imunga Ivanga, Les Couilles de l’éléphant d’Henri Joseph Koumba Bididi, Tartina City d’Issa Coelo, L’Héritage perdu, Batépa, et plus récemment Le Collier du Makoko d’Henri Jospeh Koumba Bididi présenté à Cannes lors de la dernière édition. Son implication dans le développement des cinématographies africaines était connue et appréciée.

Caméra,

Année 2, N°021 du 15 avril au 15 mai 2011

Editorial : La Culture au Togo : Vers la résurrection ?

 Deux bonnes nouvelles pour le monde culturel au Togo : le lancement de l’Inventaire général du patrimoine culturel immatériel du Togo par le Ministre des Arts et de la Culture, le 14 avril dernier, peu après l’adoption le 30 mars par le gouvernement du décret portant approbation du document de politique culturelle au Togo.

Par ailleurs, il est heureux de voir le cinéma en salle renaître de ses cendres : en l’occurrence le Cinéma Palace, salle de cinéma réaménagée à Lomé.

Avec vous, Caméra rend hommage par un dossier à notre compatriote Claver Gadji, réalisateur, décédé quelques jours seulement après son retour du FESPACO.

 

La Rédaction

 Caméra : un bulletin sur le cinéma togolais

 Critique de cinéma et journaliste togolais, Charles Ayetan est rédacteur au journal Présence Chrétienne, le mensuel national catholique d’information et de formation, depuis 2002. À ce titre, il collabore avec plusieurs magazines et webzines tels que Signis Medias et Africiné, le site de la fédération africaine de la critique cinématographique. Diplômé en droit, passionné de cinéma et de poésie, Charles a participé à plusieurs ateliers de formation en critique cinématographique. Il a aussi eu l’honneur de faire partie de plusieurs jurys de cinéma. Membre du Jury Grand Prix au Festival International du Film des Droits de l’Homme (Lomé-Togo, 2007), président du Jury Presse au Festival International du Film Court Francophone d’Atakpamé (Togo, 2010), membre du Jury Signis au Festival panafricain du film et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO 2009 et 2011), au Festival Lumières d’Afrique (Besançon-France, 2009) et au Festival international du film d’Amiens (France, 2009).

Depuis deux ans, Ayetan est le directeur de publication de Caméra, un bulletin cinématographique édité par l’Association des Journalistes critiques cinématographiques du Togo (AJCC-TOGO).

La Rédaction de Caméra vous propose cette interview réalisée par le site web Clapnoir, interview qui répond aux interrogations de plusieurs personnes au début de l’initiative, et peut-être encore aujourd’hui.

 Clap Noir : Pourquoi un journal sur les cinémas au Togo ?

Charles Ayetan : Caméra est un bulletin d’information cinématographique édité par l’Association des Journalistes Critiques Cinématographiques du Togo (AJCC-TOGO). Il avait été conçu sous forme de magazine du 7ème art, mais faute de moyens financiers et de partenaire qui accepte de soutenir le projet, nous avons décidé de faire avec nos moyens : publier chaque mois un feuillet d’information et de critique sur le cinéma au Togo et ailleurs. L’objectif principal est de soutenir le cinéma au Togo et contribuer à la naissance d’une véritable industrie cinématographique en Afrique.

Pourquoi pas un site web ?

La création d’un site web fait partie des projets de l’AJCC-TOGO. Mais, le problème est le même que pour le projet de création de magazine : les moyens financiers. Beaucoup de personnes physiques comme morales apprécient nos publications (Caméra, notamment), mais nous continuons de fonctionner sur les modestes fonds propres de l’association et très souvent sur les fonds personnels de quelques membres. Vous comprenez donc pourquoi, nous n’avons pas encore de site web.

Le Fespaco a traité du marché. Et la distribution cinématographique togolaise ?

La distribution cinématographique au Togo est quasi inexistante, du moins ce secteur n’est pas vraiment organisé. Le marché est donc à la merci des vendeurs ambulants de cassettes vidéo, VCD et DVD le plus souvent piratés.

Ce problème est d’ailleurs lié à beaucoup d’autres : la faible productivité cinématographique, les problèmes de la diffusion, de la coproduction, du financement du cinéma, etc.

 Propos recueillis par Candide Étienne

Source : http://www.clapnoir.org

Un réalisateur Togolais a tiré sa révérence : Claver Gadji était au FESPACO 2011

Il était présent au dernier Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO) qui a eu lieu du 25 février au 05 mars, engagé et décidé plus que jamais à poursuivre sa carrière dans le cinéma.

En effet, Claver Gadji s’était procuré un stand au Marché international du cinéma et de la télévision (MICA) qui a eu lieu au SIAO à Ouagadougou pendant le FESPACO. Là, il faisait la promotion de deux de ses films : La dynastie Lawson et Le Prix du voyage.

Le réalisateur de ces deux films, Claver Gadji, a été plusieurs fois lauréat : Grand prix « Epervier d’Or » au 4ème Festival International du Film Vidéo de Lomé (FIFIVIL 2007) avec Le prix du voyage et 1er Prix documentaire au Concours international de courts métrages d’Abidjan, Clap Ivoire 2006,  avec Les portefaix du grand marché de Lomé. Ce documentaire produit par Ciné Riche en Couleurs a obtenu trois autres prix au même festival : le Prix du meilleur son, le Prix de la meilleure image et le Prix de l’originalité.

Claver Assiongbon Gadji est décédé le samedi 26 mars 2011 au Centre Hospitalier Régional (CHR) d’Adjido à Aného dans sa 38ème année. Né en 1973, Claver Gadji a travaillé comme réalisateur à la Radio Télévision Delta Santé (RTDS) et avec diverses institutions de production audiovisuelle telle que la maison de production Ciné Riche en Couleur.

Il a été inhumé le samedi 02 avril 2011 au cimetière de Dégbénou à Aného sa ville natale en présence d’une délégation de professionnels du secteur du cinéma conduite par M. Kodjo Adoukpo, directeur national de la cinématographie.

L’hypothétique merveilleux de l’inconnu : Le prix du voyage, de Claver Gadji (Togo)

 Lauréat du Grand Prix « Epervier d’Or » au Festival International du Film Vidéo de Lomé (FIFIVIL 2007), 4ème  édition, Le Prix du voyage est un film du jeune réalisateur togolais Claver Gadji. Réalisé en 2007, ce court métrage de 14 minutes 26 secondes est une fiction qui traite de l’immigration.

Si ce thème est d’une actualité criante, il est le plus souvent abordé sous l’aspect de l’immigration clandestine avec tout le cortège de dangers qui en découle : conditions horribles de voyage, morts ou arrestations des candidats… Claver Gadji, pour sa part a choisi de traiter ce sujet sous un angle particulier : l’immigration vue par le sud à partir du sud. Un regard qui prend racine dans la pensée même des potentiels candidats à ce voyage « salutaire » à effectuer à tout prix.

Le traitement fréquent des images en gros plan et très gros plan affichant les visages des personnages principaux du Prix du voyage, montre bien l’intention du réalisateur de mettre l’accent sur les mobiles fondamentaux de cette catégorie d’immigrants. « Je préfère encore être un pauvre européen plutôt qu’un riche togolais », déclare avec assurance Koffi, le personnage principal, à son ami Charles qui essaye de le dissuader de son projet de voyage en Europe. « Maman, je dois partir en France ! » Partir : voilà l’unique but, l’unique issue de sortie de crise pour ce personnage, mais aussi pour nombre de jeunes compatriotes togolais ou simplement africains.

Les mobiles d’une telle détermination à embrasser l’inconnu, Le Prix du voyage le démontre fort bien à travers un scénario qui étale une solide argumentation : la crise sociopolitique, l’impôt qui monte sans retour, les dettes des clients des commerçants tels que Koffi, les « coupures sauvages d’électricité »…

Le drame de ce film au départ psychologique est devenu physique qui emporte dans l’au-delà « maman tontine », dont la collecte a permis à Koffi de réaliser son rêve.

Ce rôle de « mère de Koffi » dans Le prix du voyage a valu à la comédienne togolaise Agogo Enyonam, le Prix spécial de la « Meilleure interprétation féminine » (FIFIVIL 2007).

Plusieurs fois lauréat

Claver Assiongbo Gadji, n’est pas à son premier couronnement cinématographique. Avant le Grand Prix « Epervier d’Or » (FIFIVIL 2007), il avait déjà remporté le 1er Prix documentaire au Concours international de courts métrages d’Abidjan à Clap Ivoire 2006, grâce au documentaire Les portefaix du grand marché de Lomé produit par Ciné Riche en Couleurs. Ce documentaire a obtenu trois autres prix à Clap Ivoire 2006 : le Prix du meilleur son, le Prix de la meilleure image et le Prix de l’originalité.

Son rêve : tourner en 35 mm

Si Le Prix du voyage est produit en support vidéo, Claver Gadji nous a fait part en 2007 de son rêve de tourner un jour en 35 mm, sans occulter les difficultés qui y sont relatives. N’est-ce pas ce rêve qui se poursuivait vers la réalité lorsque l’on sait qu’il a beaucoup investi dans la participation à son dernier FESPACO !

Ce rêve de devenir un grand réalisateur devrait se poursuivre dans le cœur des jeunes Togolais et Africains qui ont choisi de travailler dans l’audiovisuel et le cinéma.

 Charles Ayetan

Un film en mina au 27e festival Vues d’Afrique

Le 27e festival international de cinéma Vues d’Afrique aura lieu du 29 avril au 8 mai 2011 à Montréal (Canada). La  soirée d’ouverture aura lieu  29 avril à 18h au Gesù (1200 rue de Bleury Métro place des arts).

Au cours de ce festival qui durera 10 jours, près de 100 œuvres  cinématographiques récentes seront projetées au public en présence des réalisateurs.

Le film De Lomé, Ton Père  (Canada, 2010, 14min, Mina, Français) réalisé par Guillaume Roussel-Garneau et produit par Eklo production du Togolais Kodjo Gonçalves est en sélection officielle.

avril 8, 2011

Caméra
Année 2, N°020, du 15 mars au 15 avril 2011

Editorial :
Ça tourne !

Depuis le 05 mars, c’est le Marocain Mohamed Mouftakir qui est devenu le meilleur cavalier du cinéma pour avoir remporté l’Etalon de Yenenga 2011 pour son film Pégase. La course à l’Etalon de la biennale du cinéma de Ouagadougou a ainsi pris fin. Mais déjà ça tourne ! Ne vous leurrez pas, ce n’est par un nouveau film qui commence. C’est plutôt l’aiguille de l’horloge du 23ème FESPACO qui décompte les secondes du temps.
Pendant ce temps, la roue du cinéma tourne, des films aux innombrables festivals avec escale dans les marchés et virée à travers les circuits de distribution et de diffusion du film.
Mais surtout, il faut que la roue de l’industrialisation du secteur cinématographique en Afrique tourne aussi, et davantage.
Dans tous les cas, la roue du Cinéma Itinérant du Togo va tourner davantage à partir de 2011 avec le Cinéma Numérique Ambulant.
La Rédaction

Le Togo au FESPACO : du 7ème art à l’artisanat via la musique
Comme annoncé dans le dernier numéro, le Togo a participé au FESPACO 2011. En effet, la Direction Nationale de la Cinématographie (DNC) a voyagé avec 35 festivaliers. Mais ils sont encore plus nombreux les compatriotes qui ont fait le déplacement de la capitale africaine du cinéma.
Mais si environ 50 festivaliers togolais sont du secteur cinématographique, plusieurs dizaines d’artisans ont directement atterri à la Place de la Nation de Ouagadougou où s’est tenue la galerie marchande du FESPACO.
Un seul film togolais était dans la sélection officielle (catégorie Séances spéciales). Il s’agit de Bideman : The hope of a village réalisé par Gentille Assih. Au marché du cinéma, deux films réalisés par Claver Gadji : La dynastie Lawson et Le Prix du voyage.
La délégation togolaise a eu la joie d’accueillir le Ministre des Arts et de la Culture, Me Yacoubou Hamadou qui a tenu à vivre cet événement.
Par ailleurs, le public de Ouaga a fortement salué le groupe musical togolais Toofan pour ses prestations à l’ouverture.
Mais, s’il est louable pour la DNC d’encourager une forte participation à ce festival et de permettre ainsi à un grand nombre de visionner des films, de participer aux rencontres professionnelles et conférences, il est encore plus opportun de repenser la participation togolaise à ce rendez-vous du cinéma pour plus de visibilité : soutenir la production de films, envisager l’animation d’un stand au MICA, organiser une conférence de presse sur les activités de la direction, ses projets, etc.
Charles Ayetan

FESPACO : L’Etalon d’or de Yennenga 2011 décerné à Pégase, de Mohamed Mouftakir
L’Etalon d’or de Yennenga 2011 a été remporté par le Marocain Mohamed Mouftakir pour son film Pégase. Doté d’une enveloppe de 10 millions de F CFA plus un trophée Etalon en or, ce prix qui représente la plus haute distinction du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO) lui a été remis par le président burkinabé Blaise Compaoré au cours de la cérémonie de clôture au stade du 4 août devant plus de 20.000 spectateurs.
Long métrage de fiction, Pégase est l’histoire de viol incestueux d’une jeune fille par son père qui lui fait croire avoir été violée par un démon, sous le couvert d’un certain « seigneur du Cheval », un esprit vénéré par le père. C’est un drame psychologique qui plonge le spectateur dans les méandres d’un asile psychiatrique où le tumultueux passé de la victime, Rihana, se précise avec l’aide de Zineb, la psychiatre. Ce film a le mérite de dérouler pendant 104 minutes la trame de cette histoire tragique racontée grâce à la technique omniprésente du flash back des séquences du crime avec une esthétique cinématographique portée par la beauté de l’image et la poésie. Outre cette distinction, Pégase a reçu également le Prix du Meilleur Son (1.000.000 CFA + Trophée) du 22ème FESPACO.
Au total, 18 films étaient engagés dans la course à l’Etalon de Yennenga dans la compétition long métrage. Ainsi le film Un homme qui crie, du tchadien Mahamat Haroun Saleh a-t-il remporté l’Etalon d’Argent de Yennenga doté d’un montant de 5 millions de F CFA et d’un trophée.
L’Etalon de Bronze de Yennenga a été décerné Le mec idéal, de l’ivoirien Owell Brown, une comédie sentimentale ficelée autour du choix du conjoint de mariage qui a suscité beaucoup de rire et de sourire du public cinéphile.
Il faut signaler que la comédienne Samia Meziane est lauréate du Prix de la Meilleure Interprétation Féminine pour son rôle dans le film Voyage à Alger d’Abdelkrim Bahloul (Algérie), film qui a obtenu aussi le Prix du Meilleur scénario et le Prix spécial Signis (Association catholique mondiale pour la communication). Côté masculin, le Prix de la Meilleure Interprétation est revenu à Sylvestre Amoussou, réalisateur et acteur principal du film Un pas en avant, les dessous de la corruption (Bénin).
Côté court métrage, c’est le film Garagouz de l’Algérien Abdenour Zahzah qui a décroché le Poulain d’Or de Yennenga, devant les films Tabou du tunisien Meriem Riveill, lauréat du Poulain d’Argent, et Tynie so du malien Daouda Coulibaly, lauréat du Poulain de Bronze.
Placé sous le thème de « cinéma africain et marchés », le FESPACO 2011, c’était 195 films en sélection officielle dont 111 films en compétition et 84 films hors compétition projetés dans 12 salles de la capitale. Le clap d’ouverture du festival a été donné au soir du 25 février au stade du 4 Août de Ouagadougou par le Premier Ministre burkinabé, Tertius Zongo, en présence du Délégué général du FESPACO, Michel Ouedraogo.
Les cérémonies d’ouverture et de clôture du festival étaient riches en couleurs et en sons, avec notamment une belle chorégraphie intitulée « Jeunesse en songe » orchestrée par Salia Sanou avec plus de 500 jeunes danseurs et percussionnistes.
Charles Ayetan

Cinéma Numérique Ambulant : Le Cinéma Itinérant du Togo intégré
Le Cinéma Itinérant du Togo (CIT) est désormais intégré dans le réseau du Cinéma Numérique Ambulant (CNA), un projet soutenu par la Commission Européenne, en collaboration avec Africalia Belgium.
Ainsi après le Bénin, le Niger, le Mali, le Burkina, c’est le tour du Cameroun, du Sénégal et du Togo d’être associés au CNA qui célèbre cette année son 10ème anniversaire.
Les mesures nécessaires à la mise en œuvre effective de cette décision sont entrain d’être prises à en croire M. Jacques Do Kokou, responsable du Cinéma Itinérant du Togo, également initiateur de la Caravane du Cinéma du Togo et des Rencontres du Cinéma et de la Télévision de Lomé (RECITEL).

Critique cinématographique : L’Afrique s’affirme davantage
Le FESPACO 2011 a connu la tenue d’un atelier de formation en critique cinématographique et de production du bulletin quotidien AfriCiné. Organisé par la Fédération Africaine de la Critique Cinématographique (FACC) et ses partenaires, cet atelier a apporté son regard sur le festival.
Au total, 5 bulletins ont été produits et plusieurs autres articles sont directement publiés sur le site de la FACC http://www.africine.org dont voici quelques statistiques :
• 5000 visites par jour,
• 1300 articles en lignes,
• Les bulletins AfriCiné (publiés pendant le FESPACO),
• Les bulletins des associations nationales (Bénin, Togo, Tunisie),
• Les archives complètes d’Ecran d’Afrique (1992-1997) et d’Asaru Cinéma (Algérie),
• Bandes annonces et courts métrages,
• Base de données des cinémas d’Afrique et des Caraïbes.

Vient de paraître
Poétique des cinémas d’Afrique noire francophone

Un nouvel ouvrage sur le cinéma vient de paraître pendant le 22ème Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou, Burkina Faso. Ecrit par l’universitaire Justin Ouoro, cet ouvrage intitulé Poétique des cinémas d’Afrique noire francophone, s’adresse notamment à tous ceux qui s’intéressent aux productions cinématographiques africaines et qui désirent y trouver un sens.
Poétique des cinémas d’Afrique noire francophone propose une lecture des films africains, suivant une méthode d’analyse sémiotique informée des réalités liées au contexte d’élaboration de ces œuvres filmiques. Il met en exergue les mécanismes esthétiques de création cinématographique africaine, à travers l’analyse minutieuse de plus d’une vingtaine de films.
Titulaire d’un doctorat en Sémiotique, l’auteur, Justin Ouoro, est enseignant chercheur à l’Université de Ouagadougou, à l’Unité de Formation et de Recherche en Lettres, Arts et Communication (UFR/LAC).

AGENDA FESTIVALS
EUROPE

Leuven (Belgique)
16ème Afrika Filmfestival,
25 mars – 9 avril 2011
http://www.afrikafilmfestival.be

Cannes (France)
8ème Festival du film panafricain, Avril 2011
http://www.festivaldufilmpanafricain.org

Le coin du 7ème art
Une émission animée par David Sodhar
Sur Radio Lomé (Fm 99.4)
Samedi de 8h15 à 8h30

Lisez et faites lire Caméra, le bulletin cinématographique qui « scrute tout » pour vous !

Caméra
Année 2, N°019, Du 15 février au 15 mars 2011

Editorial :
Du FESPACO au vidéoclub du quartier !

Le Festival panafricain de cinéma et de télévision de Ouagadougou (FESPACO) s’ouvre du 26 février au 5 mars 2011.
Le Togo y sera représenté une délégation officielle composée en majorité d’étudiants togolais en cinéma et audiovisuel.
Au total, le 22ème FESPACO a retenu 194 films en sélection officielle, dont 110 en compétition et 84 hors compétition.
Absent de la compétition, le Togo sera néanmoins représenté par le film Bideman : The hope of a village de notre compatriote Gentille Assih dans la catégorie « Séances spéciales » en sélection officielle « hors compétition ». Il faut saluer aussi la présence de Claver Gadji au MICA (marché du cinéma) avec deux films : La dynastie Lawson et Le Prix du voyage.
Pendant ce temps, les cinéphiles de Lomé savourent leurs films dans les vidéoclubs.
Charles Ayetan

M. Kodjo Adoukpo : « Les étudiants togolais en cinéma sont fortement mobilisés pour le FESPACO 2011 »

Directeur national de la cinématographie du Togo, M. Kodjo Adoukpo est le chef de la délégation togolaise pour le prochain Festival Panafricain du Cinéma et de la Télévision de Ouagadougou (FESPACO) au Burkina Faso. Au cœur des préparatifs de ce voyage de mission avec les acteurs du monde du cinéma et de la télévision, il a bien voulu nous accorder cet entretien dont voici la teneur.
La Direction Nationale de la Cinématographie prépare activement la participation togolaise au FESPACO 2011. En quoi va consister la présence togolaise à ce rendez-vous du 7ème art ?
D’abord, il faut signaler qu’un comité interministériel est à l’œuvre pour organiser la participation du Togo à l’édition 2011 du FESPACO. Une délégation d’une trentaine de personnes y prendra donc part, composée de professionnels et d’étudiants en cinéma et audiovisuel.
Côté professionnel, 05 films togolais dont une fiction et quatre documentaires, ont été envoyés en sélection. Parmi ces films, deux sont sélectionnés pour le MICA (Marché international du cinéma et de la télévision africain) et un autre dans la catégorie de la diaspora.
Côté étudiants, cette année nous avons encouragé les écoles de cinéma à mobiliser leurs étudiants en vue d’une forte participation au FESPACO. A notre satisfaction, la délégation togolaise cette année est composée majoritairement d’étudiants en cinéma et audiovisuel.
Pourquoi une telle option ?
Notre intention est de les inciter à aller découvrir le FESPACO, pour ceux qui ne le connaissent pas encore. En principe, les écoles de cinéma envoient des films pour sélection dans la catégorie « films d’école ». Même si nos jeunes écoles n’ont pas pu envoyer de films en compétition cette année, nous les encourageons pour que leurs étudiants aillent vivre ce festival prestigieux, entre autres pour voir le maximum de films, notamment les films d’école afin d’acquérir de l’expérience. Notre souhait est qu’à la prochaine édition du FESPACO ou à d’autres festivals, notre pays puisse envoyer aussi des films d’école.
Récemment, une délégation ministérielle a visité les écoles de cinéma de notre pays. Quel était l’objectif d’une telle visite ?
La délégation dont j’étais le chef était composée de 05 personnes dont les deux chefs de divisions, le caméraman et l’agent de maintenance de la direction. A défaut d’un soutien financier, nous avons voulu par cette visite apporter notre soutien moral et technique à ces écoles, notamment l’Ecole Supérieure des Etudes Cinématographiques (ESEC) et l’Ecole de Cinéma, de Réalisation Audiovisuelle et de Nouvelles technologies (ECRAN). Les responsables de ces écoles étaient très contents et ont beaucoup apprécié cette visite. Un des responsables nous avait même confié que c’est la première fois depuis la création de son école qu’ils ont reçu une visite ministérielle.
Quelle appréciation faite vous de l’existence de ces écoles de formation en cinéma ?
Nous apprécions beaucoup la recherche de professionnalisme aussi bien à l’ESEC qu’à l’ECRAN ; en particulier, où nous avons constaté que la majorité de professeurs de l’ESEC (Ndlr, la plus ancienne des deux écoles) sont bien qualifiés en image et en audiovisuel dont la plupart ont servi dans les services du cinéma, de la télévision ou de la radio. De Nous pouvons dire que le secteur du cinéma est sur de bonnes railles, ou mieux prêt à décoller. Ces étudiants constituent la relève de demain, l’espoir du cinéma de demain. C’est pour cela que nous tenons à entretenir une relation de collaboration directe avec les écoles.
Un message à l’endroit des étudiants en cinéma et audiovisuel.
J’invite chaque étudiant à persévérer dans son domaine, dans sa discipline, car rien n’est facile dans la vie et pour réussir dans une voie, il faut toujours persévérer. S’ils ont opté pour l’audiovisuel et le cinéma, ils doivent se battre pour réussir, parce que de jour en jour, les technologies évoluent.
Après le FESPACO, quel est le prochain la Direction Nationale de la Cinématographie en matière de festival de cinéma ?
Après le FESPACO, festival bisannuel, ce sera le tour du festival Clap Ivoire qui se tient chaque année à Abidjan (Côte d’Ivoire) au mois de septembre. Mais au regard de la crise politique et socioéconomique qui prévaut dans le pays depuis novembre dernier, nous nous interrogeons encore sur la tenue de l’édition 2010. Cependant, nous espérons et prions pour que la Côte d’Ivoire connaisse la paix au plus vite, afin que la vie reprenne son cours normal dans le pays et que le festival Clap Ivoire puisse se tenir cette année.
Propos recueillis par Charles Ayetan

Vidéoclubs : nouveaux relais de projection de films au Togo
Il est 7h25. Les cinéphiles arrivent de tous les coins d’Agoè, un quartier situé dans la périphérie nord de Lomé, la capitale togolaise, pour suivre les films dans une petite salle de fortune en claie.
Assis devant la porte, Mounirou, le gérant de « Bobolo vidéoclub » récolte en moyenne 5000 F cfa par jour. Juste à l’entrée, un petit tableau d’affichage des films programmés pour la journée. Sur une planchette décolorée, il est inscrit : « entrée 25 F par film », l’équivalent de 0,038 euro. Plus loin au sud du vidéoclub arrive un vieux tout souriant, « Bonjour Djo », lance-t-il avec sympathie avant d’aller s’installer ! « Qu’est ce que tu nous sers aujourd’hui comme menu ? », questionne Kokouvi, un jeune du quartier. Un petit sourire suivi de petites blagues de routine sur le film de la veille en « Ahlon (éwé) », un patois du sud Togo. Derrière lui, dans la salle de projection à moitié plein, attendent déjà plusieurs jeunes. Au programme, la série Ma famille de la Côte d’Ivoire.
Avec une capacité de 300 places, Bobolo vidéoclub s’ouvre tous les jours de 07 à 23h. Une tranche où s’enchaînent 09 films. Les films les plus aimés sont ceux de Hollywood, notamment les films d’action tels Apocalypse, Le conducteur, Hôtel Rwanda… Films que le responsable de ce centre se procure au grand marché de Lomé.
Une solution au besoin des cinéphiles
Pour répondre au besoin des amoureux du film, s’érigent depuis un certain temps de ces salles de fortune dans presque toutes les villes du Togo. « Au moins on a un endroit pour se défouler après une longue journée de travail », déclare Dotsè, un septuagénaire cultivateur du milieu visiblement comblé de vivre autrement le film au sein du public. Le bruit du public, les réactions des uns et des autres, l’air, bref, une ambiance particulière se crée tous les jours. « J’ai tout le dispositif à la maison mais je préfère suivre les films ici : l’ambiance du film et celui qu’apporte le public », explique-t-il. Ces lieux de distraction lui rappellent le « bon vieux temps », les années 1980, les salles de cinéma tels que Le Togo, Rex, etc.
Todi, un étudiant client fidèle de Bobolo vidéoclub, se réjouit d’avoir à quelques minutes de sa maison un lieu où il se retrouve pour échanger avec les jeunes de son âge. Pour ce dernier, Voyage vers l’enfer reste un film inoubliable dans sa vie, surtout qu’il était en ce moment dans les préparatifs en vue de se rendre en Europe par tous les moyens.
Sur plus de 5.000 vidéoclubs enregistrés par le Syndicat National des Vidéo Clubs du Togo, Agoè seul en compte 05 dont deux spécialisés dans la transmission de matchs du championnat anglais et européen où évoluent les vedettes africaines telles que : Shéyi Adébayor, Samuel Eto’o…
Akondoh Bang’na

Agenda ciné
FESTIVALS

AFRIQUE

Ouagadougou
(Burkina Faso)
22ème FESPACO
Du 26 fév.-05 mars 2011
http://www.fespaco.bf

EUROPE

Cannes (France)
8ème Festival du film panafricain, Avril 2011
http://www.festivaldufilmpanafricain.org

Leuven (Belgique)
16ème Afrika Filmfestival,
25 mars – 9 avril 2011
http://www.afrikafilmfestival.be

Milan (Italie)
21ème Festival du cinéma africain, Mars 2011
http://www.festivalcinemaafricano.org

Lisez et faites lire Caméra, le bulletin cinématographique qui « scrute tout » pour vous !

Caméra
Année 2, N°018, du 15 janvier au 15 février 2011

Editorial :
Pleurons Le Togo en attendant le FESPACO !

Après le Festival Quintessence de Ouidah au Bénin, les regards sont tournés vers le Festival panafricain de cinéma et de télévision de Ouagadougou (FESPACO) attendu du 26 février au 5 mars 2011.
Le Togo sera-t-il représenté dans la sélection officielle du prochain FESPACO ? Le Directeur national de la cinématographie, M. Kodjo Adoukpo, nous apprend que plusieurs réalisateurs togolais ont envoyé leurs films à titre de candidature à ce grand rendez-vous. Vous en saurez plus à la prochaine parution.
En attendant, pleurons Le Togo. Sachez en effet que bientôt, une des plus populaires salles de cinéma de notre pays sera démolie pour raison d’aménagement de la vile de Lomé : la salle Le Togo. Bonne lecture !
La Rédaction

Kodjo Gonçalves : « Les cinémas d’Afrique pèchent surtout par le son »
Chers lecteurs et lectrices, voici la deuxième et dernière partie de l’interview avec M. Kodjo Goncalves, réalisateur et producteur de films togolais, interview dont la première partie a paru dans le n°016 du bulletin Caméra.
Vous avez réalisé beaucoup de film hors du Togo.
J’ai en effet passé presque toute ma carrière professionnelle hors de mon pays, à l’exception de mes expériences professionnelles à Radio Lomé et à la Télévision Togolaise.
J’ai ainsi tourné beaucoup de films au Canada, en France, au Niger… Entre autres films, je peux citer De la musique sur toutes les lèvres (1975, 16 mm, 15mn), Le fils du propriétaire (1975, 16 mm, 26mn) et Le dépeçage du mouton à Niamey (1983, vidéo, ¾ pouce, 19mn), un film ethnographique. J’ai fait donc des films ethnographiques, des films de fictions et des documentaires de création. C’est maintenant que je reviens en force avec la fiction.
Quels sont vos projets, maintenant que vous revenez au cinéma ?
J’ai plusieurs projets de films à savoir : un long métrage titré Les oranges du cimetière et des projets de films documentaires sur le Togo comme un film sur le togolais Assogba Yao qui enseigne à Halles près d’Ottawa (Canada) et qui a déjà publié plusieurs livres dont l’un des derniers est titré L’Afrique doit sortir du gouffre de l’histoire, livre qui a suscité beaucoup d’intérêt au Canada et aux Etats-Unis d’Amérique. Il s’agit d’un documentaire de 52 minutes sur son parcours prévu pour bientôt sous le titre Voici un fils.
Les problèmes des cinémas d’Afrique sont nombreux…
En effet, il y a par exemple le problème de l’inexistence d’une réelle politique culturelle, cinématographique notamment, mais aussi le problème de formation. Un des plus grands problèmes est celui du son. Les cinémas d’Afrique pèchent surtout par le son. Il faut donc former des ingénieurs de son et des professionnels dans les autres métiers du septième art.
Là, je salue les initiatives comme les Rencontres du Cinéma et de la Télévision de Lomé qui œuvrent pour la promotion du cinéma à travers la formation.
Le cinéma et les langues en Afrique…
Nous avons reçu des critiques par rapport à la langue de tournage du film De Lomé, ton père. Certains nous ont déconseillé de le tourner en mina (langue parlée au Togo).
C’est une mauvaise politique à mon avis, car nous devons revaloriser nos langues. Par exemple, toutes les productions filmiques en Hollande sont faites en néerlandais pour environ que 15 millions d’habitants. Et toutes les télévisions hollandaises sont sous-titrées.
Je constate une paresse de l’africain à lire, ce qui ne favorise pas le sous-titrage, parce que les textes défilent très vite. Par exemple, on peut tourner dans les langues africaines et utiliser la technique de doublure.
Interview réalisée par Charles Ayetan

Deuil imminent : La salle de cinéma « Le Togo » bientôt démolie !
Cette salle de cinéma de Lomé qui abrite en dernier ressort le Secrétariat Général de la Confédération africaine de Boxe, va bientôt disparaître.
En effet, dans le cadre du Projet d’aménagement de la zone lagunaire de Lomé (PAZOL), la salle Le Togo va être démolie pendant que le marché du lieu du même nom sera déplacé. Oui le marché du pain quotidien sera déplacé, survivra donc, tandis que le « marché » du film n’appartiendra plus qu’à l’histoire.
Retenez que la salle Le Togo a été créée en 1964 et reste gravée dans la mémoire des cinéphiles togolais, nostalgiques des délices du 7ème art…

Martin Poulibé : « Le métier de comédien est truffé d’aventuriers qui le dévalorisent et le rendent difficile »
Comédien singulier de nationalité camerounaise, Martin Poulibé a incarné le rôle du chef des ouvriers dans le film « white material » de Claire Denis, film projeté au cours de la cérémonie officielle de clôture de la 14ème édition du festival Ecrans Noirs qui s’est déroulée du 29 mai au 5 juin 2010 à Yaoundé sous le thème « cinéma et littérature ». L’homme, également auteur de bandes dessinées, est d’une simplicité déconcertante et d’un humour né probablement de sa seconde passion pour le 7ème art. Rencontré à cette occasion, le comédien Poulibé a accepté bien volontiers de partager avec nous sa passion pour le cinéma, mais non sans humour. Découvrez-le plutôt.
Qui est Martin Poulibé?
Il est Camerounais : 1m80, 80 kg. Diplômé en histoire et archéologie à l’Université de Yaoundé. Il a participé à des fouilles dans le grand nord du Cameroun dans l’équipe du professeur Nicolas David de Calgary University. Il est également comédien et auteur de plusieurs bandes dessinées dont une est vendue par Amazon.com.uk. Enfin, il occupe le poste de directeur commercial chez un concessionnaire automobile…ouf ! J’en ai fini.
Comment êtes-vous arrivé au cinéma ?
Je suis devenu acteur par hasard ou plutôt, je dirais que c’est le cinéma qui m’a choisi. Une équipe de production était venue tourner un film dans ma société en mai 2000. Je leur avais obtenu les autorisations nécessaires et ils ont insisté pour me donner un rôle que j’avais dans un premier temps refusé. J’ai fini par accepter et me voilà aujourd’hui embarqué sur le bateau du cinéma.
On vous connaît beaucoup ici au Cameroun en tant qu’acteur…
Je suis assez connu dans la sous région comme acteur de cinéma pour avoir incarné des personnages dans environ 85 productions regroupant des téléfilms, des publicités et autres. Certains films ont connu beaucoup du succès et partant de là, ont marqué l’imagerie populaire. Je cite à ce titre « Big heart » (« gros cœur ») qui m’a attiré beaucoup de préjudices. Ce téléfilm diffusé sur la chaîne camerounaise Canal 2 International a mis en scène deux acteurs principaux et un serpent boa. J’incarnais un personnage monstrueux propriétaire d’un boa qui lui offrait des jeunes filles innocentes en sacrifice. Le rôle a eu un effet tel qu’il est passé pour vérité dans l’imagerie. A la sortie du film, beaucoup de personnes changeaient de route quand ils me croisaient et bon nombre de collègues acteurs ont cru que j’étais un charmeur de serpent. Ce sont ces genres de rôle bien rendu qui ont fait ma notoriété. Par conséquence, quand des producteurs et réalisateurs étrangers viennent en Afrique centrale, ils me contactent soit à travers des amis soit à travers un mail.
Comment avez-vous obtenu votre rôle dans « White material » ?
J’ai participé au casting de Claire Denis. J’étais alors pressenti pour le rôle de Chérif puis de Maurice mais j’ai finalement obtenu celui que j’ai incarné dans le film, le rôle du chef des ouvriers. Parti pour 2 semaines de tournage, j’ai finalement fait 4 mois. J’ai eu l’insigne honneur de proposer sur la demande de la réalisatrice quelques mises en scènes qu’elle a acceptées, ce qui a prolongé mon séjour. Claire a apprécié, j’imagine, mon esprit de créativité. Cela m’a énormément fait plaisir et dans ce film, je me suis vraiment amusé.
Vivez-vous de votre métier d’acteur ?
Oui j’en vis puisque je roule carrosse, ha ! ha ! Pour être sérieux, on ne peut pas vivre de cet art en Afrique ou en d’autres termes on ne peut pas y être un professionnel. La raison essentielle est dans la fréquence des propositions de tournage de film. On travaille très peu et c’est mal payé.
Qu’est ce que vous n’aimez pas dans ce métier ?
Ce métier est truffé d’aventuriers qui le dévalorisent et le rendent difficile.
Les acteurs africains se plaignent souvent de leurs conditions. Quelles sont selon vous les causes de cette situation ?
Je l’ai dit tantôt, c’est la présence des personnes qui n’ont rien à faire dans ce métier. Il faut aussi noter que faire un film en Afrique relève d’un miracle : vous avez tout le monde contre vous et vous vous retrouvez parfois en train de faire de la « sorcellerie » et si vous n’êtes pas fait pour cela, je vous laisse imaginer ce qui adviendra de votre pauvre tête.
L’histoire du film reflète-t-elle une réalité de votre pays ?
Tout à fait. Cette histoire pourrait être la mienne ou celle de n’importe qui d’entre nous en Afrique noire. Pour quelqu’un qui sait ce qu’est une guerre civile, je pense que l’histoire reflète malheureusement la réalité dans nos pays où beaucoup prennent les armes pour vouloir changer un système que monopoliseraient d’autres.
Un message pour les jeunes qui veulent emboîter votre pas.
Un message pour quel jeune ? La jeunesse pour moi, ce n’est pas une époque mais un état d’esprit. Si vous parlez de jeunesse en terme d’âge, alors je dirai à cette jeunesse d’être avant tout honnête, sincère, modeste et travailleuse. Je recommanderai surtout à ces jeunes de savoir pourquoi ils deviennent acteurs parce que quand on ne sait pourquoi on fait quelque chose on le fait mal.
Interview réalisée par Sitou Ayité

Brèves
11ème Festival du Film Court Francophone de Vaulx-en-Velin, France

Tenu du 15 au 22 janvier, l’édition 2011 de ce festival a projeté une centaine de films dont 81 en compétition, tous jurys confondus. Parmi les pays à l’honneur, on peut citer l’Algérie, la Belgique, le Bénin, le Burkina Faso, le Canada, la France, le Mali, la Suisse, le Togo, la Tunisie.
29ème Festival des Rendez-vous du cinéma québécois
Ce festival se tiendra du 16 au 27 février 2011 à Montréal. A noter que le film De Lomé, ton père, réalisé par Guillaume Roussel et produit par Kodjo Goncalves est sélectionné pour ce grand rendez-vous cinématographique.

Agenda ciné
FESTIVALS
AFRIQUE

Ouagadougou
(Burkina Faso)
26ème FESPACO
Du 26 fév.-05 mars 2011
http://www.fespaco.bf

EUROPE

Cannes (France)
8ème Festival du film panafricain, Avril 2011
http://www.festivaldufilmpanafricain.org

Leuven (Belgique)
16ème Afrika Filmfestival,
25 mars – 9 avril 2011
http://www.afrikafilmfestival.be

Milan (Italie)
21ème Festival du cinéma africain, Mars 2011
http://www.festivalcinemaafricano.org

Citation
« Il est très indispensable de retrouver nos racines culturelles, notre vraie identité culturelle. »
Abbé Théodore Assogba (Togo)

Lisez et faites lire Caméra, le bulletin cinématographique qui « scrute tout » pour vous !

Caméra
Année 2, N°017, du 15 déc. 2010 – 15 janv. 2011

Editorial :
La culture dès l’aube du nouvel an 2011

Débuté le 10 décembre à Dakar, la 3ème édition du Festival Mondial des Arts Nègres prend fin au 31 décembre à Saint-Louis, ouvrant ainsi les portes du nouvel an aux cultures d’Afrique et de la diaspora. La Saint Sylvestre sera donc sans doute particulièrement belle.
A l’aube de 2011, de grâce, souvenez-vous de la culture, à la première minute de l’année, où que vous soyez, qui que vous soyez, toute révérence respectée ! Président de la République, Premier Ministre, Ministre des arts et de la culture, Ministre de l’économie et des finances, Ministre de l’industrie…, artistes de tout bord, amoureux des arts, du 7ème art en particulier.
De grâce, faites diligence à cette exhortation ! Ce sera le début de solution aux maux de la société. Ceci étant fait, il y aura sûrement dans un proche avenir, davantage de sourire sur les visages de nos concitoyens, plus d’épanouissement, davantage de professionnels dans les différents secteurs de l’économie, à commencer par ceux de la culture, moins de crises sociopolitiques et de crises cardiaques, de misère ou de départ précoce vers l’au-delà ! N’est-ce pas vrai ? Surtout, n’oubliez pas de souffler à l’oreille de Caméra, l’endroit où vous aurez passé le réveillon !
Bonne et Heureuse Année 2011 !
Charles Ayetan

Festival Mondial des Arts Nègres 2010
Le président Wade s’engage pour une périodicité triennale

Le Forum des intellectuels africains et de la diaspora a été clôturé le 22 décembre à Dakar par S.E.M. Me Abdoulaye Wade, président du Sénégal. Celui-ci s’est engagé à peser de tout son poids pour que le Festival Mondial des Arts Nègres se tienne tous les 3 ou 5 ans, afin de permettre à tous les africains d’exposer au reste du monde les différentes cultures que renferme l’Afrique. Dans son intervention, le président sénégalais a promis que le village du festival sera remis aux étudiants. Ce cadre permettra d’unir les forces et les compétences pour rehausser la culture africaine, a souligné Me Wade à la fin de ce forum.
Un rendez-vous qui a permis aux 300 participants des 53 pays d’Afrique et de la diaspora de faire le tour d’horizon des difficultés qui inhibent le développement socioculturel du continent et de proposer des solutions. Dans sa présentation du bilan des travaux du forum, le Pr Iba Der Thiam, président du comité scientifique, a souligné qu’environ 400 communications ont été présentées et 150 documents validés. Il a ensuite énuméré les différents secteurs pour un véritable développement de l’Afrique, entre autres les infrastructures, l’éducation. Le Pr Thiam a enfin invité les participants à plus d’ardeur afin que cette rencontre soit un départ pour la promotion multiculturelle de l’Afrique.
Durant ce forum, le Togo a fait son entrée avec l’intervention de l’ancien ministre de la communication et de la culture, Cornélus Aïdam. Le délégué togolais a, dans son intervention, fustigé les séries diffusées sur les chaînes de télévisions africaines. Il a souhaité que les films produits par les africains véhiculent les richesses culturelles de l’Afrique. Les groupes artistiques de presque tous les pays africains étaient là sauf le Togo. Aux dernières nouvelles, on nous a annoncé que de King Mensah sera sur scène le 29 décembre avec Youssou N’dour, Alfa Blondy…

Akondoh Bang’na
Envoyé spécial

Rencontres surprises, sourires artistiques !

Les envoyés spéciaux de votre bulletin « Caméra » à Dakar, Akondoh Bang‘na et Sitou Ayité, ont rencontré entre autres stars, le populaire Jacob Devarieux du Groupe Kassav, star emblématique du zouk antillais, et la star afro-américaine de Hollywood, Danny Glover (à gauche), le célèbre comédien qui a animé le panel de la Fédération Africaine de Critique Cinématographique (FACC) lors de ce festival qui se tient à Dakar.
Artistiquement votre !

Festival Mondial des Arts Nègres 2010
LES CINEMAS D’AFRIQUE A L’HONNEUR…

La 3ème édition du Festival Mondial des Arts Nègres qui se tient depuis le 10 décembre 2010 à Dakar et Saint-Louis au Sénégal, connaît une forte participation d’artistes et d’intellectuels africains et du monde. Cette manifestation vise à rehausser l’image de la culture africaine à travers le monde entier.
Le public, par milliers, continue de savourer les prestations des artistes sur les lieux aménagés à cet effet (Galerie Nationale, Mairie de Dakar, Maison de la culture Douta Seck, Méridien, Place du Souvenir, Saint-Louis, Théâtre Sorano, Village des Arts du Festival, etc.).
Différentes activités culturelles s’y déroulent : conférences, fora, ateliers de formation, expositions, projections de films et divers spectacles de danse, mode, musique, théâtre… Un grand rendez-vous « du donner et du recevoir ».
Entre panel et colloque
La journée du 23 décembre s’est ouverte avec le panel cinéma initiée par la Fédération Africaine de la Critique Cinématographique (FACC). Une rencontre entre Danny Glover (comédien et star afro-américain des films de Hollywood) et les cinéastes africains à la Place du Souvenir de Dakar. Danny a relevé les difficultés que rencontre le cinéma africain. Il a ensuite montré son engagement à apporter sa pierre à l’édification de ce secteur que les jeunes africains ont de la peine à embrasser. Puis la star a déploré la situation sociopolitique et économique que connaît le continent, situation qui, selon lui, ne favorise pas l’éclosion du cinéma africain. La star Hollywoodienne a enfin invité les participants à exploiter de façon rationnelle et de profiter davantage de pareilles rencontres pour redonner le sourire à tous ses frères africains victimes de la pauvreté. Les cinéastes participants sont tour à tour intervenus sur l’inexploitation de la réalité africaine tout en relevant que la multiculturalité de l’africain est une denrée à vendre aux autres.
Ce panel a connu une forte participation de la FACC représenté au 3ème Festival par plusieurs dizaines de critiques de cinéma venus de plus de 20 pays. Outre ce panel, les critiques de cinéma du continent ont réfléchi au cours d’un colloque sur le cinéma africain tenu les 16 et 17 décembre.
Projections de films
Les projections de films se sont déroulées notamment sur la Place du Souvenir. Pour cette journée du 23 décembre, l’Afrique du Sud était à l’honneur avec « Old Wives Tale », « Dance of the graves » et « IzuluLami (mon ciel secret) », respectivement de D. Phakathi, Pule Diphare et Madoda Ncayiyana, tous d’Afrique du Sud. Cette soirée cinéma a été clôturée par la projection du film « Nothing but truth (Rien que la vérité) » du sud-africain, John Kani. Un film qui retrace la vie de Sipho Mahkaya, un patriote sud-africain épinglé d’une double trahison : sa femme le trompa avec son frère après plusieurs années de mariage et l’effet de l’apartheid. Le réalisateur répondra également à sa façon à l’épineuse question de la réconciliation en Afrique du Sud.
La cérémonie de clôture du festival est prévue pour le 31 décembre 2010 à Saint-Louis, une cité située à une dizaine de kilomètres de Dakar.
Akondoh Bang’na
Envoyé spécial

…MAIS LE TOGO A LA LOUPE !

Le Togo vient encore de briller par son absence, du moins sa piètre présence, à l’une des manifestations les plus identitaires du continent africain : le Festival Mondial des Arts Nègres.
Présence de drapeau, absence de films
Côté 7ème art, on remarque bien à la Place du Souvenir, lieu par excellence des projections de films de ce festival, le drapeau togolais hissé parmi ses confrères. S’il avait droit à la parole, il demanderait bien ce qu’il fait là. Et pourtant, 10 acteurs du secteur cinématographique avaient été sélectionnés par la Direction Nationale du Cinéma au Togo pour participer à cet évènement. Comment pourrait-on expliquer le fait qu’ils ne soient jamais rappelés ? On le lierait à la politique. La politique ! Elle vient toujours se mêler de tout, même de la culture qui ne la regarde pas du moins qui ne devrait pas la regarder. Il est vrai qu’entre politique et culture, ce n’est pas la grande histoire d’amour mais un respect mutuel s’impose. La première ne devrait pas empêcher la seconde de respirer. A cette allure, un procès entre la culture et la politique s’impose. Qui le remportera ?
Mais, est-ce là le nœud du problème, quand l’on sait que la politique se servait à merveille de la culture pour pousser ses racines politiciennes ?
Quelques passionnés
Deux (02) critiques de cinéma de l’Association des Journalistes Critiques Cinématographiques du Togo étaient heureusement présents, comme toujours, pour visionner et analyser les films des autres pays. Il faut saluer également la présence du cinéaste togolais, Jacques Do Kokou à ce grand rendez-vous culturel.
Musique : la petite fenêtre
Heureuse trouvaille, une recherche à la loupe sur la vingtaine de pages du programme de ce festival laisse voir une petite fenêtre à la musique togolaise qui sera représentée par King Mensah le 29 décembre.
La soirée baptisée Africa united Africa débutera à 19 heures à la Place de la Renaissance. Bravo King !
Sitou Ayité
Envoyée spéciale

Agenda ciné

FESTIVALS
AFRIQUE

Ouidah (Bénin)
9ème Festival international du film de Ouidah
(Quintessence)
Du 7 au 11 janvier 2011
http://www.festival-ouidah.org

Ouagadougou
(Burkina Faso)
26ème FESPACO
Du 26 fév.-05 mars 2011
http://www.fespaco.bf

EUROPE

Cannes (France)
8ème Festival du film panafricain
Avril 2011
http://www.festivaldufilmpanafricain.org

Leuven (Belgique)
16ème Afrika Filmfestival,
25 mars – 9 avril 2011
http://www.afrikafilmfestival.be

Milan (Italie)
21ème Festival du cinéma africain
Mars 2011
http://www.festivalcinemaafricano.org

Lisez et faites lire Caméra, le bulletin cinématographique qui « scrute tout » pour vous !

Caméra
Année 2, N°016, du 15 nov. au 15 déc. 2010

Editorial :
Arts et cultures à l’honneur en Afrique

Décembre, le mois de toutes les fêtes, connaît une ambiance particulière cette année en Afrique. Pour cause, la troisième édition du Festival Mondial des Arts Nègres se tient du 10 au 31 décembre à Dakar et Saint Louis, 44 ans après la première édition. Le Sénégal est donc le pôle 2010 de la plus grande rencontre culturelle de l’Afrique cette année.
Une véritable fête des arts et de la culture. Le cinéma participe de ce rendez-vous culturel avec une programmation filmique rétrospective des grands moments ayant marqué l’histoire des cinémas d’Afrique, en cette année du cinquantenaire des indépendances de plusieurs pays du continent.
Ce temps des bilans est propice pour vous faire découvrir le film De Lomé, ton père, un court métrage de fiction Guillaume Roussel-Garneau sur des immigrées togolaises au Canada. En attendant, la sortie de ce film à Lomé, prions pour que les seules salles de cinéma rescapées de la capitale ne se ferment pas.
La Rédaction

3ème Festival Mondial des Arts Nègres à Dakar et Saint Louis au Sénégal
La 3ème édition du Festival Mondial des Arts Nègre (FESMAN) se tient du 10 au 31 décembre 2010 à Dakar et Saint Louis au Sénégal. Cette 3ème édition vient redonner vie à ce prestigieux festival des cultures d’Afrique et de sa diaspora.
En effet, la 1ère édition du FESMAN a été organisée en 1966 à l’initiative de la revue Présence Africaine et de la Société Africaine de Culture par le président Léopold Sédar Senghor.
La cérémonie d’ouverture du 3ème FESMAN a eu lieu à Dakar le 10 décembre au stade Léopold Sédar Senghor à travers un grand spectacle riche en couleurs et expressions culturelles d’Afrique, du Brésil, des caraïbes et du reste de la diaspora noire.
« Renaissance africaine » est le thème de ce 3ème Festival Mondial des Arts Nègres, thème est évocateur en cette année du cinquantenaire d’un grand nombre d’Etats africains.
Il faut rappeler qu’après la première édition en 1966 à Dakar, le 2ème FESMAN a eu lieu une décennie plus tard en 1977 à Lagos au Nigeria.
Festival pluridisciplinaire, le FESMAN est une plateforme pour valoriser le cinéma, la danse, la musique, le théâtre, etc.
Charles Ayetan

Cinéma : Deux résidences documentaires organisées par Africadoc à Niamey
Du 15 novembre au 5 décembre dernier, une résidence d’écriture cinématographique s’est tenue à Niamey au Niger. Sous l’encadrement des cinéastes Jacques Dechamps (France) et El Hadj Sani Magori (Niger), cette résidence a réuni 8 jeunes réalisateurs de la sous région : Siga Diouf (Sénégal), Marie-Laurentine Bayala (Burkina Faso), Adama Sorgho (Burkina Faso), Nadine Kambou Yéri (Burkina Faso), Egome Amah (Togo), Rakia Laminou Kader (Niger), Bawa Kadadé (Niger), Idi Nouhou (Niger) et Oumarou Kadry Koda (Niger).
Au même moment, une résidence de production a été organisée avec la productrice Sophie Salbot comme formatrice pour quatre résidents : Mamounata Nikiema (Burkina Faso), Sitou Ayité (Togo), Adama Konkobo (Côte d’Ivoire), et Amadou Hamidou (Niger).
Ces résidences ont été organisées grâce au soutien de l’Union Européenne, de l’UEMOA, d’Arte France, du CCF Jean Rouch de Niamey, de Maggia Images et d’Africadoc (France et Niger).
Sitou Ayité

Samir Tabchoury, propriétaire de salles de cinéma à Lomé, s’en est allé
Le propriétaire des salles de cinéma, les seules fonctionnelles à Lomé à ce jour, Samir Tabchoury dit « Le vieux » a tiré sa révérence le 28 octobre 2010.
Une messe d’action de grâces a été dite pour le repos de son âme le 13 novembre dernier en l’église St Antoine de Padoue de Hanoukopé à Lomé.
Débutée à 10h30, cette messe a été présidée par l’archevêque de Lomé, Mgr Denis Amuzu-Dzakpah, en présence de plusieurs autorités religieuses, gouvernementales et diplomatiques.
De nationalité libanaise, feu Samir Tabchoury a contribué au développement de la cinéphilie au Togo à travers ses salles de cinéma Opéra, Elysée et Le Club, salles fonctionnelles jusqu’à ce jour, bien que leur fréquentation ait considérablement diminué depuis une dizaine d’années.

Immigration ou nostalgie dans un monde rêvé
De Lomé, ton père de Guillaume Roussel-Garneau

De Lomé, ton père est le drame psychologique d’une togolaise immigrée au Canada avec sa fille, appelées à faire face aux aridités d’un monde pourtant rêvé. C’est bien dans cet environnement que la jeune Afi attend avec impatience le fameux colis que son père, privé de visa, lui envoie depuis sa terre natale.
Le réalisateur de cette fiction, Guillaume Roussel-Garneau, a choisi de dérouler la trame d’une séquence de vie d’immigrés vivant au Canada. Réalisé en Mina, langue parlé au Togo, dans sa version originale et sous-titré en français, ce court métrage est le reflet d’un monde de merveille, monde vermeil pour les actuels et futurs candidats à l’immigration. Tandis que les immigrés sont déjà descendus dans l’arène d’un questionnement existentiel, du moins d’un questionnement sur la magie fuyante d’un monde de bonheur.
La beauté des plans, l’angle de la caméra, la simplicité des acteurs filmés dans leur environnement quotidien confèrent une beauté technique et artistique particulière à l’expression de la nostalgie de ces femmes.
Charles Ayetan

Kodjo Gonçalves : « C’est le 1er d’une série de films sur la vie des immigrés »

Professionnels togolais de la télévision et du cinéma, M. Kodjo Gonçalves est producteur du film De Lomé, ton père (2010, 13mn 55) réalisé par le canadien Guillaume Roussel-Garneau. M. Gonçalves est réalisatueur de plusieurs films entre autres, Le dépeçage du mouton à Niamey (1983, vidéo, ¾ pouce, 19mn), De la musique sur toute les lèvres (1975, 16 mm, 15mn) et Le fils du propriétaire (1975, 16 mm, 26mn). En séjour à Lomé depuis fin novembre dernier, il a accepté de nous accorder une interview dont voici un premier extrait.
Vous êtes producteur du film De Lomé, ton père, un court métrage de fiction réalisé par Guillaume Roussel-Garneau. Quelle votre part dans la production de ce film ?
Ça été tout à fait un hasard. Guillaume cherchait des comédiennes qui parlent mina, parce qu’il voulait tourné en mina, langue avec laquelle il s’habitue pour avoir épousé une togolaise. Il a fait appel à la Communauté Togolaise du Canada (CTC). J’ai alors répondu à l’annonce publiée à cet effet et nous sommes rentrés en contact. Après une rencontre à Montréal où je suis allé lui présenter certaines togolaises, un casting a été organisé à l’issue duquel les comédiennes de ce film ont été sélectionnées.
Comment avez-vous organisé la production de ce film ?
Tourné à Montréal, De Lomé, ton père est un film produit par ma maison de production dénommée « Eklo Productions » (Ndlr « Eklo » en mina désigne la tortue). C’est le premier d’une série de courts métrages sur la vie des immigrés de tout bord et pas seulement africains. Nous avons donc commencé par le Togo parce que le réalisateur voulait tourner en mina.
Guillaume Roussel-Garneau est donc réalisateur et monteur, tandis que moi je suis producteur et conseiller artistique. Le film a été tourné en deux temps : une partie en été et l’autre en automne.
Depuis quand avez-vous commencé à travailler dans le cinéma ?
J’étais animateur de radio ici à Lomé sous le nom de Daniel Salem et entre temps lorsque la Télévision Togolaise a été créée en 1974, j’ai été nommé directeur des programmes à la télé. J’ai ensuite senti le besoin d’aller me former dans l’audiovisuel. C’est ainsi que je suis parti à l’INA (Institut National de l’Audiovisuel) en France pour une formation de cadre de télévision en 1979. Il s’agit d’une formation de deux ans et demi en conception, réalisation, directeur photo, chef monteur et ingénieur de son.
C’est ainsi que j’ai commencé à faire des films dont le premier, Le collier de Dovi (1975, 16 mm, 70 mn), film inédit parce que j’ai été appelé à travailler en Hollande, puis comme consultant avec la F.A.O. dans les pays du Sahel notamment. J’ai également enseigné dans plusieurs écoles du cinéma comme le CFTI, où nous formions des journalistes, des réalisateurs. J’ai fait des missions à Bamako au CESTA pour la formation des pédagogues audiovisuel. C’est une formation audiovisuelle destinée à des personnes ayant obtenu une licence ou maîtrise et qui étaient formées pendant 1 an ou 1 an et demi. Les bénéficiaires recevaient donc une formation pluridisciplinaire et intervenaient par la suite dans un programme de la F.A.O. dénommé « cinéma au service du développement ».
Propos recueillis par Charles Ayetan

« Vent de sable, le Sahara des essais nucléaires »
Le documentaire « Vent de sable, le Sahara des essais nucléaires » du réalisateur algérien Larbi Benchiha est programmé pour être diffusé sur la chaine LCP – Public Sénat aux dates suivantes :
– mardi 14 décembre 2010 à 22h30
– samedi 18 décembre 2010 à 22h00
– dimanche 19 décembre 2010 à 18h00
– lundi 20 décembre 2010 à 17h20
(Veuillez visiter le site : http://www.publicsenat.fr)

Agenda ciné

FESTIVALS
AFRIQUE

Dakar (Sénégal)
Festival du film de Dakar
Décembre 2010
http://www.filmdedakar.com

Ouidah (Bénin)
9ème Festival international du film de Ouidah
(Quintessence)
Du 7 au 11 janvier 2011
http://www.festival-ouidah.org

Ouagadougou
(Burkina Faso)
26ème Fespaco
Du 26 fév.-05 mars 2011
http://www.fespaco.bf

ASIE

Dubaï (Émirats Arabes Unis)
7ème Festival international du film de Dubaï
Du 12 au 19 déc. 2010
http://www.dubaifilmfest.com

EUROPE

Cannes (France)
8ème Festival du film panafricain
Avril 2011
http://www.festivaldufilmpanafricain.org

Milan (Italie)
21ème Festival du cinéma africain
Mars 2011
http://www.festivalcinemaafricano.org
Lisez et faites lire Caméra, le bulletin cinématographique qui « scrute tout » pour vous !

Caméra
Année 2, N°015, du 15 oct. au 15 nov. 2010

Editorial :
Quel secours pour les festivals de cinéma au Togo ?

Les événements cinématographiques chancellent encore dans notre pays. Le Festival de Film Vidéo de Lomé (FIFIVIL) qui n’a pas pu tenir son 5ème rendez-vous biennal l’an dernier a organisé une « édition symbolique » cette année, juste pour donner signe de vie et rappeler qu’il continue son « pèlerinage » que nous espérons ne pas devenir purement un « chemin de croix », encore faut-il qu’il soit salutaire pour le cinéma.
Cette édition « symbolique », les Rencontres du Cinéma et de la Télévision de Lomé (RECITEL) l’ont frôlée par un récent passé et risquent de l’expérimenter tôt ou tard lorsqu’il n’y aura plus d’arbuste sur lequel se greffer ou s’appuyer.
Le jeune Festival International du Film des Droit de l’Homme de Lomé ne peine pas moins, quoiqu’il continue de tenir ses paris annuels. La prochaine édition est attendue du 25 au 30 novembre prochain.
En attendant, Lomé et Atakpamé entre autres, accueillent la 2ème édition du Festival du Film Alimentaire du Togo. Double appétit – cinéphilique et alimentaire – aux cinéphiles !
La Rédaction

« ECRAN », une nouvelle école de cinéma au Togo
Un nouveau bébé vient de s’ajouter au répertoire des écoles de cinéma au Togo. Il est baptisé : Ecole de Cinéma, de Réalisation Audiovisuelle et de Nouvelles technologies (Ecran).
Ecran est une école de formation de techniciens professionnels qui a ouvert ses portes le mardi 2 novembre 2010 avec une dizaine d’élèves.
Mme Christelle Aquereburu, directrice, garantie que même si l’école débute avec des formations modulaires, elle respectera très bientôt le cahier de charges des écoles de formation.
En effet, le premier module a débuté avec une formation en techniques scénaristiques. S’en suivront, d’autres modules techniques.
Il faut remarquer qu’il existe déjà sur place certaines structures de formation qui œuvrent dans le même sens telles que l’Ecole Supérieure des Etudes Cinématographiques (ESEC), l’Institut Professionnel des Métiers du Cinéma et de l’Audiovisuel (IPMCA) et Perfecom.
Sitou Ayité

A quand la formation de « comédien de cinéma » ?
La question a toute sa raison d’être pour la jeune génération du cinéma togolais : « à quand la formation de « comédien de cinéma ? ».
Les metteurs en scène encaissent le coup de « mal diriger » leurs acteurs. Ceci donne droit à tous les coups à la fin d’un film togolais, notamment des expressions du genre « ils sont trop théâtraux » ou « ils sur-jouent ». Bien que le théâtre soit le frère aîné par excellence du cinéma, ces assertions sont loin d’être des compliments.
Y a-t-il vraiment une mauvaise direction d’acteur ? On peut l’accorder. Mais considéré sous un autre angle, existe-t-il vraiment « un comédien professionnel » au Togo ?
Certes, on trouve dans le circuit audiovisuel plus de techniciens professionnels que de comédiens attitrés. A quoi ceci est-il dû ? Le sondage révèle plusieurs causes.
D’un côté, l’étiquette légendaire de « suffisance » collée au front des comédiens ne manque pas au rendez-vous : la plupart des « comédiens » ne voient pas la nécessité de se former parce qu’ils ont un nom auprès du public profane. Les plus modestes du bloc trouvent les formations onéreuses et pratiquement inexistantes.
D’un autre côté, si le fait de sortir d’un cours d’art dramatique peut parfois suffire à chevaucher le théâtre et le cinéma, le jeune acteur togolais par contre, lui, semble avoir des soucis à adapter son jeu au 7ème art. Par ailleurs, les écoles sur place ne proposent pour le moment aucune formation à cet effet. C’est un réel problème qui conduit à un déséquilibre dans le rendement.
Sitou Ayité

Communiqué
Le Ministre des Arts et de la Culture porte à la connaissance de tous les professionnels du cinéma que la 22ème édition du Festival Panafricain du Cinéma et de la Télévision de Ouagadougou (FESPACO) et de la 15ème édition du Marché International du Cinéma Africain (MICA) auront lieu du 26 février au 05 mars 2011 à Ouagadougou (Burkina Faso).
A cet effet, il informe tous les artistes et professionnels du cinéma, désireux d’y participer de bien vouloir inscrire leurs œuvres selon le calendrier suivant :
* 01-31 octobre 2010, date limite des inscriptions des films pour le FESPACO
* 02-31 janvier 2011, date limite d’envoi des copies des films pour le MICA
* 03-15 février 2011, date limite pour le paiement des inscriptions au MICA.
Les renseignements sont disponibles sur le site web : http://www.fespaco.bf ; E-mail : sg@fespaco.bf.
Pour tous renseignements complémentaires, prière contacter la Direction Nationale de la Cinématographie sise au 47, avenue des Nations Unies, Lomé.
Tél. : 222 86 41 / 924 60 80 ; courriel : dirnatcinematg@yahoo.fr
Me Yacoubou K. Hamadou, Ministre des Arts et de la Culture

Festivals de cinéma à Lomé : une semaine de non-événement !
Du 25 au 30 octobre, trois manifestations cinématographiques ont eu lieu à Lomé : le Festival du film documentaire du Centre culturel français de Lomé, les Rencontres du Cinéma et de la Télévision de Lomé (RECITEL) et le Festival International de Film Vidéo de Lomé (FIFIVIL).
Si les deux premiers se sont déroulés au Centre culturel français de Lomé au même moment, et visiblement l’un se greffant sur l’autre, le troisième a eu lieu au Goethe-Institut de Lomé. Ces manifestations étaient-elles réellement des événements ? Dans tous les cas, l’affluence sur les lieux ne laisse pas entrevoir une réponse affirmative, pas plus que la communication autour desdites manifestations.
Incompétence, incompréhension ou mauvaise foi ? Difficile à qualifier. C’est peut-être un accident que ces manifestations se soient tenues au même moment avec une apparence d’insuccès notoire. Un tel accident, pour autant qu’il l’est, n’est sûrement plus à souhaiter à l’avenir.
Quoiqu’il en soit, le cinéma se fait de plus en plus présent dans les centres culturels de la capitale.
Aussi le public cinéphile est-il convié à visionner les films ayant remporté depuis 40 ans l’Etalon de Yennenga, la plus grande distinction du Festival Panafricain du Cinéma et de la Télévision de Ouagadougou qui se tient chaque 2 ans au Burkina Faso.
Charles Ayetan

Décès de Tahar Cheriaâ, fondateur des Journées Cinématographiques de Carthage
Grande figure du cinéma, le Tunisien Tahar Cheriaa est décédé le jeudi 4 novembre 2010 à l’âge de 83 ans à Tunis.
Fondateur des Journées Cinématographiques de Carthage (JCC), l’un des plus anciens festivals de cinéma du Sud, Tahar Cheriaa déjà affaibli par la maladie a assisté le 27 octobre dernier en fauteuil roulant à un ultime hommage offert en son honneur par la 23e édition de la biennale qu’il a créée en 1966.
Après des études de Lettres à Tunis, puis à Paris, Tahar Cheriaa débuta sa carrière en publiant articles et ouvrages sur le cinéma, et jeta les bases du premier département cinéma au ministère de la Culture de la Tunisie, nouvellement indépendante.
Il contribuera en 1971 à la création du Fespaco.

Semaine de la Critique Cinématographique de Ouagadougou
L’association des critiques de cinéma du Burkina Faso (ASCRIC B) a organisé du 06 au 12 octobre dernier, la Semaine de la critique cinématographique de Ouagadougou (SECRICO). L’édition 2010 de la SECRICO était placée sous le thème « 50 ans après l’indépendance, où en est le cinéma burkinabè ? ».
La SECRICO entend promouvoir un cinéma de qualité. Elle est annuelle et se tient entre le 6 et le 12 octobre pour coïncider avec la célébration de la journée du cinéma africain instituée le 12 octobre de chaque par l’Union africaine et la Fédération africaine des cinéastes (FEPACI). La présente édition, a pour but de célébrer le « cinquantenaire du cinéma burkinabè ».
Au menu de cette manifestation, un atelier de formation à la critique cinématographique qui a eu lieu du 7 au 8 octobre et des projections de films burkinabè produits entre 1960 et 2010, du 8 au 12 octobre.
Par ailleurs, un panorama de films courts métrages a été servi au public cinéphile de Ouagadougou au cours de la grande nuit du court métrage du 9 au 10 octobre, de 21h à l’aube.
Une table ronde tenue le 12 octobre, autour du thème « 50 ans après l’indépendance, où en est le cinéma burkinabè ?» a couronné les travaux de cette semaine de la critique par une réflexion autour du parcours cinématographique burkinabé depuis un demi-siècle.
Charles Ayetan

« Silence on tourne ! »
Un concours vidéo de la Banque mondiale
Un concours vidéo est lancé par la Banque Mondiale à travers l’Association Internationale de Développement (IDA). Le contexte est que les dirigeants du monde entier considèrent actuellement le réapprovisionnement des ressources de l’IDA qui est la branche du Groupe de la Banque mondiale qui finance les projets de développement dans les 79 pays les plus pauvres de la planète, dont 39 sont situés en Afrique subsaharienne.
Les organisateurs du concours invitent donc les personnes intéressées à partager leurs avis sur l’orientation future de tels investissements.
Pour ce faire, il suffit de faire parvenir une vidéo de deux minutes qui répond à la question suivante : « Si vous étiez en charge du programme de la Banque mondiale dans votre pays, province, ville ou village, que mettriez-vous en priorité et pourquoi ? »
Les candidats sont priés d’envoyer le lien de leur vidéo postée sur YouTube au plus tard le lundi 22 novembre 2010 à 23h59 (temps universel). Pour toute question ou commentaire sur ce concours, écrire à afrex@worldbank.org.

Agenda ciné

FESTIVALS
Afrique

Lomé (Togo)
4ème Festival International du Film des Droits de l’Homme (FIFDH)
Du 25 au 30 novembre 2010.
Contact : +228 234 01 34

Dakar (Sénégal)
Festival du film de Dakar
Décembre 2010
http://www.filmdedakar.com

Ouidah (Bénin)
9ème Festival international du film de Ouidah-Quintessence
Du 7 au 11 janvier 2011
http://www.festival-ouidah.org

Ouagadougou
(Burkina Faso)
26ème Fespaco
Du 26 février au 05 mars 2011
http://www.fespaco.bf

Europe

Amiens (France)
30ème Festival international du film d’Amiens
Du 12 au 21 novembre 2010
http://www.filmfestamiens.org

Besançon (France)
10ème Festival des cinémas d’Afrique (Lumières d’Afrique)
Du 06 au 14 novembre 2010
http://www.lumieresdafrique.com

Lisez et faites lire Caméra, le bulletin cinématographique qui « scrute tout » pour vous !

Caméra
Année 2, N°014, du 15 septembre au 15 octobre 2010

Editorial :
Nos cités au rythme du cinéma !

Le public togolais, en particulier de Lomé, d’Assahoun et de Kara va vivre quelques événements cinématographiques au cours des mois d’octobre et de novembre 2010.
Il s’agit de la 5ème édition des Rencontres du Cinéma et de la Télévision de Lomé (RECITEL) du 14 au 30 octobre, du Festival du film documentaire du Centre Culturel Français de Lomé du 26 au 30 octobre, et du 4ème Festival International du Film des Droits de l’Homme (FIFDH) du 25 au 30 novembre à Lomé et Kara.
Ce numéro de votre bulletin vous propose également une sélection de festivals cinématographiques d’Afrique et d’Europe. Cinéphiles, comédiens et cinéastes ne vont donc pas chômer ces temps-ci sur le plan événementiel, voire éducationnel. Le Togo, l’Afrique et le monde au rythme du cinéma !
Caméra salue les professionnels du septième art de notre pays et d’ailleurs qui animent et nourrissent l’appétit visuel des uns et des autres à travers le monde. Bonne lecture !
La Rédaction

5ème édition des Rencontres du Cinéma et de la Télévision de Lomé
« Un cinéaste dans notre école », un programme d’initiation des scolaires au cinéma

La 5ème édition des Rencontres du Cinéma et de la Télévision de Lomé (RECITEL) aura lieu du 14 au 28 octobre 2010. Au menu de cette 5ème édition, deux programmes sont à distinguer : un  » programme off  » dénommé  » Un cinéaste dans notre école  » qui se déroule à Assahoun du 14 au 19 octobre et un  » programme in  » qui aura lieu du 26 au 28 octobre à Lomé.
L’innovation des RECITEL 2010 consiste en l’organisation d’un atelier cinéma dénommé « Un cinéaste dans notre école ». Selon le Délégué général des RECITEL, M. Jacques Do Kokou, il s’agit « d’offrir aux élèves, une éducation à l’image, de leur donner les clés pour décrypter et analyser les images, les films, les scénarios ». Cette éducation, poursuit-il, permettra de « susciter chez eux une curiosité cinématographique et d’aiguiser par la même occasion leur sens de la critique et leurs sens artistique ».
Cet atelier est accueilli cette année par le Collège d’Enseignement Général (CEG) Christ-Roi d’Assahoun où se tiennent les séances d’initiation. Pendant cette période, des projections de films ont lieu les soirs dans l’enceinte de la paroisse Notre Dame de l’Assomption d’Assahoun à partir de 19h. Quant à l’atelier de formation cinématographique habituel des RECITEL, il porte cette année sur le  » court métrage  » et regroupera plusieurs dizaines de participants du 26 au 28 octobre au Centre Culturel Français de Lomé.
Une vingtaine de projections de films est programmée au CCF tout au long de cette manifestation cinématographique.
Il faut noter que RECITEL est une initiative de l’Association pour la Promotion de la Culture, des Arts et des Loisirs (APCAL) dont la première édition a eu lieu en octobre 2006.
Charles Ayetan

26-30 octobre : Festival du film documentaire au Centre Culturel Français de Lomé

Le Centre Culturel Français (CCF) de Lomé organise en partenariat avec les RECITEL, (Rencontres du Cinéma et de la Télévision de Lomé), du 26 au 30 octobre 2010, la 5è édition du Festival du film documentaire.
Au total, neuf (9) films documentaires sont programmés pour 26 projections du 26 au 30 octobre 2010.
Ces films offrent « un voyage thématique » au cours duquel des escales sont proposés sur divers arts tels que le cinéma, la danse, la musique, etc., avec des histoires ou récits allant de l’ordinaire du quotidien à la bravoure, voir à l’héroïsme aussi bien de l’amour, de la justice et de la réconciliation des peuples.
Les films au programme :
• Accentus Laurence Equilbey d’Andy Sommer
• Barcelone ou la mort d’Idrissa Guiro
• Dans les décombres (Qian Men Qian) d’Olivier Meys
• D’un mur l’autre Berlin-Ceuta de Patric Jean
• Eldorado/ Preljocaj d’Olivier Assayas
• L’heure du berger de Pierre Creton
• La mère d’Antoine Catin et Pavel Kostomarov,
• Nos lieux interdits de Leila Kilani,
• Sonderkommando Auschwitz-Birkenau d’Emil Weiss.

Festival Clap Ivoire 2010 : Le Togo honoré par trois prix
La 10ème édition du Festival concours Clap Ivoire, s’est tenue du 1er au 5 septembre dernier, à Abidjan (Côte d’Ivoire). Le Togo a été honoré par plusieurs prix et une participation remarquable. Ainsi le film Ma mère est mon enfant d’Ingrid Agbo du Togo a t-il remporté 3 prix à savoir : le Prix du meilleur son, le Prix de la meilleure interprétation féminine et le 3ème Prix fiction.
Le palmarès de la 10ème édition de Clap Ivoire a été rendu public le 3 septembre 2010. Le Grand Prix Kodjo Ebouclé 2010, la plus prestigieuse distinction de Clap Ivoire, a été remporté par le film Lobikher, femmes lobi du jeune réalisateur, Jean Noël Boyou de la Côte d’Ivoire.
Dans la catégorie fiction, le 1er Prix a été décerné à La reine et le soleil de Mamadou Thiamdoume du Sénégal, le 2ème Prix au film Le destin d’Ingrid Boka de la Côte d’Ivoire et le 3ème Prix à Ma mère est mon enfant d’Ingrid Agbo du Togo.
Côté documentaire, le 1er Prix a été décerné au film Les pieds dans l’eau du sénégalais Mamadou Niang dit Leuz, le 2ème Prix à Hlan, la sève nourricière en danger de Laurence Agossou du Bénin et le 3ème Prix au Chemin de l’Intégration (Le) du nigérien Moussa Ahmadou Zarma.
Au total, huit (08) films ont été lauréats sur les quatorze (14) en compétition. Il faut signaler que le Togo avait présenté deux films : Ma mère est mon enfant d’Ingrid Agbo dans la catégorie fiction, et Le chien, de la garde à la marmite de Joël Tchédré dans la catégorie documentaire.
Dans la catégorie Prix spéciaux, le Prix du meilleur son est remporté par le film Ma mère est mon enfant de notre compatriote Ingrid Agbo, le Prix du meilleur scénario par Le destin de l’ivoirienne Ingrid Boka et enfin, le prix de la meilleur image est revenu à Hlan, la sève nourricière en danger de la béninoise Laurence Agossou.
De retour d’Abidjan, le Directeur national de la cinématographie, nous a confié sa satisfaction face à ce palmarès encourageant pour le Togo. Un programme est en confection à la Direction Nationale de la Cinématographie (DNC) pour rendre compte de la participation togolaise à cette 10ème édition de Clap Ivoire.
Charles Ayetan

Bientôt une fédération audiovisuelle togolaise pour améliorer la production

Le dimanche 19 septembre 2010 à 17h00, une réunion s’est tenue dans les locaux de Média Plus, une institution de distribution de chaînes câblées à Lomé. La réunion rassemblait des structures de productions audiovisuelles et/ou cinématographiques qui se soucient de l’avenir du cinéma togolais. Les travaux ont permis de visiter le paysage de la production au Togo et de réfléchir sur les sources de financement et de distribution, de même que sur les moyens pour pallier aux problèmes liés à la production filmique togolaise.
Cette rencontre a été initiée par Mme Angela Aquereburu de Caring Production, une maison de production de la place qui a réalisé une série de courts métrages dénommés « Zem » diffusés sur Canal Plus.
Chacune des structures présentes a manifesté son désir de contribuer à améliorer les conditions de la production audiovisuelle dans notre pays.
A l’issue de cette réunion, le projet de création d’une fédération audiovisuelle togolaise est prévu en vue d’un meilleur rendement.
Les structures présentes à la réunion sont :
MATENG PRODUCTIONS, AFRICAN DREAMS PRODUCTIONS, UNIVERSAL GRACE PRODUCTION, AGO MEDIA, CARING INTERNATIONAL, METISS SOUL.

Sitou Ayité

Agenda ciné
FESTIVALS

Afrique
Cotonou (Bénin)
@fricourt – 3èmes Rencontres internationales du court métrage
Octobre 2010
http://www.africourt-online.org

Ouidah (Bénin)
9ème Festival international du film de Ouidah-Quintessence
Du 7 au 11 janvier 2011
http://www.festival-ouidah.org

Ouagadougou (Burkina F.)
26ème Fespaco
Du 26 février au 05 mars 2011
http://www.fespaco.bf

Dakar (Sénégal)
Festival du film de Dakar
Décembre 2010
http://www.filmdedakar.com

Lomé (Togo)
4ème Festival International du Film des Droits de l’Homme (FIFDH)
Du 25 au 30 novembre 2010.
Contact : +228 234 01 34

Carthage (Tunisie)
23ème Journées Cinématographiques de Carthage
Du 23 au 30 octobre 2010
http://www.jccarthage.org

Europe

Amiens (France)
30ème Festival international du film d’Amiens
Du 12 au 21 novembre 2010
http://www.filmfestamiens.org

Besançon (France)
10ème Festival des cinémas d’Afrique (Lumières d’Afrique)
Du 06 au 14 novembre 2010
http://www.lumieresdafrique.com

Lisez et faites lire Caméra, le bulletin cinématographique qui « scrute tout » pour vous !

Caméra
Année 2, N°013, du 15 août au 15 septembre 2010

Editorial
Caméra souffle sa première bougie

Votre bulletin cinématographique Caméra souffle sa toute première bougie. Une année d’expériences de publication d’articles et d’informations relatives au septième art. Qui a dit qu’on n’aura pas assez d’éléments à publier ? Nous avons certes limité, pour l’heure, nos publications à un feuillet comme l’a annoncé le numéro 001 en date du 17 août 2009. Mais, quelle n’a été notre surprise de constater la quantité d’informations à publier chaque mois. Et quelles ont été les peines endurées pour compresser les articles et faire place à davantage d’informations.
L’Association des Journalistes Critiques Cinématographiques du Togo (AJCC-Togo), sur fonds propres bien sûr, s’investit dans l’édition de ce bulletin. Aucun soutien ou proposition de soutien financier, ne nous est parvenu. Et le soutien technique ? Loin d’être une surprise, ce n’est que la confirmation d’une triste certitude qui ne nous décourage guère dans cette volonté de contribuer à la naissance de l’industrie cinématographique de notre pays.
Heureusement que nous pouvons compter sur les félicitations verbales ou écrites de professionnels ou promoteurs du cinéma qui ne dévorent que trop vite notre feuillet. Merci sincère à tous et à toutes.
A coup sûr, petit bulletin Caméra deviendra grand, quoique des grains ne tombent pas encore du ciel !
Comme signe de cette vitalité, nous vous invitons simplement à consommer ce numéro-cocktail, un spécial de 4 pages, qui célèbre sobrement le premier anniversaire de Caméra. Y trouverez-vous du sel ? Bon appétit !
La Rédaction

« Rêves d’Afrique », Grand prix du 1er Festival du Film Court Francophone d’Atakpamé

Le film Rêves d’Afrique, de Sandra Anafoua (Togo) vient de remporter le 1er Prix 2010 du Festival du Film Court Francophone d’Atakpamé (Togo) qui s’est tenu du 23 au 25 juillet dernier dans la ville aux sept collines.
Cette première édition du festival du court métrage a ainsi honoré un groupe d’enfants de Hihéatro qui a écrit et tourné ce court métrage 22 minutes qui peint les rêves d’enfance, projection d’ambitions professionnelles en perspective d’une jeunesse montante décontractée, innocente et confiante en l’avenir. Ce premier prix du festival est composé d’une attestation et d’une enveloppe financière de 150.000 FCFA. Rêves d’Afrique a également remporté le Prix du Jury Officiel. Le 2ème Prix est remporté par Joël M’Maka Tchédré pour son film Le Reliquat (Togo, 7mn), immédiatement suivi d’Henri Porquet pour son film Au-delà du Miroir (Côte d’Ivoire), 3ème Prix du festival.
Ces derniers ont respectivement remporté la somme de 100.000 et 50.000 FCFA en plus d’une attestation délivrée par les organisateurs du Festival du Film Court Francophone d’Atakpamé.
Différents autres prix ont été attribués à titre honorifique à plusieurs films programmés pendant le festival. Ainsi, le film Humanitaire (16mn, 2007) du burkinabé Adama Roamba, a raflé à lui seul quatre prix à savoir : les Prix du Jury Adulte, du Jury Jeune, du Jury Scolaire et du Grand Public.
Le Prix Jeune Public a été remporté par Le Pont (13mn), de Vincent Bierrewaerts, tandis que Les Frères Kadogo (52mn) a eu la Mention du Public.
Outre le 3ème Prix, le film Au-delà du Miroir de l’ivoirien Henri Porquet s’est vu décerner le Prix du Jury Professionnel et le Prix du Jury Presse.
Ce palmarès a été rendu public au cours de la soirée de clôture qui a lieu dans la Grande Salle de la STCP, près de l’ancienne gare ferroviaire d’Atakpamé. C’était en présence du Maire de la ville d’Atakpamé, M. Adjonou Kassena, et du Directeur Régional de la Culture, M. Essohanam Koutom, qui se sont tour à tour félicités de la réussite de cette première édition du Festival du Film Court Francophone.
Au total, 52 films ont été projetés en provenance de 16 pays d’Afrique : Belgique, Bénin, Burkina Faso, Canada, Cameroun, Comores, Côte d’Ivoire, France, Mali, Maroc, Maurice, Rwanda, Sénégal, Suisse, Togo et Tunisie.
L’espace francophone était donc fortement représentée à cette fête du court métrage, le premier du genre au Togo, qui a servi au public en majorité jeune, des films de genres variés allant de la fiction à l’animation en passant par le documentaire. La diversité thématique des oeuvres filmiques présentées et le cadre de la fête traditionnelle  » Odon Tsu  » (Fête de l’igname), de même que la période de vacances sont autant d’éléments qui ont favorisé les rencontres et les échanges entre les réalisateurs, festivaliers et touristes.
Initié par Carole Laffitte et Jacques Chanis respectivement des centres sociaux et culturels Peyri et Lévy de Vaulx-en-Velin, ce festival est organisé avec le soutien de la ville de Vaulx-en-Velin et de la Région Rhône Alpes, en partenariat avec les associations organisatrices du Festival de Vaulx-en-Velin et en collaboration avec l’Association pour la Promotion de la Cultures, des Arts et des Loisirs (APCAL) du Togo.
Il faut signaler qu’un atelier d’initiation à la production cinématographique a été organisé au profit d’une dizaine de jeunes. Cet atelier a été animé par M. Jacques Do Kokou, avec le concours de Jacques Chanis (France), Youssou Seck (Sénégal/France) et Victoire Aby Say, réalisatrice venue de la Côte d’Ivoire.

Charles Ayetan

Cecile Bouteloup : « La magie d’un public face à un écran »

Technicienne « son et lumière », Cecile Bouteloup est projectionniste et travaille depuis trois ans aux Amphis à Vaulx-en-Velin (France) et pour le Festival de Film Court Francophone de la même ville.
Cette projectionniste a mis ces compétences au profit du 1er festival de cinéma à Atakpamé où nous l’avons rencontrée pour recueillir ses impressions.

Vous avez assuré les projections du 1er Festival de Film Court Francophone d’Atakpamé. Quelles difficultés avez-vous rencontrées comparé à Vaulx-en-Velin ?
On ne peut pas vraiment comparer, parce qu’à Vaulx-en-Velin les projections ont lieu dans une salle de cinéma alors qu’ici elles sont faites dans une salle qui n’est pas conçue sous le format de salle de cinéma. Et l’équipement n’est pas le même. Ce qu’on peut améliorer à l’avenir côté équipement, quand on aura les moyens, c’est d’avoir un vrai matériel son. La salle aussi a posé problème, mais à défaut, elle est très sympa pour les projections, même s’il y a de l’écho, il y a de la place, il y a un parc autour, il y a une ambiance. Il y aussi forcément des choses à améliorer, et ça viendrait certainement avec le temps.
Justement, parlez-nous un peu de l’ambiance pendant ce festival.
L’ambiance (sourire), c’est à la fois la magie du cinéma, la magie d’un public face à un écran. C’est merveilleux ! Les gens ont apprécié que le cinéma vienne à eux. Les réactions pendant les projections des films, l’enthousiasme qui régnait face à certains films, les rires, les applaudissements, ça été vraiment super bien… Ce qui m’a le plus marquée, c’est la chaleur des gens.
Propos recueillis par Charles Ayetan

Youssou Seck : « Le cinéma est un outil très puissant »

Après son Bac au Sénégal, Youssou Seck est allé faire des études d’économie en France où il vit depuis 25 ans. Après une formation adéquate, il travaille comme animateur au Centre Social et Culturel Peyri où il est responsable du pôle culturel et sportif. Il collabore depuis 9 ans à l’organisation du Festival de Film Court Francophone de Vaulx-en-Velin, surtout sur l’implication des jeunes dans le jury jeune dudit festival. C’est en plein dans son rôle d’animateur socioculturel que nous rencontré à Atakpamé Youssou, dynamique et attentif aux jeunes dont il a la charge.

Êtes-vous satisfait de l’organisation de ce 1er Festival de Film Court Francophone d’Atakpamé ?
Les conditions techniques ne sont malheureusement pas les mêmes que ce que nous avons connu à Vaulx-en-Velin : la qualité sonore, un vidéoprojecteur de qualité moyenne, etc.
Mais avec tous ces problèmes, le public était présent. C’est ce qui permet de dire qu’il ne faut pas être aussi sévère, car chaque pays a ses conditions, chaque projet a ses contraintes. Et des personnes qui connaissent mieux la ville d’Atakpamé nous apprennent qu’on aurait pu avoir une meilleure salle, des matériels de meilleur qualité, nous espérons pouvoir améliorer les conditions à la prochaine édition du festival, parce que nous tenons à inscrire ce festival dans la durée.
Au regard de vos expériences avec les jeunes, pourriez-vous nous dire quel est l’apport du cinéma dans l’éducation social de ces jeunes ?
Le cinéma n’est qu’un medium par d’autres. Mais comme nous travaillons dans le développement social et l’ouverture au monde, le cinéma est un outil très puissant pour atteindre nos objectifs.
Le cinéma permet de dire le monde, d’aller à la rencontre des autres, de découvrir la vision des autres, de se situer personnelle, individuellement, dans ce grand ensemble qu’est le monde.
Propos recueillis par Charles Ayetan

Citation du mois
« Le cinéma, c’est l’écriture moderne dont l’encre est la lumière. »
Jean Cocteau

Lisez et faites lire Caméra, le bulletin cinématographique qui « scrute tout » pour vous !

Caméra
Année 1, N°012, du 15 juillet au 15 août 2010

Editorial
Bon vent au cinéma togolais

Le Togo accueille du 23 au 25 juillet le 1er Festival du Film Court Francophone à Atakpamé, festival au cours duquel trois courts métrages togolais sont en compétition sur les six retenus, sans compter les dizaines de films de tous horizons au programme.
Notre pays se prépare également à prendre part au festival concours Clap Ivoire qui aura lieu du 1er au 05 août à Abidjan (Côte d’Ivoire). A cette fin, la Direction Nationale de la Cinématographie et les acteurs du secteur se préparent.
Ainsi le cinéma togolais fait-il son petit bonhomme de chemin.
Et que dire des événements cinématographiques à l’échelle continentale, ces jours-ci. Le présent numéro de Caméra qui boucle ses 12 mois d’existence salue toutes les initiatives dans le sens de la promotion du 7ème art dans notre pays et en Afrique.
Charles Ayetan

Kuami Apélété : « Le cinéma au Togo évolue et l’Etat doit financer les projets de films »

Réalisateur à la Télévision nationale togolaise (TVT) et enseignant à l’Institut des Sciences de l’Information, de la Communication et des Arts de l’Université de Lomé (ISICA-UL), Kuami Apélété est reconnu pour sa modestie et sa rigueur dans le travail. Un homme derrière qui se cache le génie. Réalisateur de plusieurs documentaires (La case Ouatchi, Le savon de l’espoir…) et très récemment de la série télé Gbadagog, cet amoureux du 7ème art nous donne sa vision sur l’état du cinéma au Togo.

Bonjour M. Apélété, pouvons-nous parler du cinéma togolais ?
(Rire) Parler du cinéma togolais, ce serait aller vite en besogne, parce que ce cinéma est presque inexistant, balbutiant. Si on jette un coup d’oeil à côté de nous, chez nos voisins Béninois, Nigérians, Ghanéens, Ivoiriens et Burkinabé, on verra que la production cinématographique togolaise est insignifiante.
Le cinéma togolais a connu un cycle de vie difficile. Croyez-vous qu’avec la nouvelle génération de réalisateurs et l’apport des anciens comme vous, il soit possible d’espérer?
Tant qu’on a la vie, il faut toujours espérer. Notre devoir, c’est de nous battre pour sortir le 7ème art de ces carcans. En tant que cinéaste, on doit se battre pour que l’Etat mette des structures en place.
Et que doit faire, selon vous, les autorités togolaises pour rendre ce secteur plus productif et plus compétitif?
Il est impératif de mettre en place le code du cinéma togolais, car les gens ne peuvent pas investir dans un domaine qui n’est pas réglementé par l’Etat. Et c’est cette réglementation qui ouvrira la porte aux investissements.
Secundo, l’Etat doit encourager la formation des jeunes en créant des écoles, des instituts cinématographiques pour former les jeunes qui veulent s’aventurer dans ce secteur.
J’entends par là, la formation des comédiens, des réalisateurs, des preneurs de son, des scénaristes… Ce qui permettra à ceux qui sont formés sur le tas de se former davantage ou de se recycler.
Une fois ces lacunes comblées, il faut encourager ceux qui ont les moyens à investir dans le cinéma qui est une véritable industrie et un secteur très rentable.
Encourager les sociétés à financer les projets cinématographiques. Parce que toutes les sociétés peuvent communiquer à travers le cinéma. Dans la réalisation d’un film, on peut utiliser le cadre d’une société ; c’est en même temps faire la publicité pour cette société. Et c’est à cette seule condition que le Togo pourra se mesurer aux films des autres pays.
Après vos études à l’Institut d’Etat du Théâtre et du Cinéma de Kiev (Ukraine – ex URSS) en 1987 d’où vous êtes sorti ingénieur du 7e art, vous avez passé une grande partie de votre jeunesse à la Télévision nationale. Avec en poche plusieurs documentaires, qu’est-ce qui explique votre reconversion vers les séries ces deux dernières années ?
Après ma formation, la réalisation d’un film demandait de gros sous. C’était le temps de la bande argentique et les moyens matériels, financiers et humains me manquaient énormément.
La seule boîte où je pouvais m’exercer était la télévision nationale. J’ai récemment décidé de m’engager aux côtés des comédiens Gogoligo et Gbadamassi dans leur initiative d’humour à la télé afin de rendre leur travail plus professionnel.
J’ai pensé qu’il faut produire beaucoup de séries et cela incitera l’Etat à comprendre l’enjeu et financer les projets de films. Avec les séries, je peins purement les réalités togolaises tout comme ce que font les ivoiriens. Et avec les remarques et suggestions, on y arrivera.

Propos recueillis par Akondoh Bang’na

Evodie Ngueyeli : « Nous avons initié ‘Mis Me Binga’ pour promouvoir le génie féminin »

Jeune cinéphile camerounaise, Mlle Evodie Ngueyeli est responsable de la direction artistique du tout premier Festival international de films de femmes de la sous région Afrique centrale dénommé « Mis Me Binga ». Elle a accepté de nous présenter ce festival qui se veut une plate-forme pour les films de femme en Afrique.
Comment est née l’idée d’initier un tel festival ?
Le festival est né du constat selon lequel au Cameroun, bien que le cinéma ait fortement été marqué par une femme en la personne de Sita Bella, de son vrai nom Thérèse Mbella Mbida, qui fut la première femme pilote, la première femme journaliste et la première femme réalisatrice au Cameroun et même l’une des premiers africains à explorer le cinéma en Europe, les femmes aiment se contenter de la scène. Et quand bien même elles se retrouvent derrière les projecteurs, elles affectionnent particulièrement les métiers de maquilleuse, script, décoratrice. Bref, elles se privent du droit de prendre la parole, de tenir les rênes pour donner leur vision du monde. En d’autres termes, le poste de réalisateur ne les tentent pas vraiment, c’est ainsi que sur 50 films réalisés au Cameroun, 40 sont faits par les hommes et seulement 10 par les femmes. C’est au vu de ces constats, et surtout du talent du peu de femmes réalisatrices, qu’il nous a paru plus que judicieux de mettre sur pied un festival de films pour les encourager à réaliser des films, un festival qui serait un espace de visibilité, de promotion de leurs œuvres et aussi un lieu de formation via l’atelier « Quand l’idée devient un film ».
Que veut dire « Mis Me Binga » ?
« Mis Me Binga » vient de la langue « éwondo » du Cameroun qui signifie « Regard de femmes », car nous aimerions que les femmes prennent la parole et expriment leur vision de la société.
Parlez-nous un peu du talent de ces réalisatrices ?
C’est heureux de constater que toutes les réalisations féminines font mouche. C’est le cas par exemple de Oswald Lewat qui, avec ses films Un amour pendant la guerre et Une affaire de nègre nous donne sa vision de la société sur un certain nombre de sujets hautement sensibles, ou de Hélène Ebah avec Les blessures inguérissables dont l’esthétique est impressionnante, ou encore de Joséphine Daniou qui, avec Paris à tout prix, a pendant des semaines fait le plein de notre défunte salle de cinéma Abbia et des amphis de l’Université de Yaoundé II.
Est-ce que ce festival est une manière de promouvoir l’émancipation de la femme ?
Pas vraiment, en fait nous promouvons le génie féminin, nous donnons l’occasion aux femmes d’avoir une plate-forme qui mettent en exergue leurs films, les encourage à en produire davantage pour exprimer et partager leur vision du monde.
Selon vous, comment la femme regarde le monde ?
Je ne puis vous dire comment la femme regarde le monde, car il existe des millions de femmes sur terre et chacune a une sensibilité particulière et donc on ne parlera pas d’une vision, mais des visions qui varient d’une personne à une autre.
Pensez-vous que la femme africaine ait une place imposante dans le cinéma de nos jours ?
Si l’on parle de place imposante dans le sens où la femme a son mot à dire, je pense que nous avons encore du chemin à faire. Et pour y parvenir, les femmes doivent produire davantage.
Quelles sont les conditions d’admission à ce festival ?
Il suffit de faire un film (datant au maximum de 2007) et de remplir une fiche d’inscription que vous obtiendrez en écrivant à mismebinga@gmail.com ou n.wandji@mismebinga.com l’appel à proposition pour l’édition prochaine qui se tiendra du 08 au 12 mars 2011 a été lancé en juin et prend fin le 30 novembre 2010 à minuit. Nous espérons recevoir davantage de films camerounais et africains.

Propos recueillis par Sitou Ayité

Ghallywood : Un nouveau site pour accueillir les films
S’il y a un pays qui a brillé dans les années 70 dans le domaine du 7ème art en Afrique et qui mérite d’être connu, c’est sans doute le Ghana. Mais, la volonté politique autour de la chose s’est vite éreintée suite aux différentes crises sociopolitiques qu’a traversées le pays de Kwame N’krumah.
Malgré tout, il y a quelques mois environs, grâce à des initiatives privées encouragées par les ghanéens de la diaspora, un nouveau site de réalisation cinématographique dénommé Ghallywood a été construit à environ 50 Km d’Accra sur la route internationale Lomé – Accra. Ce site comporte des bâtiments pour l’hébergement des professionnels et amateurs du 7ème art, des salles de formation et des zones pour le tournage de films.
Ghallywood accueille les réalisateurs, les producteurs, les comédiens de tous genre et est animé tous les jours, de janvier à décembre. C’est aussi un lieu d’échange entre les professionnels de ce secteur.
Après Hollywood aux USA, Bollywood en Inde et Nollywood au Nigéria, le Ghallywood vient désormais allonger la liste des sites de réalisations cinématographiques dans le monde.
Akondoh Bang’na

Agenda ciné
L’édition 2010 du Festival international de film de Zanzibar (Zanzibar International Film Festival, ZIFF) démarré le 10 juillet dernier sur l’île de rêve de Tanzanie prend fin dimanche 18 juillet. Le palmarès est donc attendu.
Le 1er Festival du Film Court Francophone à Atakpamé (Togo) se tiendra du 23 au 25 juillet prochain. Cette initiative qui est l’émanation du Festival du Film Court Francophone de Vaulx-en-Velin (France) est co-organisée avec l’Association pour la Promotion des Arts, de la Culture et des Loisirs (APCAL, Togo).
La 31ème édition du Festival international du film de Durban (Durban International Film Festival) aura lieu du 22 juillet au 2 août 2010. Au cours de ce festival se tiendra la 3ème édition de la rencontre Talent Campus programmée du 23 au 27 juillet et se veut contribuer à renforcer le partenariat entre les réalisateurs africains.
Un appel à candidatures pour l’atelier « De l’écrit à l’écran » vient d’être lancé par le Festival International de Film Francophone (FIFF), en collaboration avec Wallonie Bruxelles International. Prévu du 3 au 8 octobre 2010, cet atelier de scénario est organisé à l’intention des auteurs-réalisateurs des pays du Sud (pays du Maghreb, d’Afrique subsaharienne et du Proche-Orient francophone) en vue de la réécriture de leur scénario de court métrage de fiction.
Clôture des candidatures le 8 août 2010 à minuit (site http://www.fiff.be).

Lisez et faites lire Caméra, le bulletin cinématographique qui « scrute tout » pour vous !

Caméra
Année 1, N°011, du 15 juin au 15 juillet 2010

Editorial
Le foyer « Arts et Culture » prendra t-il soin de son bébé cinéma ?
Un nouveau gouvernement au Togo. Un nouveau ménage ministériel pour la culture qui déménage du domicile de la communication pour créer son foyer avec les Arts. Polyandrie ou copinage ? C’est sans doute une relation plus noble.
Me Yacoubou Hamadou est nommé ministre des Arts et de la Culture. Les professionnels du cinéma pourront-ils enfin obtenir la garantie du droit à la vie au cinéma dans notre pays : l’occasion est propice, car leur ministre de tutelle est un juriste, militant des droits humains de surcroît, qui a déjà été ministre des Droits de l’Homme, de la Consolidation de la Démocratie et de la Formation Civique.
Le Togo aura-t-il enfin son code du Cinéma ? Un « avant projet de loi portant code de la profession cinématographique au Togo » était déjà en chantier. Où en sommes-nous ?
La Rédaction

L’influence de la critique face à la réception des films par le public

« L’influence de la critique face à la réception des films par le public ». Tel est le thème d’une conférence-débat qui a réuni le 21 avril dernier, plusieurs dizaines de journalistes et de critiques de cinéma à Abidjan. Organisée dans le cadre de la 6ième édition du Festival international du court métrage d’Abidjan (FICA 2010), cette rencontre qui a eu lieu au Golf Hôtel de Cocody Riviera (Abidjan) a été animée par le journaliste et critique de cinéma sénégalais Baba Diop, président de la Fédération Africaine de Critique de Cinéma (FACC).
Dans une première partie, la communication de Baba Diop a permis aux participants de cerner le lien indissociable qui existe entre le cinéma et les courants de pensée. En effet, une remise en cause de certains modes de pensée a découlé entre autres de la contestation anticolonialiste, du mouvement de la négritude et des luttes anti-raciales qui ont suivi les périodes d’après guerre, la guerre froide notamment ; d’où est né une nouvelle vision du monde et des rapports humains.
C’est dans cette effervescence mondiale que va naître sur les bords de la Seine à Paris, le cinéma africain avec ses précurseurs (Paulin Soumanou Vieyra, Jacques Melo Kane, Mamadou Sarr, Robert Caristan). « Un cinéma qui fut fortement influencé par le réalisme socialiste, a fait remarqué l’orateur. Et pour cause, Georges Sadoul, historien, critique de cinéma et membre du Parti Communiste français, fut le professeur de Paul Soumanou Vieyra. » A partir de ce moment, cinéastes, historiens et critiques de cinéma ont nourri l’opinion de leurs différents points de vue sur le cinéma. Dans cette vague de pensée, le cinéaste Sembène Ousmane déclarera que « le cinéma est l’école du soir du peuple, un moyen de communication qui permet au peuple de s’émanciper » : d’où son option pour un cinéma éveilleur des consciences qui a marqué les cinémas d’Afrique jusqu’à la fin des années 1970.
Baba Diop a rappelé l’important colloque de Ouagadougou organisé du 8 au 13 avril 1974 par la société africaine de la culture sous la houlette de Présence africaine sur le thème : « Le rôle du cinéaste africain dans l’éveil d’une conscience de civilisation noire ». Dans sa première phase, constate le conférencier, le cinéma africain s’est plus focalisé sur le contenu, à savoir le sujet qu’il n’a privilégié les recherches formelles, l’esthétique et le langage du cinéma.
De la perception du critique
Selon Ferid Boughedir, cinéaste et critique de cinéma, le critique se positionne comme un intermédiaire entre l’œuvre et le public et comme tout intermédiaire, il peut enrichir ou déformer la compréhension de l’œuvre. Pour lui, le critique est donc un intermédiaire éclairé qui doit faire profiter au spectateur de son savoir en vulgarisant pour lui les résultats de son analyse afin que le spectateur appréhende mieux l’œuvre. Au contraire, Boughedir décrie entre autre, la « critique snobe » qui affirme sans expliquer que tel cinéaste est génial, la critique paresseuse ou critique de paraphrase, la critique de cinéaste manqué où le critique se met à la place du cinéaste.
Enfin, le cinéaste/critique affirme que « chaque critique est subjectif mais le critique africain doit réduire sa subjectivité.

Du rôle du critique

« Pour parler du cinéma, il faut en connaître les dessous et c’est le rôle du critique professionnel, du spécialiste, mais cela ne veut pas dire que le spécialiste a toujours raison, il a seulement plus de possibilité d’avoir raison », déclare Paulin Soumanou Vieyra, cinéaste, critique, historien de cinéma.
Pour le conférencier, « le critique est appelé à juger objectivement de la qualité ou des défauts d’une œuvre d’une œuvre suivant des critères scientifiquement éprouvés que ne devrait pas influencer outre mesure les états d’âme ». Car, a-t-il poursuit, il s’agit pour le critique « d’éveiller l’intérêt ou de susciter la réprobation pour une création qu’en son âme et conscience, il juge bonne ou mauvaise ».
L’orateur a mis en garde les critiques de cinéma contre « la tentation de se contenter des dossiers de presse et autres supports de communication autour du film », attitude qui porte sérieusement atteinte à une véritable analyse filmique, à l’élaboration d’une critique. A cet effet, le critique doit absolument avoir une curiosité personnelle, qui l’amène à déceler les non-dits, l’intention première du cinéaste à travers le film.
De son côté, le modérateur de la conférence, le journaliste et critique ivoirien Michel Koffi, a déclaré à l’attention des participants que « les critiques doivent accompagner les cinémas d’Afrique ». Il a ensuite porté un regard critique sur le cinéma africain : son caractère asexué, son amateurisme, l’absence de politique cinématographique nationale, l’absence de salle de cinéma, la production non continue des anciens.
Le président de la FACC a mis en garde contre les dangers, notamment les influences, qui guettent les critiques avant d’exhorter les intéressés à « lire d’un regard critique » les dossiers de presse et à ne pas céder à la pression des distributeurs, etc. Le critique journaliste a l’avantage d’user des genres journalistiques (billet, chronique, interview, etc.).

De l’urgence de la formation des critiques

Au cours de cette rencontre, plusieurs intervenants ont mis l’accent sur l’urgence de la formation des critiques de cinéma. Le secrétaire régional Afrique de l’Ouest de la Fédération Africaine des Cinéastes (FEPCI), M. Fadika Lancine a conforté cette urgence de formation en assurant les participants de la disponibilité de la FEPACI à contribuer à la formation des critiques. Dans ce sens, un partenariat fructueux pourrait s’établir entre la FEPACI et la FACC.
Mais en attendant, et à tout moment, l’autoformation du critique doit lui permettre de s’outiller en vue de l’exercice de sa profession.
Charles Ayetan

Madjé Ayité : « L’Afrique a fortement brillé par sa présence à la Berlinale Talent Campus 2010 »

De nationalité togolaise, Madjé Ayité est un jeune réalisateur auteur de plusieurs films dont deux longs métrages (Vanessa et Sosie en 2006 et La bataille des absents en 2008) et plusieurs courts métrages dont le dernier est titré Gamon (2009). Son cursus cinématographique, a connu récemment un séjour dans le jardin des grands, au dernier festival international de films de Berlin, la Berlinale 2010. Comment et pourquoi s’y est-il retrouvé ? Quelles expériences tirées de cette étape ?
Monsieur Madjé Ayité, vous avez eu l’honneur de participer à la Berlinale 2010. Dans quel cadre y êtes-vous allé ?
Effectivement, c’était un honneur pour moi d’avoir été sélectionné pour prendre part au 60ème anniversaire de la Berlinale cette année 2010. Nous étions 24 professionnels du cinéma du monde à être invités par le Ministère allemand des affaires étrangères et le Goethe Institut.
J’ai eu l’occasion d’assister à la première de « LATITUDE », un programme d’aide à la production de courts métrages africains, organisé par le Goethe Institut.
Huit films ont été sélectionnés pour la soirée dont le film Bidenam, l’espoir d’un village (2008) de notre compatriote Gentille Assih, réalisatrice.
Parlez-nous de vos rencontres et expériences ?
A part les séances de projection de films, nous avions rencontré les organisateurs de la Berlinale à savoir Mme Dorothee Wenner de la section « Forum of new cinema », M. Wieland Speck, directeur de la section Panorama. Nous avions visité la ville de Berlin et plus émouvant, les lieux de tournage des films « Cours Lola, cours », « Goodbye Lenin », « Le tour du monde en 80 jours », « La vie des autres », « Bourne supremacy ». Et comme les allemands ne font jamais les choses à moitié, nous avions été invités au Ministère allemand des affaires étrangères et visité le Parlement.
Parlez-nous de cette 60ème édition.
Sur les 20 films en compétition, le jury présidé par le réalisateur et producteur allemand Werner Herzog a décerné l’Ours d’or de la Berlinale 2010 au film « Bal » (Miel) du turc Semih Kaplanoglu. Coproduction germano-turque, ce film raconte l’histoire d’un garçon de six ans parti à la recherche de son père apiculteur dans un village de montagne en Anatolie. C’est la première fois depuis 1964 qu’un Ours d’or est décerné à un film turc.
Il faut noter que les acteurs Léonardo di Caprio, Ben Stiller et le réalisateur Martin Scorcesse ont honoré de leur présence cette édition.
Qu’en est-il de la présence de l’Afrique ?
Absent dans la sélection officielle, l’Afrique était plutôt présente dans la section « Forum » qui fête ses 40 ans cette année. Mais, sur les 96 films sélectionnés pour cette section, il n’y avait que 4 films africains à savoir : « Imani » de Caroline Kamya (Ouganda), « Congo in four Acts » de Kiripi Katembo Siku (RDC), « Sunny Land » de Aljoscha Weskott et Marietta Kesting (Afrique du Sud), et « Baara » de Souleymane Cissé (Mali). C’est vraiment trop peu pour notre continent.
Heureusement que l’Afrique a au moins brillé par une présence remarquée à la Berlinale Talent Campus (BTC), section créée il y a 8 ans et réservée aux jeunes talentueux du 7ème Art En effet sur 95 pays, il y avait une quinzaine de pays africains y compris le Togo.
Parlant de jeunes talentueux, vous y avez certainement rencontré le réalisateur sénégalais El Hadji Samba Sarr récemment décédé à Dakar.
La nouvelle du décès de Samba m’a surpris et bouleversé. Je ne savais pas que c’était la dernière fois que je le voyais à Berlin en février dernier. On s’était rencontré en 2008 lors d’un festival au Bénin ; logé dans la même villa, nous avions parlé de nos projets respectifs. On s’était retrouvé à la Berlinale Talent Campus pour laquelle il était sélectionné.
Je me rappelle exactement le jour où on s’est vu pour la dernière fois ; c’était à une rencontre de DW-Akademie, il me montrait une photo sur son laptop, image sur laquelle il tient un prix reçu avec ses jeunes acteurs. Très talentueux, Samba a fortement marqué la jeune génération de réalisateurs africains, une fierté pour notre continent.
Propos recueillis par Charles Ayetan

2ème Forum des coproducteurs à Yaoundé

Le forum des coproducteurs s’est tenu du 1er au 5 juin dernier à Yaoundé, au Cameroun. Ce forum qui est à sa deuxième édition est une initiative de l’Association des Producteurs Indépendants du Cameroun (APIC), du Goethe Institut du Cameroun et de l’Association pour le film documentaire allemand (AG Doc).
Ce forum a rassemblé 22 producteurs venus d’Allemagne et d’Afrique subsaharienne avec différents projets relativement aboutis. Il était animé par Eloi Bela Ndzana, président de l’APIC, Barbel Mauch, représentante de l’AG Doc, et Victor Okhai, consultant audiovisuel du Nigéria.
Le but de cette rencontre est avant tout de renforcer les énergies pour un meilleur rendement dans la production du documentaire surtout en Afrique. C’est une plateforme où les producteurs ont l’opportunité de présenter leurs projets, de recevoir l’avis des experts et de comprendre les rouages de la recherche de financement.
Les participants du forum ont eu droit à des présentations avec des représentants de diverses chaînes de télé, notamment la ZDF et la CRTV ; ainsi qu’à une nouvelle méthode d’exploitation et de distribution de films.
Il faut préciser que le forum s’est déroulé concomitamment avec le festival Ecrans noirs du Cameroun.

Sitou Ayité
Envoyée spéciale

Lisez et faites lire Caméra, le bulletin cinématographique qui « scrute tout » pour vous !

Caméra
Année 1, N°010, du 15 mai au 15 juin 2010

Editorial
Hommage : Ils vivent dans nos cœurs !

Le monde de la culture, précisément celui du cinéma traverse un moment particulier de son histoire depuis quelques années. Une émulation dynamique positive en faveur du développement du secteur cinématographique, de l’image de façon plus générale. Mais aussi le départ vers les ancêtres, non seulement des aînés des cinémas d’Afrique, mais aussi des maillons importants de la jeune génération.
Ainsi après l’« aîné des anciens » Sembène Ousmane, c’est le tour entre autres des réalisateurs Adama Drabo, Samba Félix Ndiaye, El Hadji Samba Sarr, des comédiens James Campbell Badiane, Sotigui Kouyaté, etc.
Evidemment, peu ou prou, des hommages sont rendus à ces professionnels du septième art. Mais trop souvent à titre posthume ! Hommage de macchabée !
Et si on passait d’abord aux hommages vivants ! Voici le temps. Promoteurs culturels donnez le clap ! Le festival international du film d’Amiens le fait déjà à travers « Mémoire Vivante » !
Cinquantenaire d’indépendance de 17 pays d’Afrique. Et si nous honorions la mémoire vivante comme posthume des créateurs de l’image ?
La Rédaction

50 ans de cinéma au Togo : une émission télé controversée

Le Togo a fêté son cinquantenaire d’indépendance le 27 avril dernier : l’occasion propice pour se remémorer les souvenirs. Quand on en vient aux souvenirs de cinéma, une belle initiative a été de consacrer une émission télé en direct le soir du 26 avril sur 50 ans de vie cinématographique. Mais quel choc de découvrir de la négligence à tous égards !
L’émission baptisée « l’évolution du cinéma togolais depuis les indépendances à nos jours » était présentée par un confrère dont il est préférable de taire le nom. Toute personne est libre d’attribuer le titre qu’il veut à son œuvre et de la conduire de manière qu’elle veut. Cependant la courtoisie des choix qui est certes une vieille philosophie mais qui n’a gagné aucune ride exige un travail de recherche afin de préparer un délicieux cocktail pour l’audience, car elle le mérite.
Il est triste de le dire, mais cette émission qui par son nom devait être consacrée à toute la famille du 7ème art n’est qu’un cumul de maladresses, de légèreté dans les questions et de bâclage d’information. Elle ne consiste qu’à élargir le sourire de ceux qui affirment qu’il n’y a plus grand-chose à espérer du cinéma togolais.
Aucune politique gouvernementale n’appuiera jamais une famille professionnelle dessoudée. C’est ce que le maigre plateau de l’émission a laissé voir à tout le Togo pour 50 ans de vie de cinéma tant soit peu national.
Le présentateur qui est réputé pour son autre émission sur l’humour parfois noir a fait une émission qui cette fois n’avait rien de drôle.
En effet, le choc était plus poignant lorsque l’émission répétait les trois quarts du temps que les réalisateurs togolais n’étaient pas unis. Non seulement cette affirmation est un fait non pas que togolais mais sociétal, mais encore l’émission servait elle-même à aggraver la situation. Elle déclare une guerre ouverte entre les réalisateurs. Les absents potentiels se sentiraient exclus d’une histoire qui est aussi la leur. Tout ceci ne converge qu’à une solide mésentente savamment élaborée. Le cinéma est-il reparti sur de nouvelles bases minées ? Qu’il n’en soit pas ainsi !
Sitou Ayité

Quel avenir pour le Festival international du court métrage d’Abidjan ?

La 6ème édition du Festival international du court métrage d’Abidjan (FICA) qui marque en même temps le 10ème anniversaire de cet événement entre dans une nouvelle phase de sa vie. En effet, le festival au départ biennal sur le plan international, tiendra désormais une version annuelle au plan national. Cette information a été annoncée par la directrice fondatrice du FICA, Mme Hanny Tchelley-Etibou, à la cérémonie de clôture du 6ème FICA le 25 avril dernier à la place Ficgayo de Yopougon (Abidjan).
La version nationale va donc alterner avec celle internationale, chaque deux ans, à travers une tournée de projections cinématographiques itinérantes dans les différentes régions de la Côte d’Ivoire.
Le FICA fait progressivement preuve d’une certaine maturité dans son organisation à en croire son impact sur la vie culturelle de la Côte d’Ivoire, du continent africain et au-delà. Ainsi la 6ème édition a-t-elle connu la participation de festivaliers en provenance de 14 pays et la projection d’une quarantaine de films dont 19 courts métrages, fiction et documentaire, en compétition officielle.
S’il faut saluer le soutien des plus hautes autorités politiques et gouvernementales du pays à ce festival, il faut en même temps mettre en garde contre le risque d’une tarification de soutien à l’avenir suite à un changement politique à la plus haute magistrature. Aussi des observations de plusieurs festivaliers font-elles état de la trop grande proximité des promoteurs du FICA avec le pouvoir en place et d’un éventuel revirement malheureux à l’avenir.
Il y a donc lieu d’interpeller les organisateurs dudit festival à davantage de rigueur dans l’organisation et à une stratégie plus pérenne en faveur de cet événement qui représente un atout fort pour le développement du 7ème art en Afrique à partir du court métrage.

Lionel Méta, Grand Prix FICA d’or 2010
Le Grand Prix FICA d’or 2010 a été remporté par le jeune réalisateur camerounais Lionel Méta pour La métaphore du manioc (2010), film qui a également ravi le prix du meilleur acteur et celui de la meilleure actrice Henri Duparc attribués à la comédienne camerounaise Ricky Tribord. Court métrage de 13 minutes, La métaphore du manioc est une fiction qui dépeint la tragédie des personnes condamnées à l’attente l’hypothétique et dévorante d’un être cher, d’un amour rongé par la distance que seul l’espoir fait vivre dans le cœur l’innocente victime.
Quant au prix du meilleur documentaire, il a été remporté par Kiripi Katembo Siku (RDC) réalisateur du film L’après mine qui invite le spectateur dans le quotidien aride et tristement brave d’une fillette, orpheline, condamnée à casser à longueur de journées des pierres dans une carrière du Kipushi au Katanga.
Un été presque parfait, une fiction de Mikrat Fouad (Maroc) a obtenu le prix du meilleur scénario, pendant que le prix de la meilleure bande son est revenue à La marche des crabes de Hafid Aboulahyane (Maroc-France).
Le prix du meilleur montage a été ravi par Didi et Gigi, une fiction de 7 minutes de la jeune réalisatrice sénégalaise Marie Kâ.
Côté documentaire, le Prix du public est revenu à l’Ivoirien Kakou Soubian avec T’es pas d’ici, un documentaire qui traite de la thématique des enfants en situation difficile en proposant le témoignage de deux jeunes rescapés de la rue. De l’autre côté, le prix spécial du FICA 2010 a été attribué à Tahirou Tasséré Ouédraogo (Burkina Faso) pour sa fiction Sauver Rama qui propose le drame d’une femme, pauvre, impuissante devant un paludisme mortel qui emporte son enfant.
Entre autres, diverses rencontres et conférences ont permis aux festivaliers et au public d’échanger sur le rôle et l’influence de la critique, les problèmes des cinémas d’Afrique et la diversité culturelle, facteur de paix et d’intégration.
Charles Ayetan

Le septième Art en bref

Festival de Cannes 2010 : L’Afrique hautement honorée
Les cinémas d’Afrique étaient hautement honorés au dernier Festival de Cannes qui a eu lieu du 12 au 23 mai dernier. Pour preuve, le Prix du Jury officiel lont métrages de Cannes 2010 est décerné au film Un homme qui crie réalisé par le tchadien Mahamat-Saleh Haroun.
Au total, 6 films africains étaient présents à ce prestigieux festival : Un homme qui crie, de Mahamat-Saleh Haroun (Tchad, France) et Hors la loi, de Rachid Bouchareb (Algérie, France) tous deux en compétition officielle et, dans la section « Un certain regard », le film Life Above All (« La vie avant tout »), d’Oliver Schmitz ; Côté Short Corner (marché du film court), 4 courts métrages algériens étaient à Cannes 2010 : Le Dernier Passager de Mounès Khammar, Khouya (« Mon frère ») de Yanis Koussim, Goulili de Sabrina Draoui et El Djinn de Yasmina Chouikh.

Des Hommes et des Dieux, Prix du Jury œcuménique Cannes 2010
Le Jury oecuménique 2010 attribue son prix au film Des Hommes et des Dieux de Xavier Beauvois. « D’une grande beauté plastique, servi par une interprétation collective remarquable et rythmé par l’alternance des travaux et de la liturgie, ce film dépeint le sacrifice des moines de Tibhirine (Algérie 1996), choisissant de poursuivre leur œuvre de paix malgré la violence déchaînée. La profonde humanité des moines, leur respect pour l’Islam et leur générosité pour leurs voisins villageois » ont motivé le choix du jury. Par ailleurs, deux mentions spéciales ont été attribuées aux films : Another Year de Mike Leigh et Poetry de Lee Chang-Dong.

HOMMAGE à El Hadji Samba Sarr, réalisateur sénégalais…
Après une présence remarquable et impressionnante au dernier Festival international de Court Métrage d’Abidjan, le réalisateur, scénariste et producteur sénégalais, El Hadj Samba Sarr, nous a quitté le matin du samedi 8 mai dernier à Dakar à l’âge de 41 ans. Il a été inhumé le même jour en fin d’après-midi au cimetière musulman de Yoff.
Des officiels, cinéastes, acteurs culturels, parents et amis ont rendu hommage au disparu, relevant qu’il faisait partie de la relève des cinéastes sénégalais.
El Hadji Samba Sarr a réalisé une dizaine de films, fictions et documentaires, parmi lesquels « La discorde », un court métrage de fiction en compétition au FICA 2010.

… à James Campbell Badiane, comédien sénégalais…
Plus tôt, le comédien sénégalais James Campbell Badiane nous a quittés. C’était le 7 avril dernier à l’âge de 78 ans à Dakar, des suites d’une maladie. Au cours de sa longue carrière débutée en 1955, James Campbell Badiane est une grande figure du cinéma en Afrique et dans le monde pour avoir joué dans une trentaine de films.
L’homme s’est révélé au premier Festival mondial des arts nègres (1966) à travers le rôle de Hugonin-Baron dans l’adaptation de « La Tragédie du Roi Christophe » d’Aimé Césaire aux côtés de feu Douta Seck. Une longue carrière d’acteur a son actif, dont le film Ashakara de Philippe Souaille, film tourné au Togo où il a longtemps séjourné.

…et à Sotigui Kouyaté, comédien et metteur en scène malien et burkinabé
Le comédien et metteur en scène malien et burkinabé Sotigui Kouyaté a tiré sa révérence le 17 avril dernier à Paris des suites d’une maladie pulmonaire. Né à Bamako le 19 juillet 1936 et Sotigui Kouyaté est considéré comme l’un des plus grands acteurs africains contemporains. Il est le père du réalisateur Dani Kouyaté et du conteur Hassane Kassi Kouyaté.

Citation du mois« Ma caméra, j’en ai fait un être vivant, un cerveau et, ce qui est encore mieux, j’ai essayé d’en faire un cœur. »
Abel Gance

Lisez et faites lire Caméra, le bulletin cinématographique qui « scrute tout » pour vous !

Caméra
Année 1, N°009, du 15 avril au 15 mai 2010

Editorial
Bon vent à la critique cinématographique africaine !

La Fédération Africaine de Critique Cinématographique (FACC) vient de marquer un pas décisif dans son histoire. Il s’agit de la signature, le 30 mars dernier, d’un accord de siège à Dakar au Sénégal entre le gouvernement sénégalais et la FACC.
C’est encore preuve que le cinéma occupe une place capitale dans le patrimoine culturel d’un pays. « Le cinéma n’est pas que divertissement… Le cinéma comme septième art est la vitrine d’un pays. Il est un élément essentiel de la diplomatie culturelle, je dirai de la diplomatie tout court », a déclaré M. Ababacar Diop, président de la FACC, dans son discours à l’occasion de la signature de cet accord de siège.
Quel gouvernement d’Afrique peut-il aujourd’hui relever le défi des salles de cinéma qui se meurent inexorablement, sous le regard délibérément impuissant des autorités en charge de ce secteur et malgré le cri des cinéphiles, des cinéastes, des critiques de cinéma ? Les gouvernements qui oseraient s’y engager pourront-ils compter sur l’appui des promoteurs culturels, et surtout des partenaires en développement ?
La prise de conscience ne manque pourtant pas de l’enjeu que représente l’apport du cinéma en matière du développement d’un pays. Le ministre sénégalais des Affaires Etrangères, Me Madicke Niang, le dit si bien : « l’industrie cinématographique peut constituer un véritable moteur de développement économique (…) et la critique cinématographique, qui contribue incontestablement au développement et à la promotion de cet art, doit faire l’objet d’une attention toute particulière dans nos pays. »
Discours éloquent, n’est-ce pas ! Agissons-dons !

La Rédaction

Et le cinéma, fut !

Nous sommes dans un mois très important dans l’histoire de notre pays. Dans quelques jours, le Togo va célébrer son cinquantenaire d’indépendance. L’indépendance est synonyme d’autonomie, de souveraineté. Qu’est-ce que le Togo peut dire sur l’indépendance culturelle ? Ou mieux, l’indépendance cinématographique ? L’aspect le plus représentatif pour la montrer est la salle de cinéma.
La salle de cinéma est considérée comme la finalité d’une industrie de cinéma florissante. Une visite des salles de cinéma de la capitale montre que la métaphore et l’ironie jonglent joyeusement avec l’état des lieux de ce cinéma. Lomé compte 7 salles de cinéma et plus que 3 sont « opérationnelles ».
La salle de cinéma « Le Togo » est transformée en salle de boxe. Alors que le cinéma se bat pour conserver sa place dans la société, c’est la place du cinéma que les gens utilisent pour se battre à coup de poings. Pour la salle « Opéra », les soins de propreté élémentaire sont négligés. La salle est tout simplement « sale ». La salle « Elysée » est celle qui pourrait faire la fierté de la capitale mais le nombre de spectateurs montre combien le cinéma togolais rapporte. La salle est toujours vide.
Avec ce bilan éloquent, tout laisse à croire que les salles de cinéma ont été un phénomène de mode qui rame aujourd’hui pour survivre. La poussière, les toiles d’araignées, les cadenas, le vide. Ce sont les mots qui peuvent s’utiliser pour décrire les salles de cinéma à Lomé. Comment intervenir dans cette situation vu que les salles de cinéma sont privatisées ? La situation dans laquelle sont les salles traduit la négligence et le désintérêt de l’Etat quant aux affaires culturelles. Dans cet environnement, où va se commémorer une autonomie, le secteur cinématographique célèbre une anomie.
Comment donc laver ce linge « salle » dans la famille du cinéma togolais?

Sitou Ayité

Du 20 au 25 Avril 2010 : 6ème édition du Festival International du Court Métrage d’Abidjan

La 6ème édition du Festival International du Court Métrage d’Abidjan (FICA) aura lieu du 20 au 25 avril prochain. La cérémonie d’ouverture de ce festival se déroulera le 20 avril en présence du ministre ivoirien de l’intégration Africaine, M. Amadou Koné.
Outre les nombreuses projections de films pour le Jury, d’une part, et le public d’autre part, le FICA prévoit une  » Rencontre des critiques de cinéma  » le mercredi 21 avril. Organisé en collaboration avec l’Union des journalistes culturels de Côte d’Ivoire (UJOCCI) et la Fédération Africaine de Critique Cinématographique (FACC), cette rencontre va connaître la participation de nombreux journalistes culturels de l’UEMOA et de la diaspora.
L’Association des Journalistes Critiques Cinématographiques du Togo (AJCC-Togo) sera représenté à cette rencontre cinématographique.
Un autre moment important sera la projection de films à la Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan (MACA) le vendredi 23 avril. Comme à chaque édition depuis 2006, une projection de films sera ainsi offerte aux prisonniers, suivie d’un déjeuner.
En prélude à ce grand événement, un concours national d’affiche a été organisé du 23 septembre au 30 novembre 2009 en faveur des plasticiens, designers, infographistes et dessinateurs Ivoiriens âgés de plus de 18 ans. La cérémonie de remise des prix de ce concours a eu lieu le 15 janvier dernier à l’Institut Goethe d’Abidjan en présence du Ministre de l’intégration Africaine Amadou Koné et de la directrice du FICA, Mme Hanny Tchelley.

Charles Ayetan

L’Afrique sera présente en compétition officielle au 63ème Festival de Cannes

Le 63ème Festival de Cannes (France) aura lieu du 12 au 23 mai prochain. A cet effet, une conférence de presse a été tenue le 15 avril 2010 à « Intercontinental, Le Grand Hôtel », Cannes (France), conférence au cours de la quelle a été présenté les jurys officiels et la sélection officielle.
Parmi les films en compétition officielle, on note un film tchadien qui fait l’honneur de l’Afrique. Il s’agit du long métrage Un Homme qui crie, de Mahamat-Saleh Haroun qui devient ainsi le tout premier cinéaste tchadien à présenter un long métrage en compétition officielle du prestigieux Festival de Cannes. L’homme n’est pas à son premier essai.
En effet, Un homme qui crie est le quatrième long-métrage de Mahamat-Saleh Haroun qui a déjà réalisé entre autres Daratt, saison sèche (2006), de même que Abouna (2002) et Bye-bye Africa (1999) qui ont remporté divers prix dans plusieurs festivals internationaux.
Signalons également le du film Hors-la-loi, de Rachid Bouchareb, un français d’origine algérienne.
Charles Ayetan

Du 2 au 10 juiin 2010 : Louma, 2ème édition, le rendez-vous du documentaire africain

La deuxième édition des Rencontres du cinéma africain, Louma 2010, se tiendra du 2 au 10 juin prochain à Saint-Louis au Sénégal. Organisé par Africadoc, le Louma accueillera une fois encore plusieurs professionnels du documentaire africain, en provenance de tout le continent.
En effet, de nombreux réalisateurs, producteurs, financeurs, acheteurs, distributeurs et diffuseurs Tv seront présents à Saint-Louis pour une semaine de rencontres professionnelles autour de films documentaires africains et de projets de films.
Le Louma a pour objectif de rendre visible la variété et la créativité de la production africaine en matière de documentaire. Selon les organisateurs, il s’agit entre autres, d’une rencontre « permettant de densifier le réseau créé peu à peu et de renforcer la circulation et la visibilité des films africains et de films sur l’Afrique ».
L’initiative se situe dans le sillage des Rencontres Tënk de coproduction du documentaire africain qu’organise Africadoc depuis 2002. Les Rencontres Tënk, désormais rendez-vous de coproduction incontournable du documentaire africain, permettront cette année encore à une trentaine de jeunes réalisateurs africains de présenter leur projet de film.
Cette année, l’origine des projets s’étend : ils sont issus de plusieurs résidences d’écriture organisées entre décembre 2009 et mai 2010, en Afrique du Sud, en Guinée Bissau, au Mali, au Sénégal et au Togo.
Ces rencontres se déroulent en deux temps : des séances Tënk (séances de « pitch ») et des séances de rendez-vous individuels qui permettent aux réalisateurs d’aborder facilement des professionnels intéressés par leur projet de film. Des professionnels africains et européens (producteurs, diffuseurs et financeurs) y assisteront dans le but de développer ces projets en coproduction.
Il faut retenir que grâce à ses rencontres, un catalogue d’environ 150 films documentaires africains mais aussi de film sur l’Afrique est proposé à des acheteurs africains et du reste du monde (chaînes de télévision ainsi que les organismes de diffusion cinématographique)
Charles Ayetan

FACC : Signature d’accord de siège à Dakar

La Fédération Africaine de Critique Cinématographique (FACC) vient de signer un accord de siège avec le Sénégal. La signature de cet accord de siège a eu lieu le 30 mars dernier à Dakar en présence de plusieurs personnalités et d’un grand nombre de journalistes de télévisions, de radios et de presse écrite. L’acte de signature a été matérialisé par le ministre d’Etat, ministre sénégalais des Affaires Etrangères, Me Madicke Niang et M. Ababacar Diop, président de la FACC.
Dans son discours, le ministre Madicke Niang a souligné que « l’industrie cinématographique peut constituer un véritable moteur de développement économique (…) et la critique cinématographique, qui contribue incontestablement au développement et à la promotion de cet art, doit faire l’objet d’une attention toute particulière dans nos pays. »
« Le cinéma comme septième art est la vitrine d’un pays », a déclaré le président de la FACC qui a, pour sa part, félicité les autorités du Sénégal et ses prédécesseurs à ce poste, de même que tous les critiques africains dont l’effort et la persévérance a rendu possible cet événement historique.

11ème biennale de la Caravane des Cinémas d’Afrique à Lyon

La 11ème Biennale de la Caravane des Cinémas d’Afrique s’est déroulée du 18 au 28 mars dernier à Sainte-Foy-lès-Lyon, en France. Organisée par l’association « Son Image et Rencontres Fidésiennes » (SIRF) et par le Centre Culturel Communal Fidésien (CCCF), la Caravane des Cinémas d’Afrique a pour objectif de diffuser et promouvoir la création cinématographique méconnue du Continent Afrique.
A cette édition, 11 films ont été présentés en compétition pendant les 11 jours du Festival ainsi que des documentaires sur le jazz, la politique et le rôle des femmes africaines.

Citation du mois
« La culture visuelle n’a de sens que dans la mesure où elle accompagne les autres formes de culture. »
André Diligent

Lisez et faites lire Caméra, le bulletin cinématographique qui « scrute tout » pour vous !

mars 24, 2010

Caméra n°008 du 15 mars 2010 au 15 avril 2010

Editorial
Le cinéma : Des fonds à débloquer

Le Togo est en période post-électorale après le scrutin présidentiel du 04 mars dernier. Scrutin reconnu comme calme et paisible, de même que la campagne électorale qui a duré 15 jours. Durant ces 15 jours et au-delà, les candidats ont fait la propagande autour de leur programme de gouvernement, mais combien parmi eux ont pu créer un espace à la culture ? Très peu !
Et pourtant, nombreux sont ceux qui croient que la vaste et interminable campagne pour la non-violence et la paix est à l’origine de ce climat apprécié de tous. Spectacles de musique, festivals sportifs, sketches, etc. Or, qu’est-ce qu’une paix qui ne peut durer une lune ?
Mais quelle paix entre professionnels togolais du cinéma ? Des nœuds à défaire ! Quel apport des autorités de ce secteur ? Des fonds à débloquer ! Peut-être simplement un réel accompagnement des professionnels et promoteurs culturels ! Les articles de ce numéro de Caméra proposent quelques pistes.
Une certitude : la paix véritable doit être durable, et pour être durable, elle doit provenir des cœurs ! C’est un processus qui a pour nom « la culture de la paix ». Et il faut y mettre tous les moyens. Des moyens sérieux. Et non pas que des discours politiques. Et si enfin les politiques se mettaient à soutenir le 7ème art ? Davantage. On pourrait avoir l’occasion de jauger la capacité du cinéma à construire la paix.
Les femmes en ont donné l’exemple lors des premières « Journées cinématographiques de la femme africaine de l’image » au Burkina Faso, événement qui s’est déroulé dans un « atmosphère particulièrement convivial ».
La Rédaction

Enfance et cinéma au Togo :
Des séances scolaires à l’art cinématographique avec Rémi Jennequin

Rémi Jennequin est un étudiant en 2ème année de direction photo à la Fémis en France. Il était venu au Togo en février 2008 dans le cadre d’un chantier international organisé par les associations Solidarités Jeunesses (France) et Fagad (Togo) dans la région des plateaux à Adéta, au Togo. Dans le but initial d’assurer des cours pour pallier au manque d’enseignants, les séances scolaires se transformeront en véritable initiation à l’art cinématographique. De ceci naîtra 2 documentaires. Il nous en fait le résumé et nous dit comment il a réalisé ce projet.

Pouvez-vous nous décrire vos documentaires ?
Il s’agit de deux films documentaires :
Mon beau village
Yvonne et Claudine vont à l’école, Jean-Marc joue au basket, Kafui et Maurice se baladent dans le marché du village, et Koffi aide sa mère à la maison. Le film suit la journée de ces 6 enfants dans leur « Beau village » : Adétà. Leurs routes se croisent et présentent au spectateur un portrait personnel et sincère de l’adolescence aujourd’hui dans le milieu rural togolais. La société togolaise est montrée du point de vue de ces enfants qui parlent, avec un grand naturel, des petits tracas et bonheurs qui font leur quotidien.

Rêves d’Afrique
Espoir veut être gérant de cyber, Clémence, secrétaire. Koffi, lui, veut être électricien, Sandra, institutrice et Raïssa, docteur. Sous l’arbre à palabre, chacun s’endort pour vivre son rêve. Le spectateur est promené à travers les rêves de ces adolescents, appréhendant dans la sincérité et l’humour, leur vision de leur futur métier. Enfin, dans une orientation plus pédagogique, le film confronte le rêve et la réalité en présentant une série d’interviews menées par les enfants eux-mêmes sur des adultes du village qui exercent leur futur métier.

Comment êtes-vous arrivés à réaliser ces deux films avec des enfants qui ne savaient au départ presque rien du cinéma ?

Pour ces deux films, le principe a été le même. Mes questions étaient semblables : « Que voulez-vous filmer ? Que voulez-vous montrer ? Quel métier vous voulez exercer plus tard ? »
Les enfants m’apportaient des idées d’histoires ou de choses à filmer et je travaillais avec eux pour rendre ces idées beaucoup plus intéressantes et attrayantes pour un spectateur.
Pratiquement, il y a toujours eu une phase d’apprentissage technique, sur l’utilisation de la caméra, du pied, du clap, etc. Ainsi, les enfants par un système de roulement, sont tous passés à leur tour, au poste de réalisateur (où place-t-on la caméra ?), caméraman, assistant pour le trépied, clapman… Après cette phase, nous passions à l’écriture et enfin, au tournage.
C’est pour cela que je dis tout le temps que c’est LEUR film, pas le mien : « Une réalisation de (les enfants) SOUS L’ŒIL DE REMI JENNEQUIN ». C’est la phrase que j’ai mis dans le générique des deux films parce que je trouve qu’elle définie bien mon action avec les enfants.
Pour les deux films, j’ai fait le montage moi-même sur place de manière à pouvoir faire une projection publique dans les deux villages (Hihéatro et Adétà).
Propos recueillis par Sitou Ayité

Interview
Do Kokou : « Il y a une demande urgente d’éducation des jeunes à la culture cinématographique »

Le réalisateur Jacques Do Kokou, un des doyens du cinéma Togolais, a accepté de nous faire part dans ce numéro de ses activités, de ses projets et relève les nombreux obstacles sur le chemin du développement du 7ème art dans notre pays. Lisez plutôt.

Depuis quelques années la Caravane du Cinéma sillonne les villes et villages du Togo. Quel bilan faites-vous à ce jour ?

Le bilan de la Caravane du Cinéma est positif. Les gens que nous rencontrons les soirs au cours de nos tournées, qui viennent partager avec nous ces instants de culture et d’ouverture sur le monde ont besoin des images que nous leurs apportons. Ces séances de cinéma contribuent quelque peu à l’éducation des populations.
Chaque jour, le nombre de spectateurs augmente. Ainsi, sommes-nous passés de 100 ou 200 à 500, voire 1000 spectateurs suivant les localités. C’est souvent avec beaucoup tristesse que nous les abandonnons après les projections de films.

Comment expliquer cet engouement ?

La Caravane du Cinéma permet d’égayer les populations, d’autant plus qu’au-delà des films programmés, nous filmons à l’arrivée ces populations sans distinction et leur proposons leurs propres images au cours de la soirée. Leurs réactions nous confirment davantage dans notre conviction que les populations sont avides de voir leurs propres images à l’écran.
Dorénavant, nous voulons passer plus de temps avec les villageois, vivre avec eux, partager leurs difficultés et les amener à participer à des tournages.

Vous rencontrez sans doute des difficultés…

En effet, nous rencontrons beaucoup de difficultés dans l’organisation de la Caravane du Cinéma. D’abord, c’est le manque de soutien. Nous avons plus ou moins le soutien des autorités locales (préfets, chef cantons, etc.).
La difficulté se situe surtout au niveau de Lomé où nous travaillons avec le ministère de la communication et de la culture. Malheureusement, les autorités chargées du secteur du cinéma ne voient pas l’utilité de ce que nous faisons.
Il se pose également le problème de matériel.

Quel est l’état de vos matériels de projection ?

Le matériel avec lequel nous avons commencé est déjà amorti en raison des conditions difficiles dans lesquelles nous les utilisons : problèmes d’humidité, problèmes de poussière, problèmes de transport à cause de l’état piteux des routes et pistes rurales, problèmes de lampe de projecteur qui grillent souvent mais qu’il faut changer régulièrement en dépit de leur coût élevé.

Quel bilan faites-vous des Rencontres du Cinéma et de la Télévision de Lomé (RECITEL) ?

Chaque année depuis 2006, les RECITEL s’efforcent d’apporter leur pierre à la formation des jeunes talents ou aspirant dans le domaine du 7ème art. L’initiative de plus en plus appréciée, fait son chemin. Malheureusement, il y a des obstacles sur le chemin.

Quels sont ces obstacles ?

Les obstacles sont nombreux. D’une part, je ne vois pas parmi les jeunes, quelqu’un qui se soit véritablement positionné. Les jeunes pensent qu’en une semaine de formation, ils sont déjà compétents…
D’autre part, nous rencontrons des difficultés avec les autorités chargées de ce secteur. Par exemple, comment peut-on comprendre que l’an dernier, le directeur national de la cinématographie, à qui j’ai présenté tout mon dossier, puisse organiser ou abriter au même moment que les RECITEL, la tenue d’une autre manifestation sur le cinéma italien. On n’a pas besoin de disperser nos énergies comme cela, ou d’évoluer chacun de son côté. J’ai dû suspendre la programmation des RECITEL auprès des centres culturels partenaires pour me contenter de mes interventions programmées dans certaines écoles de la capitale.
Par ailleurs, le rôle du directeur du cinéma n’est pas de monter les gens contre les autres, ni de demander à savoir combien je gagne, non…

Que retenez-vous de l’expérience des RECITEL dans les écoles ?

En raison des difficultés que je viens de souligner, en 2009, nous sommes allés plutôt vers les écoles. Le constat est alarmant : il y a une demande urgente d’éducation des jeunes à la culture cinématographique. Les questions des collégiens en sont la preuve : « dans un film, quand on tue les gens, quand on brûle les voitures, quand on fait l’amour, etc., est-ce que c’est vrai ?
Cette année, nous allons donc réitérer l’expérience dans les écoles, cette fois en élargissant le champ d’intervention. Nous pensons que c’est-là qu’il faut commencer l’éducation au cinéma.

Propos recueillis par Charles Ayetan

Le cinéma africain célèbre les femmes

Les premières « Journées cinématographiques de la femme africaine de l’image » viennent de se tenir du 2 au 7 mars dernier à Ouagadougou. L’équipe du FESPACO dirigée par Michel Ouedraogo a réuni les réalisatrices, actrices et techniciennes pour 6 jours de projections, de réflexions, de panels et d’ateliers permettant à chacune de réfléchir à sa pratique et d’échanger avec ses consœurs du continent. Le Centre Burkinabé de Conférences accueillant des colloques d’une excellente tenue, alimentés par des conférences d’universitaires et de professionnelles du cinéma.
Etaient sélectionnées des oeuvres de tout le continent. A tout seigneur, tout honneur, le Burkina Faso, à l’origine de cette grande première sur le continent, présentait 13 œuvres, toutes catégories confondues (Fictions LM et CM, documentaires et séries TV), le Cameroun, la Côte d’Ivoire et la Tunisie, chacun trois, le Gabon, deux et l’Algérie, le Bénin, le Congo Brazzaville, l’Egypte, le Mali, le Maroc, le Sénégal et le Togo (Ordination chez les Mami de Christine des Touggourt) chacun une œuvre. Précisons enfin que pour élargir le débat, cinq films indiens et un film japonais (retraçant la lutte des femmes japonaises pour parvenir à l’égalité) étaient proposés au public, l’ambition avouée de ces JCFA étant de créer des liens avec les festivals de films de femmes dans le monde. Un atmosphère particulièrement conviviale régnait, d’autant qu’aucun titre n’était en jeu, les réalisatrices recevant chacune une statuette de bronze, une « Saraaouina » (du nom des reines du Niger dont l’une d’entre elles, la Saraouina Mangou s’opposa avec héroïsme à la tristement célèbre colonne Voulet-Chanoine) lors de la cérémonie de clôture à Koudougou, ville désignée pour les cérémonies officielles du 8 mars 2010, Journée internationale de la femme.
Nombre de films étaient accompagnés et présentés par leur réalisatrice ou l’une de leurs comédiennes, madame Bina Paul représentant quant à elle le festival de Kéréla en Inde.
La manifestation s’est terminée le 7 mars au Théâtre de l’Amitié de Koudougou et l’ensemble des festivaliers s’est retrouvé le lendemain dans cette même ville pour participer aux cérémonies officielles et fêter dignement le 8 mars.
Quel bilan tirer de ces premières JCFA? Tout d’abord il faut en souligner la réussite dont le mérite revient à l’équipe organisatrice qui a vraiment voulu offrir aux femmes africaines de l’image un cadre dans lequel s’exprimer, vingt ans après la création de la Fédération africaine des femmes cinéastes ce premier festival du cinéma au féminin a permis de faire le point, en outre les thèmes abordés dans les panels et ateliers (« 15 ans après Beijing : quelle contribution de la femme de l’image? », « Monter et budgétiser un projet documentaire : du scénario à la recherche du financement », « Direction d’acteurs », « L’actrice face à la caméra »… ) a permis de donner une réelle visibilité aux cinémas d’Afrique au féminin et tous et toutes souhaitent se retrouver en 2012 pour les Deuxièmes Journées Cinématographiques de la Femme Africaine de l’Image.
Anne Marie Poucet

Citation du mois
« S’exprimer par l’image a toujours plus de prix que s’exprimer par les mots. »René Clair

Lisez et faites lire Caméra, le bulletin cinématographique qui « scrute tout » pour vous !

Annonces
Le bulletin Caméra propose ses colonnes pour vos annonces et publicités.

Votre bulletin est en ligne
http://www.cameratogo.wordpress.com

Caméra, n°007

février 23, 2010

Caméra
Bulletin cinématographique
de l’Association des Journalistes Critiques Cinématographiques du Togo (AJCC-Togo),
enregistrée sous le N°5005, le 30 août 2007 au Ministère de l’Administration Territoriale.

N°007 Du 15 février au 15 mars 2010

Editorial
Le cinéma s’affirme davantage dans l’agenda culturel

Du cinéma et davantage de cinéma dans les centres culturels allemand, français et togolais. Sans oublier la caravane du cinéma qui poursuit sa tournée dans les recoins de notre pays.
Sans doute une volonté des promoteurs culturels de satisfaire l’appétit du public cinéphile ! Peut-être un signe pour que les décideurs et promoteurs culturels de notre pays accordent un plus grand intérêt à la promotion du cinéma national, un cinéma toujours en gestation.
Un projet sous régional de film, la série Les concessions avec l’appui de l’Union Européenne, est bientôt en phase de tournage.
Le Togo y participe certes, mais beaucoup de chemin reste à parcourir !
Pour l’heure, exerçons-nous au cinéma par la consommation de l’œuvre filmique à travers l’agenda cinématographique local.
La protection de l’environnement se mêle à la danse, et saisit la baguette du cinéma pour renforcer sa lutte : le Festival de Film sur le Climat récemment organisé à Lomé par l’association « Jeunes Verts Togo » en est l’incarnation.
Des festivals internationaux : La Berlinale est en cours du 11 au 21 février et bientôt, le 63e Festival de Cannes du 12 au 23 mai prochain.

La Rédaction

Un Festival de Film sur le Climat à Lomé pour protéger l’environnement

Du 11 au 16 février dernier a eu lieu à Lomé la première édition d’un festival dénommé Festival de Film sur le Climat (FESFICLIM) sur le thème : « Urgence Climat : Quelles alternatives pour la planète ? ». Organisé par l’association « Jeunes Verts Togo », ce festival a été lancé au Centre culturel allemand (Goethe-Institut) de Lomé le 11 février en présence du directeur de cet institut, M. Torsten Oertel, et du représentant du ministre de l’Environnement et des Ressources Forestières, M. Kadjévi Kodjo Etsè.
Le FESFICLIM 2010 a réuni des participants venus du Bénin, de Belgique, du Burkina Faso, de France, du Tchad et du Togo.
Selon le président de « Jeunes Verts Togo », M. Joseph Dogbévi, ce festival vise à éveiller une prise de conscience générale sur les enjeux et défis environnementaux et en particulier à renforcer le combat contre l’émission des gaz à effet de serre.
Le film d’ouverture du festival intitulé « Home » a été projeté au public ayant fait le déplacement du Centre culturel allemand de Lomé.
Entre autres films programmés, il faut retenir : Biens communs, l’assaut final, Le cauchemar de Darwin et Une vérité qui dérange.
Le FESFICLIM 2010 a pris fin avec la projection du film « Le Jour d’après » au Lycée du 2 Février à Lomé.
En dehors des projections de films, une exposition d’œuvres d’art est organisée dans les locaux du Goethe-Institut à partir de plusieurs tableaux réalisés par trois artistes plasticiens togolais : Kossi dogbévi, Kodjovi Jocley Tessi et Kossi Pascal Ahiousou.
Par ailleurs, diverses conférences ont été organisées sur les thèmes « Urgence climatique et sécurité alimentaire », « Quels comportements eco-citoyen pour la sauvegarde de la planète ? », « Les financements alternatifs (taxe carbone), réalités ou mythe ? » et « le rôle de la femme dans la protection de l’environnement ».
« Jeunes Verts Togo » est une association qui vise à produire et communiquer l’information au public sur les questions environnementales, à promouvoir l’équité intra et intergénérationnelle, à renforcer les capacités des diverses couches de la population en matière de prise de décision durable.

Charles Ayetan

« Les concessions » démarrent !

Initié par le studio école « Le Bourgou » implanté dans le Centre National de la Cinématographie du Mali, le projet de série Les concessions est arrivé à une étape décisive de son histoire.
En effet, c’est depuis 2008 que l’aventure a commencé : créer une série télévisée par et pour les Africains et convaincre les partenaires de la sous région de participer au projet. Plutôt un défi qu’un simple désir d’enrichir les programmes télés, le studio école « Le Bourgou » tient sa promesse et le bilan est satisfaisant après 4 sessions d’atelier d’écriture intensives avec un expert du Centre International de Formation Audiovisuelle (Cifap), M. Bernard Schira. Déjà, 20 épisodes de cette série sont prêts à être tournés.
La particularité d’une telle série est de proposer au spectateur africain, presque totalement conquis par les télénovelas, des images de chez lui d’une manière authentiquement efficace et plus attractive. Durant les ateliers, l’accent a été mis sur la dramaturgie, point souvent négligé dans le cinéma africain selon les mots du formateur.
Le 1er stage accueillait 14 stagiaires dont 7 du Mali, 4 du Burkina Faso, 2 du Niger et 1 du Togo. Au final, 4 stagiaires étaient retenus pour poursuivre le projet.
Le projet Les concessions qui a reçu le soutien de l’Union européenne est une série d’une cinquantaine d’épisodes qui peint la vie familiale dans une concession avec ses défis, ses joies et ses peines.
Sitou Ayité
Envoyée spéciale

Cycles cinématographiques au Centre Culturel Français de Lomé

Ces dernières années, le Togo est témoin d’un engouement de plus en plus croissant pour le cinéma. Un exemple en est la longue série de projections de films programmés par cycles au Centre Culturel Français (CCF) de Lomé. Votre bulletin Caméra se propose de vous faire découvrir cet agenda cinématographique du CCF.
Du 16 février au 12 mars prochain, le public cinéphile de Lomé peut visionner au Centre Culturel Français, une douzaine de films de Eric Rohmer, Francis Veber, Dany Boon, Alain Berberian, Thomas Gilou et Sembène Ousmane.
Cycle de Eric Rohmer
Le cycle de Eric Rohmer avec les films Ma nuit chez Maud (1969 – 110 mn), Pauline à la plage (1983 – 94 mn) et L’anglaise et le duc (2001 – 125 mn) qui seront respectivement projetés le mardi 16 Février (13h / 18h30), le mercredi 17 Février (13h / 18h30) et le jeudi 18 et vendredi 19 Février (13h).
Un cycle comique français
Un cycle comique français est proposé à travers Le dîner de cons de Francis Veber (1998 – 80 mn, mardi 23 février – 13h), Bienvenu chez les ch’tis de Dany Boon (2008-100 mn, mercredi 24 février – 13h / 18h30), Le boulet d’Alain Berberian (2002 – 107 mn, jeudi 25 février – 13h / 18h30) et La vérité si je mens de Thomas Gilou (997 – 100 mn, vendredi 26 février – 13h / 18h30).
Cycle Sembène Ousmane
Avec le cycle Sembène Ousmane, s’ouvre le mois de mars : Le Mandat (1968 – 108 mn, mardi 2, mercredi 3 – 13h et 18h30 / mercredi 4 – 15h / jeudi 4, vendredi 5 et Samedi 6 – 13h), Camp de Thiaroye coréalisé par Sembène Ousmane et Thierno Faty Sow (1988 – 148 mn, mardi 9 mars – 13h / 18h30), Emitaï (1971 – , mercredi 10 Mars – 13h), Xala (1974 -, jeudi 11 Mars – 13h / 18h30) et Mooladé (2005 – 120 mn, vendredi 12 mars – 13h / 18h30).
Avis aux cinéphiles ! Ils ont suffisamment de quoi nourrir leur appétit filmique.

Charles Ayetan

Une médaille de l’ordre national pour Clément Tapsoba

Notre confrère et aîné burkinabé Clément Tapsoba a reçu une distinction le 9 décembre 2009 pour « bons et loyaux services rendus à la Nation burkinabé ». Il s’agit d’une médaille de l’Ordre National avec mention « Journalisme et Culture » !
Ancien président de la Fédération Africaine de Critique Cinématographique (FACC), Clément Tapsoba a contribué à l’enrichissement de la culture à travers entre autres ses nombreuses publications d’articles et de livres.
La Rédaction de Camera et l’Association des Journalistes Critiques Cinématographiques du Togo (AJCC-Togo) lui adresse ses félicitations.

Journées Cinématographiques à Ouaga
Du 03 au 07 mars 2010 à Ouagadougou se tiendra la première édition des Journées cinématographiques de la femme africaine de l’image. Initiée par l’équipe actuelle du FESPACO, ces Journées cinématographiques seront désormais organisé entre deux éditions de ce festival qui se tient tous les deux années impaires.

Annonces/Publicités

Le bulletin Caméra propose ses colonnes pour vos annonces et publicités.
Infoline : + 228 927 58 25
E-mail: ajcc_togo@yahoo.fr

Lisez et faites lire Caméra, le bulletin cinématographique qui « scrute tout » pour vous !

Citation du mois
« Si le roman s’affaiblit d’année en année, si la peinture a renoncé à la fiction, c’est peut-être parce qu’aucune fiction n’est rivale de celle du cinéma. » André Malraux

Bulletin Caméra N°006

janvier 22, 2010

Editorial

Le cinéma au Togo : Le défi de formation

Les professionnels du secteur cinématographique de notre pays sont-ils qualifiés dans leurs différents secteurs ou spécialités ? Cette question, on ne cessera de la poser tant que le 7ème art de notre pays ne sortira pas de sa coquille d’œuf dur à éclore.
Toute charité bien ordonnée commençant par soi-même, les journalistes critiques de cinéma du Togo sont-ils bien formés ? Non sans doute, mais suffisamment pour décrypter, du moins pour constater que le secteur du cinéma de son pays va mal.
De toute façon, s’ils ont besoin d’écrire sur le cinéma togolais, l’exercice de leur profession n’est pas limité par l’existence d’une industrie cinématographique togolaise. De plus, pour que naisse cette industrie les critiques savent quelque peu leur rôle : visionner des films, les analyser, écrire, dire, apprécier, dénoncer et suggérer pour que se développe ce secteur dans notre pays et au-delà de ses frontières.
Mais « il est surprenant de voir un responsable incapable de tenir une discussion pragmatique sur les problèmes de son secteur afin de trouver des solutions appropriées », constate Sitou Ayité dans son article « Quel avenir pour le cinéma togolais ? ».
Le scénariste, le réalisateur, les comédiens et techniciens du 7ème art, les responsables des services et structures du cinéma sont-ils formés à l’exercice de leur profession ? Tout au moins, sont ils suffisamment informés pour tenir leur rôle ? Difficile de répondre « oui ». Sinon que font-ils chacun de son côté ou collectivement pour changer cette situation ?
Il est temps que les hommes et femmes du secteur cinématographique togolais se forment. Mais déjà qu’ils commencent par s’informer sur le cinéma, les festivals, leurs métiers, etc. Le N°006 de Caméra, vous prose de lire entre autres « La leçon de scénario de Guillermo Arriaga » proposé par Charles Ayetan.
Que l’année 2010 soit fructueuse, parce que riche de résolutions et d’actions en faveur du cinéma.

La Rédaction

L’Algérie, son cinéma et moi, de Larbi Benchiha
Une fenêtre ouverte sur les films qui ont fait la fierté de l’Afrique

Documentaire de 52 minutes, L’Algérie, son cinéma et moi est un film autobiographique de Larbi Benchiha qui retrace les péripéties d’un cinéma, celui de son pays l’Algérie, à travers les étapes d’une vie humaine, celle du réalisateur. Ce film a été projeté au public de Besançon parmi lequel une forte diaspora algérienne à l’occasion du 9ème festival Lumières d’Afrique en novembre dernier en présence du réalisateur.
Le film se déroule dans un environnement intime composé de sa famille, son enfance, ses études et ses vacances ; tout ceci en lien avec le cinéma. « L’Algérie m’a toujours été racontée par le cinéma », confie-t-il. Malheureusement, « le cinéma algérien n’est plus ce qu’il était, il est en dessous des années 70 » regrette un jeune algérien interrogé par le réalisateur. Un autre demande : « pourquoi veux-tu que j’aille au cinéma ? » pendant qu’on peut voir des films à la maison et que des antennes paraboliques pullulent dans les villes d’Algérie, et dans les autres pays africains.
« Ce film nous conduit de la capitale Alger à l’Oranie, précisément à « Sidi-Dahou des Zairs », le village natal du réalisateur : « C’est-là que pendant la guerre j’ai découvert l’école et le cinéma ». Des films de Charly Chaplin parmi lesquels L’Emigrant, et d’autres films de son époque étaient ainsi projetés sur un portail rouge dans ce village qui a donné et vu grandir un réalisateur, un professionnel de l’image.
Le réalisateur Benchiha, actuellement journaliste à France Télévision (France 3 Rennes), use de plans serrés en filmant les personnages de son film, mais aussi et surtout de plans larges couplés parfois de contre-plongée pour montrer l’abondance des antennes paraboliques qui inondent les toits des maisons sans pouvoir mettre de côté l’état de délabrement des habitations.
Simple mais original, ce documentaire permet au spectateur de vivre ou de revivre un nombre considérable de « films qui ont fait la fierté des algériens », de l’Afrique. L’Algérie, son cinéma et moi fait renaître en effet des cinéastes, des acteurs, des techniciens et autres professionnels du cinéma algérien.
A titre indicatif, mais non exhaustif, on y voit des extraits des films Youcef (1990), de Mohamed Chouikh, El Manara, de Belkacem Hadjadj (2004), Elise et la vraie vie, de Michel Drach (1970), Rachida, de Yamina Bachir-Chouikh, Le démon au féminin, Hafsa Koudil-Zinai, L’opium et le bâton, de Ahmed Rachdi, Omar Gatlato (976) et Bab El Oued City (1994) de Merzak Allouache, Il patrouille à l’Est, de Amar Laskri, Le vent des Aurès et Chronique des années de braise de Mohammed Lakhdar Hamina, etc.
« L’ancien n’a pas encore tout à fait disparu et le nouveau n’est pas encore venu », conclut le film.

Charles Ayetan

Quel avenir pour le cinéma togolais ?

Il semble que le cinéma togolais n’est pas fait pour évoluer.
Il serait inadéquat de dire que le Togo manque de structures pour relancer son cinéma parce que s’il s’agit d’un ministère de la culture, il existe et reste fonctionnel même s’il est souvent en souffrance auprès des autres ministères.
Il existe une direction nationale de la cinématographie avec son personnel. Il existe également un bureau togolais des droits d’auteur actif. Plus encore ! un Fonds de Garantie des Industries Culturelles en faveur des entreprises culturelles de l’Afrique de l’Ouest, quoiqu’il ait besoin d’être dynamisé pour être suffisamment fonctionnel. Mais hélas ! Aucune production cinématographique valable ne représente 6 millions d’habitants togolais depuis plus d’une décennie à l’échelle internationale. La honte est frustrante. Il est temps de se poser les vraies questions pour avoir de vraies réponses.
Une de ces questions est celle-ci : quels sont les problèmes du cinéma togolais aujourd’hui ?
Jeu de ping-pong
Le premier cas de figure est le manque d’information et de formation. La terrible erreur commise jusqu’à ce jour est d’avoir dirigé dans l’immédiat ces deux lacunes vers les réalisateurs qui ne sont pas moins coupables. Mais il est aberrant de constater que les responsables des postes précités sont encore moins informés et formés que les réalisateurs dans le domaine. A la limite, le proverbe « c’est en forgeant qu’on devient forgeron » peut régler cette impéritie mais il n’en est rien. Chacune des deux parties accuse l’autre de la même tare qu’elles ont en commun et dont elles se complaisent. Il est surprenant de voir un responsable incapable de tenir une discussion pragmatique sur les problèmes de son secteur afin de trouver des solutions appropriées, ou pire encore de méconnaître son rôle dans le domaine. Il est vrai que le linge sale ne se lave pas en public mais lorsque le public vient voir le linge sale, l’effet contraire fait plus tâche d’huile. Il est temps de sortir de cette passivité et de faire partir de ce village planétaire.
Le second cas de figure que personne ne veut oser dire sous peine de rentrer en débat politique concerne le réalisateur qui attend que l’homme politique avec qui il a des affinités soit élu ministre de la culture pour bénéficier des avantages de financement et de formation. Dans ce cas de figure, tous les coups sont permis : les autres confrères seront lésés parce que l’information leur a été cachée. Et, comme si cela ne suffisait pas, le ministre élu de la culture décide selon qu’il y a ou non un quelconque atome crochu avec son prédécesseur ; si oui, quel que soit le projet présenté, aussi intéressant soit-il, il se retrouve à la poubelle. A quand donc une vraie politique culturelle ?
Un système fictif de clan, de politique ou d’ambition, mine le cinéma togolais et le détruit de l’intérieur. Pour preuve, à chaque fois qu’il y a un semblant d’amélioration, il y a une reconstitution politique et tout le travail est à refaire. Les exemples sont palpables : une belle initiative de « prix de l’indépendance » pour encourager les jeunes artistes dans tous les domaines culturels meurt après que le ministre qui l’ait portée ait fait son temps. Même scénario pour le projet de répertoire des artistes du cinéma togolais. L’argent collecté par les maisons de productions, les réalisateurs indépendants et même l’Association des Journalistes Critiques Cinématographiques du Togo pour figurer dans le soi-disant répertoire n’a plus eu d’écho jusqu’à ce jour. Où est-il allé, cet argent ? Le ministre remplaçant n’est-il pas au courant de cette initiative que son prédécesseur a portée ? Jusqu’à quand les esquisses seront-elles avortées ? Jusqu’à quand le cinéma togolais conservera t-il cette évolution éparse, si l’on peut le qualifier d’évolution ? Les colosses se battent depuis des années, et l’herbe (le cinéma togolais) en souffre !
Le prochain menu
S’il faut faire et défaire le cinéma soi-même une autre vraie question est de savoir s’il y a vraiment un avenir dans le cinéma au Togo ?
Au seuil de cette nouvelle année où tout se bouscule pour l’élection présidentielle du 28 février 2010, quel « délicieux » repas sera encore concocté pour la culture, notamment le cinéma ? On pourrait le deviner à force d’habitude ; mais osons le classer dans le dossier «affaire à suivre»…

Sitou Ayité

La leçon de scénario de Guillermo Arriaga

Le célèbre scénariste mexicain Guillermo Arriaga a donné une leçon de scénario au 29ème Festival International du Film d’Amiens. Auteur du scénario des films Amours chiennes (2000), 21 grammes (2003), Trois enterrements (2005) et Babel (2006), Arriaga a littéralement (et plus littérairement) accroché pendant 1h45mn le public de professionnels, de cinéphiles et de festivaliers d’Amiens en novembre denier. Pendant ledit festival, il a été honoré par le trophée « Licorne d’or » à titre de « Mémoire vivante » du cinéma.
Avec une intelligence de raconteur d’histoires, l’écrivain et scénariste Arriaga ne s’est pas contenté de faire de la littérature ; au contraire, il a versé dans la pratique par la mise en scène de ses histoires concoctées à chaud grâce à une imagination riche et originale. N’est-ce pas là même, les qualités d’un bon scénariste, un professionnel appelé à écrire l’image des films à réaliser ?
Construire une histoire
Demandez à Guillermo Arriaga « Comment construire une histoire ? », il vous dira qu’il faut avoir une imagination riche, rechercher l’originalité et avoir « une rigueur dans l’écriture ». Du scénario au film en passant par la mise en scène, il faut surtout tenir en haleine le spectateur.
Ses sources d’inspiration les plus fortes proviennent du vécu quotidien, mais aussi de ses lectures. Des auteurs comme Shakespeare, Faulkner, figurent parmi ses références.
Pendant sa leçon, Arriaga a raconté l’histoire vraie d’une de ses jeunes étudiantes pendant qu’il était professeur d’université : en une semaine cette étudiante a appris la mort du meilleur ami de son frère tué de trois balles dans la tête, vu son petit ami revenir le visage en sang et, elle-même a été agressée par un costaud sur le parking de l’université, incident au cours duquel son oreille a été arrachée par l’agresseur. « Ce genre de situation montre le vrai caractère d’un personnage », conclut le scénariste mexicain pour qui, « le caractère ne correspond toujours pas à la personnalité ».
Créer ses personnages
Il faut questionner les personnages avec rigueur, l’attaquer, et l’erreur est de garder l’idée première : « Quand on construit un personnage, il faut toujours se poser des questions et explorer la créativité des différents points de vue », a-t-il indiqué. Pour lui, il ne faut pas narrer les histoires de façon linéaire ou chronologique, mais choisir d’aller d’un sens à l’autre entre le futur, le passé et le présent.
« Pourquoi les scénaristes sont-ils considérés comme des écrivains mineurs ? », s’interroge Arriaga qui pense que « ce n’est pas juste que le réalisateur soit considéré comme seul auteur du film, même s’il est à la fois scénariste et réalisateur ».
De l’art à la vie
Auteur de plusieurs romans tels que Le bison de la nuit, Guillermo Arriaga déclare avoir écrit déjà à 15 ans, une pièce de théâtre sur un homme qui allait être exécuté.
Il s’inscrit en faux contre l’adage selon lequel « le roman est un passe-temps bourgeois » et affirme que « le livre ouvre des portes au lecteur ». Selon lui, « l’art sert à expliquer sa propre vie », et « puisque l’art permet de poser des questions, il peut apporter des changements » dans la vie.
De toute façon, « le cinéma est un art encore jeune qui cherche encore à se construire

Charles Ayetan

Citation du mois

« La question de l’art du cinéma sera résolue quand le cinéma aura su, par ses propres moyens d’expression, créer ses propres « Idiot », ses propres « Don Juan ». » Gabriel Audisio

Lisez et faites lire Caméra, le bulletin cinématographique qui « scrute tout » pour vous !

Annonces et Publicités

Le bulletin Caméra propose ses colonnes pour vos annonces et publicités.

Infoline : + 228 927 58 25
E-mail: ajcc_togo@yahoo.fr

Bulletin cinématographique Caméra N°005

décembre 29, 2009

Caméra
Bulletin cinématographique
de l’Association des Journalistes Critiques Cinématographiques du Togo (AJCC-Togo),
enregistrée sous le N°5005, le 30 août 2007 au Ministère de l’Administration Territoriale.

Année 1, N°005, Du 15 décembre 2009 au 15 janvier 2010

Editorial
Festivals de cinéma au Togo : quel avenir ?

Le 5ème Festival International du Film Vidéo de Lomé (FIFIVIL) est annoncé pour bientôt. Trois autres festivals répondent au rendez-vous annuel malgré toutes les difficultés. Il s’agit des 4èmes Rencontres du Cinéma et de la Télévision de Lomé (RECITEL) du 22 au 25 novembre, du 3ème Festival International du Film des Droits de l’Homme (FIFDH) tenu du 25 au 30 novembre et du Festival de Film Documentaire Togolais (FESDOCTO) du 20 au 23 octobre, encore à ses débuts.
Le problème majeur : manque de sponsor. Malgré ces difficultés, les responsables de ces festivals essaient de tenir le pari des éditions successives. La clef d’un tel pari est sans contexte leur passion et leur aptitude à innover, mais aussi et surtout leur capacité à adapter les moyens disponibles aux activités retenues dans l’agenda desdites manifestations cinématographiques.
Le Togo est un petit pays, mais riche de potentialités. Les organisateurs et promoteurs culturels en sont-ils conscients ? Se concertent-ils dans le sens de l’amélioration de leurs activités, de leurs prestations ? Quelle est la contribution du gouvernement dans la réalisation de ces événements cinématographiques ?
D’un côté comme de l’autre, ces interrogations méritent réflexion et action.
Dans tous les cas, le cinéma mérite plus d’attention dans notre pays, car le développement d’une industrie cinématographique contribuerait à favoriser l’expression de la culture togolaise au Togo et à l’étranger.
Charles Ayetan

Graines que la mer emporte, de El Hadji Samba Sarr
L’autre façade de l’immigration

La question de l’immigration clandestine inspire de plus en plus de professionnels du cinéma et de l’audiovisuel. Tel est le cas du film Graines que la mer emporte du jeune réalisateur sénégalais El Hadji Samba Sarr qui a remporté le Prix du Documentaire au dernier Festival International du Film d’Afrique (FIFAI) qui a eu lieu du 26 septembre au 4 octobre 2009.
Ce documentaire de 56 minutes aborde le sujet sous un angle peu connu : l’immigration clandestine d’enfants vers l’Espagne.
En effet, le film déroule la trame du rêve de plusieurs enfants qui abandonne maison et famille, avec l’illusion d’aller travailler en Europe malgré le sort tragique que leur réserve d’une part la mer, et d’autre part les autorités des pays rêvés. Ainsi, ceux qui parviennent à franchir l’hostilité de la mer, passent leur séjour dans des centres de détentions pour mineurs immigrés.
Dans sa note d’intention, le scénariste/réalisateur confie : « L’histoire est d’autant plus tragique qu’elle est racontée par des images prises sur le vif. Ainsi, je veux montrer leur innocence et leur désarroi devant un monde dont la règle les dépasse. En plus, je mets le doigt sur le dilemme des enfants devenus majeurs, partagés entre les centres d’accueil et la tentation de se débrouiller ».
Lauréat du Prix du Documentaire au FIFAI 2009 à l’Ile de la Réunion et du Prix du Meilleur Film Documentaire au Festival Image et Vie 2008 (Sénégal), Graines que la mer emporte est diffusé sur CFI (2009) et a été également sélectionné par plusieurs festivals internationaux tels que FESPACO 2009, Ecrans Noirs 2009 (Cameroun), Docusur 2009 (Espagne), Tarifa 2009 (Espagne), Amiens 2008 (France) et Ojo Cojo 2008 (Espagne).
La rédaction
…………………..

Brèves

* Dix films documentaires courts métrages réalisés par de jeunes d’apprenants ont été projetés au public de Lomé le 4 décembre dernier. Cette projection a eu lieu au Centre culturel allemand.
Ces films sont les fruits d’un atelier de deux semaines organisé par le Centre culturel allemand et qui a réuni du 16 au 30 novembre une vingtaine de participants autour du film documentaire.
Ces films d’école traitent différents sujets relatifs à Lomé, mais surtout au quotidien des habitants de cette capitale des affaires.

* L’imprudence de Mokpokpo, un film réalisé par le jeune Togolais Augustin Kodjo Obympe a été projeté le 12 décembre au public cinéphile dans une salle de la Bourse du Travail à Lomé. Premier film d’une série de 12 épisodes, L’imprudence de Mokpokpo est un film aux effets spéciaux à la Bollywoodienne qui traite de la vie d’une jeune chrétienne.
…………………………

Hervé Moukoko « Je suis un friand de l’esthétique et veux donner un autre visage au cinéma » africain »

De nationalité camerounaise, le jeune Hervé Moukoko poursuit ses études cinématographiques à l’Ecole Internationale de Création Audiovisuelle et de Réalisation (EICAR) en France après l’Institut Supérieur des Métiers de l’Audiovisuel (ISMA). Il a accepté de nous confier les raisons de ce choix, ses motivations et ses ambitions.

Après des études cinématographiques à l’ISMA à Cotonou, vous avez pris le cap pour l’EICA en France. Est-ce à dire que les écoles de cinéma africaines sont incapables de propulser le cinéma du continent à l’échelle internationale ?

Si j’ai pris le cap pour EICAR, c’est parce que j’avais envie d’approfondir mes connaissances sur le plan technique (caméra, lumière, montage), élargir mes horizons, corser et améliorer mon style de réalisation.
Nos écoles de cinéma ne seront capables de propulser notre cinéma à l’échelle internationale qu’à partir du moment où le secteur sera assaini en fonction d’un personnel suffisamment qualifié.

Quelles différences faites vous entre les deux écoles ?

A EICAR, le programme est riche, bien huilé. Les cours sont beaucoup plus axés sur le pragmatisme et les étudiants sont engagés. Il y a comme une concurrence qui oblige à se surpasser. Du coup j’ai réalisé mes lacunes dans certaines matières. Au début, j’ai eu du mal à suivre le rythme, mais en l’espace de 6 mois, j’ai beaucoup mûri. Mais ce que je déplore, c’est l’absence d’une bibliothèque et le manque d’homogénéité au sein des étudiants.
Par contre à l’ISMA, il règne l’unité et la fraternité entre étudiants. Malheureusement, il n’y a pas les gens qu’il faut à la place qu’il faut. Je ne cesserai jamais de le dire. J’attire donc sur ce point l’attention du fondateur et PDG de cet institut, pour qui j’ai beaucoup d’estime et qui a eu l’ingéniosité de créer cette école.

Une école dans un pays d’Europe est-elle adaptée au cinéma africain ?

Les occidentaux sont dans une dimension qui n’a rien à voir avec notre cinéma. C’est plutôt le cinéma africain qui doit s’adapter à leurs écoles et venir apprendre à faire du vrai cinéma. Mais je tiens à préciser que ce problème se pose en Afrique noire, car le cinéma Maghrébin, commence par sortir la tête de l’eau. C’est dommage qu’on n’ait même pas un cinéaste africain qui nous serve de modèle.

Dans la liste de vos films d’école, vous avez la réputation de faire des films à caractère très occidental et divertissant, n’êtes vous donc pas touché par les problèmes de l’Afrique ?

(Sourire). On est tous profondément touché par les problèmes de l’Afrique. Et nos soient disant « doyens » réalisateurs africains y ont consacré la plupart de leurs œuvres : « du pur théâtre filmé ». Moi je ne suis pas dans le cinéma pour filmer les misères de l’Afrique. Franchement, s’en est assez. C’est cette image d’une Afrique sale, pauvre et sans lendemain que les occidentaux ont toujours de nous à cause de ce qu’on leur balance comme vidéos. Moi, je suis un friand de l’esthétique, je veux donner un autre visage au cinéma africain à travers des films spectaculaires, émouvants, dynamiques, intenses et rythmés. Je suis là pour faire du commercial, pour vendre mes œuvres à travers le monde, pour marcher sur le tapis rouge du festival de cannes.

Propos recueillis par Sitou Ayité

Critique
Delwende, lève toi et marche, de Yaméogo Pierre
L’accusée de sorcellerie

Généralement en Afrique subsaharienne, où la tradition est fortement enracinée, le décès d’un individu est lié à quelqu’un ou à quelque chose. Cette personne ou cette chose que les esprits divins doivent coûte que coûte dénicher afin que la dépouille puisse se reposer en paix.
Yaméogo Pierre, Burkinabé de nationalité, grand réalisateur de films dont « Delwende, lève toi et marche » a à travers ses bandes, stigmatisé avec véhémence le comportement de la société dont sont victimes les femmes quand il s’agit de résoudre les problèmes de sorcellerie.
C’est l’équation que doit résoudre Bougbila dans ce film dramatique de 90 minutes où sa mère Napoko est accusée de sorcellerie suite au décès d’un jeune du village.

Le silence complice

Le personnage de Bougbila s’est construit à petit coup par un acte ignoble qui devait normalement être à l’origine du mal du village : la mort abusive des jeunes dans leur village. Violé, ce personnage accepta de supporter de vivre sous le même toit avec le violeur, d’accepter malgré lui de rejoindre par force son fiancé. Mais on ne pourra jamais « cacher le feu sous la paille »
Bougbila arriva à dire non à cette honte, et a décidé de faire elle-même la loi quand elle a appris que sa mère a été accusée de sorcellerie et chassée de tous les villages même de celui de ses oncles maternels. Ce fut la « seule goutte qui déborda le vase ». Quel sort sera réservé à ce criminel odieux ? Bougbila pourra-t-elle rompre avec ce silence ?

Le mieux informé

Circulant toujours avec son poste radio, le fou du village, ignoré la plupart du temps, est resté l’homme le mieux informé du village. Le Réalisateur a fait de ce personnage un homme important en matière de renseignement et de conseil : la contre plongée utilisée par le cameraman est autant plus significative. Il n’a pas manqué de le mettre en valeur en braquant sur lui la camera toujours et toujours circulant avec son mégaphone.

Le cri d’alarme

Yaméogo, fidèle dans sa logique de révéler la vérité telle qu’elle est, donne cette facilité aux téléspectateurs de vivre la vraie vie des femmes de son pays, accusées de tout par leur société, ces femmes accueillies dans des centres de prise en charge. Ces centres peuvent renfermer plus de quatre mille femmes toutes du troisième âge qui s’attèlent à faire de petites activités afin de survivre.
En dehors de ces centres, il existe d’autres illégalement implantés partout dans la ville souvent dans les marchés. L’actrice Bougbila nous a poignardé avec des images choquantes au cours de sa recherche à Ouagadougou. Et montre en même temps le mépris qu’a la société envers les personnes accusées de sorcellerie et même envers leurs relations. Pourtant cette revendeuse refusa-t-elle de servir Bougbila après avoir appris qu’elle est une fille d’une sorcière !

Akondoh Bang’na

Citation du mois

« En Afrique, tout y est mais rien ne reste. » Souleymane Cissé, cinéaste

Annonces et Publicités
Le bulletin Caméra propose ses colonnes pour vos annonces et publicités.
Infoline : + 228 927 58 25
E-mail: ajcc_togo@yahoo.fr

Lisez et faites lire Caméra, le bulletin cinématographique qui « scrute tout » pour vous !

Joyeux Noël
et
Bonne Année 2010 !

Bullettin cinématographique Caméra N°004

décembre 29, 2009

Caméra
Bulletin cinématographique
de l’Association des Journalistes Critiques Cinématographiques du Togo (AJCC-Togo),
enregistrée sous le N°5005, le 30 août 2007 au Ministère de l’Administration Territoriale.

Année 1, N°004, Du 15 novembre au 15 décembre 2009

Editorial
Ascension des cinémas d’Afrique !
Les cinémas d’Afrique continuent leur ascension vers la qualité technique et artistique.
Les acteurs du 7ème art, notamment les réalisateurs et producteurs africains, sans oublier les comédiens et techniciens, continuent à démontrer leurs talents.
L’ascension fulgurante du jeune réalisateur Sud-Africain Oliver Hermanus pour son tout premier long métrage Shirley Adams au 29ème Festival International du Film d’Amiens (France) et le focus du cinéma algérien au dernier festival Lumières d’Afrique de Besançon (France) montrent la richesse plurielle des cinémas d’Afrique.
Les hommages posthumes rendus en Afrique et en Europe aux réalisateurs malien Adama Drabo et sénégalais Samba Félix Ndiaye respectivement décédés le 15 juillet et le 6 novembre 2009, l’hommage rendu au réalisateur Bissau-Guinéen Flora Gomes en sa présence à Amiens, de même que la qualité des films égyptiens, tunisiens, camerounais, sénégalais… en compétition à Besançon, Amiens et ailleurs témoignent des talents cinématographiques en Afrique. Ascension des cinémas d’Afrique ! Oui, mais où en est le Togo ?

La Rédaction

29ème Festival International du Film d’Amiens : Le réalisateur Sud-Africain Olivier Hermanus primé

Le Grand Prix du long métrage (Licorne d’Or) du 29ème Festival international du Film d’Amiens a été remporté par le réalisateur Sud-Africain Oliver Hermanus pour son film Shirley Adams (2009). La remise des prix officiels a eu lieu dans la soirée du 21 novembre au Grand Théâtre de la Maison de la Culture d’Amiens au terme de l’édition 2009 du ce festival international qui s’est déroulée du 13 au 22 novembre avec plus de trois cent soixante-dix films (370) courts et longs métrages, fictions et documentaires, présentés à plus de 66 000 spectateurs.

Il faut noter que douze (12) films longs métrages et sept (07) courts métrages étaient sélectionnés en compétition internationale. Plusieurs de ces films ont particulièrement retenu l’attention du jury international composé de Mahmoud Zemmouri, Président (réalisateur, Algérie), Sophie Goupil (productrice, France), Tella Kpomahou (actrice, Bénin), Paul Leduc (réalisateur, Mexique), Michel Demopoulos (critique de cinéma, Grèce).
Ainsi, divers autres prix ont été attribués : le Prix spécial du jury pour le long métrage Barking Water de Sterlin Harjo (États-Unis, 2009), le Prix d’interprétation féminine à Teresa Ruiz et Cassandra Ciangherotti pour le film Aller-Retour (Viaje redondo) de Gerardo Tort (Mexique, 2009), le Prix d’interprétation masculine à Nader Boussandel pour le film Les Barons de Nabil Ben Yadir (Belgique/France, 2009) et enfin le Grand Prix du court métrage à Waramutseho de Auguste Bernard Kouemo Yanghu (Cameroun, 2009).

Licorne d’or et Prix Signis

En plus du Grand Prix du long métrage (Licorne d’or) du 29ème Festival d’Amiens, Shirley Adams a remporté également le Prix Signis (Association catholique mondiale pour la communication). Le trophée du Prix Signis lui a été remis par Mgr Jean-Luc Bouilleret, évêque d’Amiens.

Un horizon d’espérance

D’une grande qualité artistique, ce premier long métrage de Oliver Hermanus traite des questions relatives à la pauvreté, à la solitude, au handicap, à la sexualité et à la fin de vie. Pour le Jury Signis,  » ce film exprime des sentiments forts avec une grande pudeur. Il montre que la solidarité ainsi que le pardon permettent une ouverture sur un horizon d’espérance.  »
Le Jury Signis a accordé une mention spéciale au film Les Barons réalisé par Nabil Ben Yadir qui  » dépeint avec une grande créativité visuelle le passage de l’adolescence à l’âge adulte « .
Une autre mention spéciale est accordée au court métrage Les Oreilles réalisé par Gilbert Tio Babena (Cameroun 2009) qui traite des relations de jeunesse, de la famille et de l’affection filiale.
Enfin, une mention d’honneur a été décernée à « Vivre Ensemble » produit par la société Les Poissons Volants. Cet ensemble de courts métrages hors compétition d’une qualité artistique certaine a été conçu dans le cadre de la lutte contre le racisme et pour promouvoir la richesse d’un partage fraternel entre les cultures.
Présidé par Louis Gaudart (Cannes, France), le Jury Signis au 29ème Festival international du film d’Amiens était composé de Christine Gréau (Amiens, France/Suisse), Samuel Petit (Paris-France), Charles Ayetan (Lomé-Togo) et Barbara Millucci (Rome-Italie).

Fonds d’Aide au Scénario

Quatre (04) bourses de 10.000 euros chacune du 14ème Fonds d’Aide au Développement du Scénario ont été accordées aux réalisateurs aux projets de films suivants : L’Ardeur de Pablo Fendrik (Argentine), Lucia de Ruben Sierra Salles (Vénézuela) – Bourse attribuée par le CNAC (Centre du Cinéma vénézuelien), Mer Morte de Ihab Jadallah (Territoires Palestiniens), Les Enfants d’Inkisi de Gilbert-Ndunga Nsangata (Congo) – Bourse attribuée par l’Organisation Internationale de la Francophonie, ainsi qu’une bourse de 7.600 euros au projet français : Dehors, Dedans de Nourdine Halli (France).

Charles Ayetan,
Envoyé spécial

9ème Festival Lumières d’Afrique 2009 : De la beauté artistique à la diversité culturelle des cinémas d’Afrique

Du 07 au 15 novembre dernier, les cinémas d’Afrique étaient à l’honneur en France à l’occasion du 9ème Festival Lumières d’Afrique de Besançon. Au total, l’édition 2009 du Festival Lumières d’Afrique a montré au public cinéphile bisontin, un total de 24 longs métrages, 07 courts métrages, 10 films documentaires.

Le palmarès a été rendu public au cinéma Petit Kursaal, dans la soirée du 15 novembre. Ainsi, le Prix du Jury Lycéens et Apprentis au Cinéma Région Franche-Comté (long métrage) a été décerné au film Le chant des mariés de Karin Albou (Tunisie). Quant à Hassan et Morkos de Rami Emam (Egypte), il a moissonné le Coup de cœur du public de Besançon et une mention spéciale du Jury Signis.
C’est le long métrage de fiction Inland de Tariq Teguia (Algérie) qui a remporté le Prix Signis. Le Prix du jury de la diaspora africaine de Besançon (court métrage) est allé au film Les oreilles, réalisé par le camerounais Gilbert W. Tio Babena.
Le public a eu droit à la projection du film Lignes de front en présence du réalisater Jean-Christophe Klotz. Ce long métrage de fiction porte sur le génocide rwandais de 1994 et déroule la trame d’un journaliste reporter dans ce pays ravagé par le drame.

Cinéma et diversités

Morituri, est le titre du film inaugural de cette 9ème édition qui fait particulièrement honneur au cinéma algérien. Réalisé par Okacha Touita, ce film de 116 minutes est une fiction policière écrite et produite à partir de trois roman : Morituri, Double blanc et L’Automne des chimères. Ce long métrage en compétition met en scène le commissaire de police Brahim Llob, la cinquantaine, qui traque les islamistes et dénonce un système pourri de pressions diverses émanant de barons.
Le film Casanegra (Maroc) de Nour-Eddine Lakhmari déroule la trame du quotidien des jeunes des banlieues de Casablanca, jeunes victimes d’une dureté de la vie et animés du rêve d’un départ vers l’Europe.
La question du développement confrontée à la volonté politique des gouvernants africains mais aussi aux préjugés des populations locales est abordée par Tamarzight Oufella (Maroc) de Mohamed Mernich.
Quant à Hassan et Morkos (Egypte) de Rami Emam et Le chant des mariés (France-Tunisie) de Karin Albou, ils abordent entre autres la religion, notamment la différence de croyance et l’extrémisme religieux, que seuls l’amour, l’amitié, la fraternité et la solidarité peuvent contenir. L’amour, c’est aussi un des thèmes de Ramata (Sénégal) de Léandre-Alain Baker qui peint le drame d’une femme mariée, mais très solitaire en raison des ambitions politiques et professionnelles d’un mari toujours absent du foyer.
Le film Cœur de lion (Burkina Faso) de Boubakar Diallo conduit le cinéphile dans une
Afrique des années 1800 où était encore présente la traite négrière, mais en même temps il montre une Afrique des valeurs ancestrales et traditionnelles, une Afrique riche de sa diversité ethnique et culturelle dans un respect mutuel.
Au contraire, le réalisateur camerounais Jean-Pierre Bekolo a choisi dans son film Les Saignantes de projeter les cinéphiles dans une Afrique de l’an 2025 gangrenée par la corruption et la dépravation des mœurs, où seuls les morts rassemblent les vivants dans une ambiance festive.
Dans Inland (Algérie-France), Tariq Teguia montre comment on peut s’épanouir dans un désert témoin de mort accidentelle ou suicidaire, dans un désert symbole de l’aridité d’une vie où plusieurs nourrissent le rêve d’un voyage vers l’abondance.
Il faut noter que le film Un si beau voyage de Khaled Ghorbal (France-Tunisie) pour des raisons logistiques ou techniques ne faisait plus partie de la compétition. Néanmoins projeté au Cinéma Victor Hugo, ce film d’une qualité technique et artistique remarquable traite de l’immigration et de l’exil, de la vie et de la mort. Par la beauté du cadrage, la longueur de certaines séquences couronnée par des moments de silence, le réalisateur affiche une certaine liberté d’expression artistique.

Charles Ayetan,
Envoyé spécial

Critique

Une journée d’enfer de Ingrid Agbo
L’inconscient éveille la conscience

Avec près de 10 minutes de rêve, le personnage principal du film Une journée d’enfer (Bénin-Togo) vit en prémonition sa mésaventure de la journée qui s’annonce. La réalisatrice, Ingrid Agbo, une jeune togolaise, fait preuve d’une certaine habileté scénaristique, en filmant le rêve de son personnage pour toucher la sensibilité de son public. Alors qu’elle n’a pas pu jusque là régler toutes les factures de ce film, Une journée d’enfer lui donne assurément toutes les chances de sélection et de prix dans les festivals de cinéma.
Michael doit se rendre au bureau pour défendre un dossier important pour sa société. Mais il n’hésitera pas à laisser son véhicule à sa femme Erica qui doit aller à l’hôpital, pour des soins. Le gentleman opte pour un taxi qui risque de lui causer un retard irrémédiable. Sur son chemin, il trouve son véhicule à l’arrêt et sa femme bien aimée en train de flirter avec son amant blanc. Supportera-t-il de perdre dans la même journée son boulot et sa femme ?

Un scénario original

La structure du scénario tient le spectateur en haleine jusqu’au climax. L’issue ne sera donnée qu’au dernier plan du film. Ingrid Agbo signe ainsi une belle et agréable comédie pleine d’ironie. Elle pointe ici le rôle éducatif du cinéma en Afrique qui opère à plusieurs niveaux dans cette oeuvre de 10 minutes réalisée en 2008 au Bénin.
Les premiers cinéastes africains comme Sembène Ousmane, Souleymane Cissé, Idrissa Ouédraogo, Oumarou Ganda, Gaston Kaboré pour ne citer que ceux-là, ont évoqué, montré et dénoncé des faits, afin de servir d’exemples et mieux se conduire dans l’avenir, sur le plan social et politique. Sur cette même lancée du rôle instructif du cinéma, Ingrid Agbo introduit le rêve ; elle enseigne que ce dernier projette l’avenir et prépare les individus à l’affronter. Les travaux du psychanalyste Sigmund Freud sur le rêve sont éloquents à ce sujet.

Un film de qualité

Cette fiction de qualité marque le début de la carrière de la jeune étudiante en réalisation et lui a permis d’être sélectionnée pour un atelier de formation à l’écriture de scénario au Mali à Bamako en 2009. En juillet dernier, elle figurait parmi la cinquantaine de jeunes cinéastes africains pour le programme de Talent Campus du Festival international du film de Durban en Afrique du Sud. À Clap Ivoire 2009 en Cote d’Ivoire, elle a reçu le prix du meilleur scénario.
Une journée d’enfer est un film d’études en réalisation produit au sein de l’Institut Supérieur des Métiers de l’Audiovisuel (Isma-Bénin). La reconnaissance gagnée par Ingrid Agbo augure de bons auspices pour le futur du cinéma africain.

Espera Donouvossi

Citation du mois

« Le cinéma manque parfois de sens de responsabilité, parce que dans la majorité des films, on n’apprend rien. Je trouve que le cinéma doit être, au moins un minimum, éducatif et moral. »
Youssef Chahine

Les sites du mois
http://www.filmfestamiens.org
http://www.lumieresdafrique.com
http://www.cameratogo.wordpress.com

Annonces et Publicités
Le bulletin Caméra propose ses colonnes pour vos annonces et publicités.
Infoline : 927 58 25
E-mail: ajcc_togo@yahoo.fr

octobre 26, 2009

Caméra
Bulletin cinématographique
de l’Association des Journalistes Critiques Cinématographiques du Togo (AJCC-Togo),
enregistrée sous le N°5005, le 30 août 2007 au Ministère de l’Administration Territoriale.

Année 1, N°003, Du 15 octobre au 15 novembre 2009

Editorial
Le cinéma, une volonté politique !
Les cinémas d’Afrique font de grands pas. Tantôt par la qualité, tantôt par la quantité. Cette année, c’est le cinéma nigérian connu sous le nom de Nollywood qui est à l’honneur.
En effet, selon le dernier classement mondial publié le 6 mai 2009, le Nigéria est classé 2ème sur le plan quantité de production, après le cinéma indien et devant le cinéma américain.
« Un mérite qui résulte de plusieurs années d’efforts et de volonté politique », lit-on sous la plume de Akondoh Bang’na, président de l’Association des Journalistes Critiques Cinématographiques du Togo (AJCC-Togo).
Si les productions annuelles de films se comptent par centaines et milliers dans un grand nombre de pays, qu’en est-il au Togo ?
Volonté politique, d’accord ! Mais quelle volonté politique cinématographique dans ces pays et quelle autre au Togo ?
Des éléments de réflexions sont énoncés par les articles de ce 3ème numéro de Caméra, votre bulletin cinématographique.
Ce qui est certain, c’est que la question préoccupe actuellement le gouvernement, en particulier le Ministère de la Communication et de la Culture qui a enclenché avec l’appui de l’UNESCO un processus en vue de la définition d’une politique culturelle pour le Togo.
Par ailleurs, une Cellule de Réflexion sur le Cinéma dans notre pays est mis sur pied le 25 septembre 2009 sous l’impulsion de la Direction Nationale de la Cinématographique en vue de dynamiser le secteur du cinéma et de l’audiovisuel.
Pour l’heure, découvrons à travers une interview réalisée par Sitou Ayité, les émotions et les ambitions cinématographiques de la jeune compatriote Ingrid Agbo, lauréate à Clap Ivoire 2009.
Charles Ayetan

Le Nigéria classé 2ème en production de films sur le plan mondial

Le cinéma Nigérian gagne du terrain sur le marché mondial. Selon le dernier classement mondial de mai 2009, le Nigeria est classé 2ème derrière le Bollywood, le cinéma indien. Un mérite qui résulte de plusieurs années d’efforts et de volonté politique. Dans ce classement la production américaine qui a tant séduit par des films de qualité, est classée 3ème.
Produire simplement et vendre aisément
Pour atteindre leur objectif, les producteurs et réalisateurs ont tout d’abord compté sur eux-mêmes, sur leur volonté de réussir, en mettant leurs propres moyens financiers et matériels dans cette aventure industrielle.
Les réalisateurs ont réussi à percer le secret, le goût de leur marché : décrire la réalité de la vie quotidienne des consommateurs, relever et mettre un accent particulier sur les potentialités et les problèmes que connaît l’Afrique tels les ressources de tout genre, le goût de l’argent, les croyances spirituelles, la pauvreté sous toutes ses formes.
Cette célébrité est également liée au fait de transposer le vécu de la population à partir des histoires vraies et agrémentées par des scènes vivantes. En stigmatisant des faits sociaux qui ne contribuent pas au développement de la société dont ils se réclament garants, les films provoquent de façon cachée un changement de comportement et d’attitude.
L’autre aspect intéressant de cette percée qui suscite de l’engouement, c’est la fierté de voir à l’écran les résidences et infrastructures mêmes de leur pays : infrastructures routières, salons bien décorés, mais aussi lieux extrêmement misérables et tristes.
Ainsi, les réalisateurs proposent un prix très abordable et produisent en quantité importante afin de pouvoir récupérer le plus vite possible. Une stratégie pour feinter les pirates.
A cet effet, les réalisateurs utilisent des plans et des zones de projections non coûteux, du matériel bon marché et en une semaine ils sortent un film commercialisable dans la semaine qui suit.
La production achevée, les producteurs proposent avec les réalisateurs le prix d’un CD abordable et avoisinant souvent 3 (trois) dollars US, une équivalence de 1500 f Cfa.
Cette politique fait que les CD se vendent comme de petits pains et la conséquence, c’est le succès à la sortie d’un film. Jusqu’à ce que la piraterie n’attaque les produits, d’autres films plus intéressants sont mis sur le marché. Cette politique a fait de ce secteur une véritable industrie qui talonne les films américains et indous.
Cette nouvelle stratégie a affaibli considérablement la piraterie des films Nigérians permettant ainsi aux films Nollywoodiens (Nigéria) de prendre le pas sur les films de Hollywood.
Rappelons que selon le classement de 2009, le Bollywood est premier sur le plan mondial avec une production annuelle de 2000 films. Suivi du Nigeria qui produit environ 872 films et de l’industrie américaine (Hollywood) qui occupe la troisième place avec 485 films par an.
L’élargissement du marché Nollywoodien en Afrique et dans le monde, surtout en Europe et en Amérique, laisse croire que le Nigeria atteindra 1 500 films annuellement d’ici 2011.
La Côte d’Ivoire, le Maroc et surtout l’Afrique du Sud commencent également à s’affirmer sur ce plan.
Akondoh Bang’na

Entretien avec Ingrid Agbo : « Faire un film, aussi court soit-il, est un défi à relever »

Togolaise et passionnée de cinéma, Ingrid Sodzinè Agbo a 23 ans et vient de terminer sa formation à l’Institut Supérieur des Métiers de l’Audiovisuel (ISMA) à Cotonou au Bénin. Elle a honoré le Togo par divers prix à la dernière édition du festival Clap Ivoire en côte d’Ivoire.

Votre film « Une journée d’enfer » a remporté deux prix au festival Clap Ivoire 2009 : 2ème prix de fiction d’une valeur de cinq cent mille (500.000) F CFA et le prix de la meilleure photographie d’une valeur de trois cent cinquante mille (350.000) F CFA. Parlez-nous un peu de ce film.
« Une journée d’enfer » est un film que j’ai réalisé dans le cadre scolaire. J’ai bossé sur le scénario pendant plus d’un an, je l’ai soumis à diverses appréciations afin d’améliorer l’histoire du film. C’est une comédie dans laquelle le personnage principal fait un cauchemar et à son réveil se rend compte que son cauchemar va se réaliser. C’est un court métrage de 10 minutes environ qui nous plonge dans les aventures tumultueuses de ce personnage, en une journée.

Quels sont vos sentiments pour avoir remporté ces prix ?
Je suis honorée et surtout très heureuse d’avoir remporté ces prix car je me dis tout simplement que mes efforts sont entrain d’être récompensés. Faire un film, aussi court soit-il, est un combat contre soi-même d’abord, c’est un défi qu’on se lance et ça fait plaisir d’être récompensé. Ces distinctions sont des prix d’encouragement qui me donnent la force de continuer par me battre pour ce que j’aime faire le plus au monde.

Vous attendiez-vous à ces prix ?
Non ! Pas du tout. Mais sachant que j’ai pas fait un si mauvais film, je me disais que j’aurai au moins un prix, mais lequel ? Je ne saurais le dire avant de le recevoir ! Mais à vrai dire, après avoir regardé tous les films en compétition, je me doutais de ma chance d’avoir encore un prix ! Mais ça s’est fait ! J’en suis heureuse.

Qu’allez vous faire avec cet argent ?
Commencer par payer mes dettes (rires). Non, plus sérieusement, l’investir dans un autre projet. Même si ça ne sera qu’une infime partie du budget, ça servira à quelque chose.

Vous venez de terminer vos études en cinéma à l’ISMA et entrez dans la vie active, quels sont vos projets d’avenir?
Les projets, j’en ai beaucoup ! Et je suis de ceux qui pensent que le cinéaste n’a pas à rester indifférent aux réalités de la société dans laquelle il vit. C’est pour ça que tous mes projets, fiction ou documentaire, long métrage ou court métrage, sont pour une cause donnée. La seule difficulté dans ce métier, ce n’est pas d’avoir des projets d’avenir mais de trouver le maximum de soutien pour l’aboutissement du projet. Il faut qu’il y ait des gens, qui croient au cinéma comme les cinéastes le font pour que tout marche. Mais moi je ne cesserai de me battre pour ça ! Se battre, c’est aussi ça, faire du cinéma !

Propos recueillis par Sitou Ayité

Cinéma et gouvernement
Quel impact sur le développement culturel et sociopolitique ?

Faut-il, oui ou non, un ministère de la culture ? Il existe des exemples de gouvernements étatiques sans ministère de la culture, mais sans incidence sur le développement culturel. C’est le cas des Etats-Unis d’Amérique dont le cinéma connaît un succès considérable et apprécié en matière cinématographique. Hollywood en est le symbole !

Dans notre pays, le ministère de la culture a presque toujours existé soit exclusivement, soit jumelé avec un autre secteur. En effet, de 2005 à 2008, le Togo est passé du Ministère de la Culture au Ministère de la Communication et de la Culture en passant par le Ministère de la Communication, de la Culture et de la Formation civique. Quelle sera la prochaine option ? Reviendrait-on au Ministère de la Culture ou y jumellerait-on deux ou trois autres secteurs ?
La France donne l’exemple d’une certaine stabilité en matière de politique culturelle. Ainsi, le ministère de la Culture et de la Communication célèbre-t-il cette année ses 50 ans d’existence (1959-2009). Et le cinéma n’est sans doute pas le parent pauvre des priorités gouvernementales de l’hexagone : en témoigne le nombre et la qualité des productions cinématographiques.
Au gré des priorités
Une analyse rapide indique que la politique culturelle du Togo est tributaire des priorités gouvernementales.
Au gré des humeurs ou des priorités, la culture, selon un observateur, est un « sans domicile fixe » (SDF) devenu compagnon de la communication, voire de la formation civique… Quelle sera la température du prochain gouvernement ? Tout dépendra de la tension socioculturelle et politique du pays qui se mesure au degré des fièvres électorales.
Quoiqu’il en soit, il est évident que le Togo a un besoin urgent et actuel d’une culture de paix. Et la culture de la paix nécessite une politique gouvernementale qui définisse le secteur culturel comme une priorité de l’heure. Et si l’apaisement du climat sociopolitique et le développement devraient provenir du développement culturel !
On peut encore se demander quelle est à ce jour cette politique culturelle du Togo. La question est encore à l’ordre du jour de l’agenda du Ministère de la Communication et de la Culture. Et, dans cette politique culturelle, quelle part sera faite aux différents arts, au septième art notamment ?
Charles Ayetan

Agenda ciné
Le Togo va bientôt vivre plusieurs événements cinématographiques. En voici l’agenda :
• Festival de films documentaires, du 20 au 23 octobre 2009 à Lomé.
• Festival International du Film Vidéo de Lomé (FIFIVIL), 5ème édition, du 23 au 30 octobre 2009 ;
• Les Rencontres du Cinéma et de la Télévision de Lomé (RECITEL), 4ème édition, du 16 au 20 novembre 2009 ;
• Festival International du Film des Droits de l’Homme (FIFDH), 3ème édition, du 18 au 23 novembre 2009 à Lomé et dans d’autres villes du pays.

Citation du mois
« Le cinéma, c’est une industrie, mais malheureusement, c’est aussi un art. » Jean Anouilh

Les sites du mois
http://www.filmfestamiens.org
http://www.lumieresdafrique.com
http://www.cameratogo.wordpress.com

Annonces et Publicités
Le bulletin Caméra propose ses colonnes pour vos annonces et publicités.
Infoline : 927 58 25
E-mail: ajcc_togo@yahoo.fr

Bulletin cinématographique Caméra N°002 du 14 septembre 2009

septembre 14, 2009

Editorial
Saison de cinéma au Togo

L’actualité du 7ème art évolue en crescendo au Togo à en croire l’agenda cinématographique du second semestre de cette année. Plusieurs festivals de films sont programmés. Plusieurs castings ont été lancés et organisés, des tournages sont en cours et en perspectives, qui pour une série, qui pour un court métrage…
« Saison de cinéma au Togo », pourrait-on dire ! Mais il ne faudrait pas dormir sur des lauriers qui n’existent même pas encore. Pour cause, la production cinématographique est encore infime. Et, beaucoup reste à faire quant à la qualité, la promotion et la diffusion des films, même si des films togolais sont de plus en plus retenus dans des festivals internationaux.
Cette année entre autres, 5 films togolais étaient présents au FESPACO et deux autres à Clap Ivoire. En effet, la fiction « Une journée d’enfer » de Ingrid Agbo a remporté à Clap Ivoire 2009, le deuxième prix de fiction et le prix de la meilleure photographie.
Aussi les professionnels du cinéma et de l’audiovisuel devraient-ils agir de concert et mettre à profit les compétences locales en la matière. Ce numéro de votre bulletin Caméra vous propose dans ce sens une série d’articles tels que « Canaliser les énergies pour une meilleure promotion du cinéma au Togo », « Les films de commande, une nouvelle voie de sortie ? ».
Des réflexions devraient être menées pour contribuer à améliorer les résultats à tous les niveaux, du scénario à la réalisation, sans oublier la production dans toutes ses dimensions, la diffusion et la promotion des films.
Charles Ayetan

Les films de commande, une nouvelle voie de sortie ?

Plusieurs lecteurs seraient surpris de lire que le bilan annuel en production audiovisuelle au Togo compte depuis quelques années des centaines d’œuvres. Accroche ? Il n’en est rien ! Le cinéma togolais qui cherche toujours la bonne terre pour se déployer a fini par trouver une issue de secours : les films de commande.
Les problèmes sociaux se multipliant de plus en plus, les Organisations de la Société Civile (OSC) et autres institutions investies dans la lutte contre les fléaux sociaux ont recours aux maisons de production togolaises. Pour équilibrer la balance, des maisons de productions font elles-mêmes parfois la cour aux institutions au sujet d’un drame ou d’un fait social susceptible de rapporter.
Nombre de réalisateurs se désolidarisent de la formule artistique du cinéma et s’attachent au format utile et spéculatif de cet art. Pourquoi ces déviations ?
D’un côté, avec les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) au service de l’éducation civique et morale, des questions du genre, de l’éducation à la protection contre les maladies sexuellement transmissibles notamment le VIH/Sida, pour ne citer que ceux-là, les institutions incluent de plus en plus dans leurs programmes de sensibilisation l’audiovisuel reconnu comme un moyen potentiel dans la transmission des idées non seulement aux personnes scolarisées mais aussi aux analphabètes.
De l’autre côté, les réalisateurs estiment que les films d’auteur sont onéreux et exténuant par rapport aux films de commande, pratiques et rémunérateurs.
Contrairement au film d’auteur dont le scénario prend plusieurs mois, de son écriture à la sortie du film en passant par la recherche de fonds, la démarche est plus facile pour le film de commande pour lequel tout est quasiment assuré : les lignes directives du message à véhiculer sans rigueur sur la trame ou l’intrigue et le contrat. Bref, l’essentiel de la loi de l’offre et de la demande. Sans pour autant mépriser les films de commandes, Ernest Renan dirait du cinéma togolais qu’il a su faire de sa maladie un charme. Dans cette phase fluctuante de sa vie, la stabilité est-elle au bout du chemin ?
Sitou Ayité

Canaliser les énergies pour une meilleure promotion du cinéma au Togo

Le cinéma n’est pas l’affaire d’un seul homme. Au contraire, faire un film est presque toujours l’affaire d’une équipe de personnes. L’individualisme ontologique du métier de réalisateur et peut-être les ambitions concurrentielles des uns et des autres, expliquent-ils les difficultés liées à la nécessité d’un lobbying positif en faveur du cinéma au Togo ?
En 1983, des professionnels togolais du cinéma s’étaient retrouvés au CINEATO dans l’intention de créer l’Association des Cinéastes du Togo (ACT). Un bureau exécutif a été mis sur pied. Puis, silence. Quel était le nœud hier et quel est-il aujourd’hui ?
En 2007 dans la fièvre du FESPACO, une autre initiative de création d’association pour la corporation a accouché de l’Union des Professionnels du Cinéma et de la Vidéo du Togo (UPROCIVIT) vouée également au silence.
Il est même né récemment, après le FESPACO 2009, l’idée de fédérer les différentes associations en matière cinématographique, afin de canaliser les énergies. Qu’en est-il à ce jour ? L’initiative fédératrice d’énergie est pourtant louable.

Où est la clef du labyrinthe ?
Les initiateurs de l’ACT avaient déjà consigné dans le préambule des statuts de cette association : « Le Togo comme la plupart des pays africains en voie de développement a compris la nécessité de faire du cinéma un moteur de développement économique et socioculturel ». Mais aujourd’hui, près d’un quart de siècle après, avons-nous vraiment compris cette nécessité de construire un cinéma que l’on peut appeler « Togolais » ?
Les professionnels du cinéma (il sont très peu), les nombreux aspirants et les cinéphiles de cet art doivent comprendre qu’ils ne peuvent évoluer, du moins suffisamment, s’ils continuent à aller en rang dispersé !
Il ne s’agit pas de créer une association de personnes atteintes de la réunionite, mais une association de personnes engagées, dynamiques, prêts à entreprendre des actions ponctuelles mais stratégiques pour une cause commune : le développement du 7ème art, mais en même temps le développement économique et socioculturel.
Charles Ayetan

Cinéma : Le Togo honoré à Clap Ivoire 2009

Le Togo vient d’être honoré au festival Clap Ivoire qui s’est tenu du 1er au 5 septembre 2009 à Abidjan en Cote d’ivoire.
Si le jeune réalisateur béninois Samson Adjaho a remporté plusieurs prix dont le grand prix du concours d’une valeur de deux millions (2.000.000) de francs CFA avec le film « Yawa, à qui le tour », le Togo a ravi pour sa part le deuxième prix de fiction d’une valeur de cinq cent mille (500.000) F CFA avec la fiction de la jeune réalisatrice togolaise Ingrid Agbo pour son film « Une journée d’enfer ». Ce même film a également remporté le prix de la meilleure photographie d’une valeur de trois cent cinquante mille (350.000) F CFA, tandis que le film « Yawa, à qui le tour » de Samson Adjaho a raflé aussi le premier prix de fiction d’une valeur d’un million (1.000.000) F CFA, celui de la meilleure interprétation féminine d’une valeur de trois cent cinquante mille (350.000) F CFA et celui du meilleur scénario d’une valeur de six cent mille (600.000) F CFA.
Il faut signaler que dans la catégorie documentaire, le Togo a présenté le film « L’utilité du panier en Afrique » du réalisateur Esso Beheyi Padabadi.

Diaspora : Le film « Beyond Love  » du Togolais Adé Adingoun en salle aux USA
Le film « Beyond Love » du réalisateur togolais Adé Adingoun a été projeté en première à Minneapolis – Minnesota (Etats Unis d’Amérique) dans la salle de cinéma « Oaks Street Theatre » qui a fait le plein de ses sièges.
Le scénario de « Beyond Love » (Au-delà de l’amour), lit-on sous la plume de Kodjo Epou, « plonge dans le labyrinthe d’une relation extra-conjugale entre un patron insatiable et sa secrétaire aux cuisses légères. Un fait de société courant peint avec génie d’amateur ».
Une production de « Ade Production and Togo Pictures », le long métrage « Beyond Love » d’une durée de 100 minutes sera également projeté en première à Washington DC, New York, Nebraska et Lomé.

Base de données des professionnels du cinéma
Dans le but d’additionner les énergies au profit du cinéma Togolais et de permettre la visibilité des professionnels du cinéma et de l’audiovisuel du Togo, l’Association des Journalistes Critiques Cinématographiques du Togo (AJCC-Togo) et l’Association pour la Promotion de la Culture au Cinéma dans les 54 (APCC.54) créent une base de données sur le cinéma et l’audiovisuel dans notre pays. La fiche d’inscription sera bientôt disponible.

Agenda ciné

Le Togo va bientôt vivre plusieurs événements cinématographiques. En voici l’agenda :
• Les Rencontres du Cinéma et de la Télévision de Lomé (RECITEL), 4ème édition, du 16 au 20 novembre 2009 ;
• Festival International du Film Vidéo de Lomé (FIFIVIL), 5ème édition, du 23 au 30 Octobre 2009 ;
• Festival International du Film des Droits de l’Homme (FIFDH), 3ème édition, du 18 au 23 novembre 2009 à Lomé et dans d’autres villes du pays ;
• Festival de films documentaires, du 20 au 23 octobre 2009 à Lomé.

Citation du mois
« Comme l’amour, l’art n’est pas plaisir, mais passion. »
André Malraux
(Les voix du silence)

Lisez et faites lire Caméra, le bulletin cinématographique qui « scrute tout » pour vous !

Annonces et publicités
Le bulletin Caméra propose ses colonnes pour vos annonces et publicités.
Infoline : 927 58 25
E-mail: ajcc_togo@yahoo.fr


Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.