Caméra
Année 2, N°020, du 15 mars au 15 avril 2011
Editorial :
Ça tourne !
Depuis le 05 mars, c’est le Marocain Mohamed Mouftakir qui est devenu le meilleur cavalier du cinéma pour avoir remporté l’Etalon de Yenenga 2011 pour son film Pégase. La course à l’Etalon de la biennale du cinéma de Ouagadougou a ainsi pris fin. Mais déjà ça tourne ! Ne vous leurrez pas, ce n’est par un nouveau film qui commence. C’est plutôt l’aiguille de l’horloge du 23ème FESPACO qui décompte les secondes du temps.
Pendant ce temps, la roue du cinéma tourne, des films aux innombrables festivals avec escale dans les marchés et virée à travers les circuits de distribution et de diffusion du film.
Mais surtout, il faut que la roue de l’industrialisation du secteur cinématographique en Afrique tourne aussi, et davantage.
Dans tous les cas, la roue du Cinéma Itinérant du Togo va tourner davantage à partir de 2011 avec le Cinéma Numérique Ambulant.
La Rédaction
Le Togo au FESPACO : du 7ème art à l’artisanat via la musique
Comme annoncé dans le dernier numéro, le Togo a participé au FESPACO 2011. En effet, la Direction Nationale de la Cinématographie (DNC) a voyagé avec 35 festivaliers. Mais ils sont encore plus nombreux les compatriotes qui ont fait le déplacement de la capitale africaine du cinéma.
Mais si environ 50 festivaliers togolais sont du secteur cinématographique, plusieurs dizaines d’artisans ont directement atterri à la Place de la Nation de Ouagadougou où s’est tenue la galerie marchande du FESPACO.
Un seul film togolais était dans la sélection officielle (catégorie Séances spéciales). Il s’agit de Bideman : The hope of a village réalisé par Gentille Assih. Au marché du cinéma, deux films réalisés par Claver Gadji : La dynastie Lawson et Le Prix du voyage.
La délégation togolaise a eu la joie d’accueillir le Ministre des Arts et de la Culture, Me Yacoubou Hamadou qui a tenu à vivre cet événement.
Par ailleurs, le public de Ouaga a fortement salué le groupe musical togolais Toofan pour ses prestations à l’ouverture.
Mais, s’il est louable pour la DNC d’encourager une forte participation à ce festival et de permettre ainsi à un grand nombre de visionner des films, de participer aux rencontres professionnelles et conférences, il est encore plus opportun de repenser la participation togolaise à ce rendez-vous du cinéma pour plus de visibilité : soutenir la production de films, envisager l’animation d’un stand au MICA, organiser une conférence de presse sur les activités de la direction, ses projets, etc.
Charles Ayetan
FESPACO : L’Etalon d’or de Yennenga 2011 décerné à Pégase, de Mohamed Mouftakir
L’Etalon d’or de Yennenga 2011 a été remporté par le Marocain Mohamed Mouftakir pour son film Pégase. Doté d’une enveloppe de 10 millions de F CFA plus un trophée Etalon en or, ce prix qui représente la plus haute distinction du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO) lui a été remis par le président burkinabé Blaise Compaoré au cours de la cérémonie de clôture au stade du 4 août devant plus de 20.000 spectateurs.
Long métrage de fiction, Pégase est l’histoire de viol incestueux d’une jeune fille par son père qui lui fait croire avoir été violée par un démon, sous le couvert d’un certain « seigneur du Cheval », un esprit vénéré par le père. C’est un drame psychologique qui plonge le spectateur dans les méandres d’un asile psychiatrique où le tumultueux passé de la victime, Rihana, se précise avec l’aide de Zineb, la psychiatre. Ce film a le mérite de dérouler pendant 104 minutes la trame de cette histoire tragique racontée grâce à la technique omniprésente du flash back des séquences du crime avec une esthétique cinématographique portée par la beauté de l’image et la poésie. Outre cette distinction, Pégase a reçu également le Prix du Meilleur Son (1.000.000 CFA + Trophée) du 22ème FESPACO.
Au total, 18 films étaient engagés dans la course à l’Etalon de Yennenga dans la compétition long métrage. Ainsi le film Un homme qui crie, du tchadien Mahamat Haroun Saleh a-t-il remporté l’Etalon d’Argent de Yennenga doté d’un montant de 5 millions de F CFA et d’un trophée.
L’Etalon de Bronze de Yennenga a été décerné Le mec idéal, de l’ivoirien Owell Brown, une comédie sentimentale ficelée autour du choix du conjoint de mariage qui a suscité beaucoup de rire et de sourire du public cinéphile.
Il faut signaler que la comédienne Samia Meziane est lauréate du Prix de la Meilleure Interprétation Féminine pour son rôle dans le film Voyage à Alger d’Abdelkrim Bahloul (Algérie), film qui a obtenu aussi le Prix du Meilleur scénario et le Prix spécial Signis (Association catholique mondiale pour la communication). Côté masculin, le Prix de la Meilleure Interprétation est revenu à Sylvestre Amoussou, réalisateur et acteur principal du film Un pas en avant, les dessous de la corruption (Bénin).
Côté court métrage, c’est le film Garagouz de l’Algérien Abdenour Zahzah qui a décroché le Poulain d’Or de Yennenga, devant les films Tabou du tunisien Meriem Riveill, lauréat du Poulain d’Argent, et Tynie so du malien Daouda Coulibaly, lauréat du Poulain de Bronze.
Placé sous le thème de « cinéma africain et marchés », le FESPACO 2011, c’était 195 films en sélection officielle dont 111 films en compétition et 84 films hors compétition projetés dans 12 salles de la capitale. Le clap d’ouverture du festival a été donné au soir du 25 février au stade du 4 Août de Ouagadougou par le Premier Ministre burkinabé, Tertius Zongo, en présence du Délégué général du FESPACO, Michel Ouedraogo.
Les cérémonies d’ouverture et de clôture du festival étaient riches en couleurs et en sons, avec notamment une belle chorégraphie intitulée « Jeunesse en songe » orchestrée par Salia Sanou avec plus de 500 jeunes danseurs et percussionnistes.
Charles Ayetan
Cinéma Numérique Ambulant : Le Cinéma Itinérant du Togo intégré
Le Cinéma Itinérant du Togo (CIT) est désormais intégré dans le réseau du Cinéma Numérique Ambulant (CNA), un projet soutenu par la Commission Européenne, en collaboration avec Africalia Belgium.
Ainsi après le Bénin, le Niger, le Mali, le Burkina, c’est le tour du Cameroun, du Sénégal et du Togo d’être associés au CNA qui célèbre cette année son 10ème anniversaire.
Les mesures nécessaires à la mise en œuvre effective de cette décision sont entrain d’être prises à en croire M. Jacques Do Kokou, responsable du Cinéma Itinérant du Togo, également initiateur de la Caravane du Cinéma du Togo et des Rencontres du Cinéma et de la Télévision de Lomé (RECITEL).
Critique cinématographique : L’Afrique s’affirme davantage
Le FESPACO 2011 a connu la tenue d’un atelier de formation en critique cinématographique et de production du bulletin quotidien AfriCiné. Organisé par la Fédération Africaine de la Critique Cinématographique (FACC) et ses partenaires, cet atelier a apporté son regard sur le festival.
Au total, 5 bulletins ont été produits et plusieurs autres articles sont directement publiés sur le site de la FACC www.africine.org dont voici quelques statistiques :
• 5000 visites par jour,
• 1300 articles en lignes,
• Les bulletins AfriCiné (publiés pendant le FESPACO),
• Les bulletins des associations nationales (Bénin, Togo, Tunisie),
• Les archives complètes d’Ecran d’Afrique (1992-1997) et d’Asaru Cinéma (Algérie),
• Bandes annonces et courts métrages,
• Base de données des cinémas d’Afrique et des Caraïbes.
Vient de paraître
Poétique des cinémas d’Afrique noire francophone
Un nouvel ouvrage sur le cinéma vient de paraître pendant le 22ème Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou, Burkina Faso. Ecrit par l’universitaire Justin Ouoro, cet ouvrage intitulé Poétique des cinémas d’Afrique noire francophone, s’adresse notamment à tous ceux qui s’intéressent aux productions cinématographiques africaines et qui désirent y trouver un sens.
Poétique des cinémas d’Afrique noire francophone propose une lecture des films africains, suivant une méthode d’analyse sémiotique informée des réalités liées au contexte d’élaboration de ces œuvres filmiques. Il met en exergue les mécanismes esthétiques de création cinématographique africaine, à travers l’analyse minutieuse de plus d’une vingtaine de films.
Titulaire d’un doctorat en Sémiotique, l’auteur, Justin Ouoro, est enseignant chercheur à l’Université de Ouagadougou, à l’Unité de Formation et de Recherche en Lettres, Arts et Communication (UFR/LAC).
AGENDA FESTIVALS
EUROPE
Leuven (Belgique)
16ème Afrika Filmfestival,
25 mars – 9 avril 2011
www.afrikafilmfestival.be
Cannes (France)
8ème Festival du film panafricain, Avril 2011
www.festivaldufilmpanafricain.org
Le coin du 7ème art
Une émission animée par David Sodhar
Sur Radio Lomé (Fm 99.4)
Samedi de 8h15 à 8h30
Lisez et faites lire Caméra, le bulletin cinématographique qui « scrute tout » pour vous !
Caméra
Année 2, N°019, Du 15 février au 15 mars 2011
Editorial :
Du FESPACO au vidéoclub du quartier !
Le Festival panafricain de cinéma et de télévision de Ouagadougou (FESPACO) s’ouvre du 26 février au 5 mars 2011.
Le Togo y sera représenté une délégation officielle composée en majorité d’étudiants togolais en cinéma et audiovisuel.
Au total, le 22ème FESPACO a retenu 194 films en sélection officielle, dont 110 en compétition et 84 hors compétition.
Absent de la compétition, le Togo sera néanmoins représenté par le film Bideman : The hope of a village de notre compatriote Gentille Assih dans la catégorie “Séances spéciales” en sélection officielle “hors compétition”. Il faut saluer aussi la présence de Claver Gadji au MICA (marché du cinéma) avec deux films : La dynastie Lawson et Le Prix du voyage.
Pendant ce temps, les cinéphiles de Lomé savourent leurs films dans les vidéoclubs.
Charles Ayetan
M. Kodjo Adoukpo : « Les étudiants togolais en cinéma sont fortement mobilisés pour le FESPACO 2011 »
Directeur national de la cinématographie du Togo, M. Kodjo Adoukpo est le chef de la délégation togolaise pour le prochain Festival Panafricain du Cinéma et de la Télévision de Ouagadougou (FESPACO) au Burkina Faso. Au cœur des préparatifs de ce voyage de mission avec les acteurs du monde du cinéma et de la télévision, il a bien voulu nous accorder cet entretien dont voici la teneur.
La Direction Nationale de la Cinématographie prépare activement la participation togolaise au FESPACO 2011. En quoi va consister la présence togolaise à ce rendez-vous du 7ème art ?
D’abord, il faut signaler qu’un comité interministériel est à l’œuvre pour organiser la participation du Togo à l’édition 2011 du FESPACO. Une délégation d’une trentaine de personnes y prendra donc part, composée de professionnels et d’étudiants en cinéma et audiovisuel.
Côté professionnel, 05 films togolais dont une fiction et quatre documentaires, ont été envoyés en sélection. Parmi ces films, deux sont sélectionnés pour le MICA (Marché international du cinéma et de la télévision africain) et un autre dans la catégorie de la diaspora.
Côté étudiants, cette année nous avons encouragé les écoles de cinéma à mobiliser leurs étudiants en vue d’une forte participation au FESPACO. A notre satisfaction, la délégation togolaise cette année est composée majoritairement d’étudiants en cinéma et audiovisuel.
Pourquoi une telle option ?
Notre intention est de les inciter à aller découvrir le FESPACO, pour ceux qui ne le connaissent pas encore. En principe, les écoles de cinéma envoient des films pour sélection dans la catégorie « films d’école ». Même si nos jeunes écoles n’ont pas pu envoyer de films en compétition cette année, nous les encourageons pour que leurs étudiants aillent vivre ce festival prestigieux, entre autres pour voir le maximum de films, notamment les films d’école afin d’acquérir de l’expérience. Notre souhait est qu’à la prochaine édition du FESPACO ou à d’autres festivals, notre pays puisse envoyer aussi des films d’école.
Récemment, une délégation ministérielle a visité les écoles de cinéma de notre pays. Quel était l’objectif d’une telle visite ?
La délégation dont j’étais le chef était composée de 05 personnes dont les deux chefs de divisions, le caméraman et l’agent de maintenance de la direction. A défaut d’un soutien financier, nous avons voulu par cette visite apporter notre soutien moral et technique à ces écoles, notamment l’Ecole Supérieure des Etudes Cinématographiques (ESEC) et l’Ecole de Cinéma, de Réalisation Audiovisuelle et de Nouvelles technologies (ECRAN). Les responsables de ces écoles étaient très contents et ont beaucoup apprécié cette visite. Un des responsables nous avait même confié que c’est la première fois depuis la création de son école qu’ils ont reçu une visite ministérielle.
Quelle appréciation faite vous de l’existence de ces écoles de formation en cinéma ?
Nous apprécions beaucoup la recherche de professionnalisme aussi bien à l’ESEC qu’à l’ECRAN ; en particulier, où nous avons constaté que la majorité de professeurs de l’ESEC (Ndlr, la plus ancienne des deux écoles) sont bien qualifiés en image et en audiovisuel dont la plupart ont servi dans les services du cinéma, de la télévision ou de la radio. De Nous pouvons dire que le secteur du cinéma est sur de bonnes railles, ou mieux prêt à décoller. Ces étudiants constituent la relève de demain, l’espoir du cinéma de demain. C’est pour cela que nous tenons à entretenir une relation de collaboration directe avec les écoles.
Un message à l’endroit des étudiants en cinéma et audiovisuel.
J’invite chaque étudiant à persévérer dans son domaine, dans sa discipline, car rien n’est facile dans la vie et pour réussir dans une voie, il faut toujours persévérer. S’ils ont opté pour l’audiovisuel et le cinéma, ils doivent se battre pour réussir, parce que de jour en jour, les technologies évoluent.
Après le FESPACO, quel est le prochain la Direction Nationale de la Cinématographie en matière de festival de cinéma ?
Après le FESPACO, festival bisannuel, ce sera le tour du festival Clap Ivoire qui se tient chaque année à Abidjan (Côte d’Ivoire) au mois de septembre. Mais au regard de la crise politique et socioéconomique qui prévaut dans le pays depuis novembre dernier, nous nous interrogeons encore sur la tenue de l’édition 2010. Cependant, nous espérons et prions pour que la Côte d’Ivoire connaisse la paix au plus vite, afin que la vie reprenne son cours normal dans le pays et que le festival Clap Ivoire puisse se tenir cette année.
Propos recueillis par Charles Ayetan
Vidéoclubs : nouveaux relais de projection de films au Togo
Il est 7h25. Les cinéphiles arrivent de tous les coins d’Agoè, un quartier situé dans la périphérie nord de Lomé, la capitale togolaise, pour suivre les films dans une petite salle de fortune en claie.
Assis devant la porte, Mounirou, le gérant de « Bobolo vidéoclub » récolte en moyenne 5000 F cfa par jour. Juste à l’entrée, un petit tableau d’affichage des films programmés pour la journée. Sur une planchette décolorée, il est inscrit : « entrée 25 F par film », l’équivalent de 0,038 euro. Plus loin au sud du vidéoclub arrive un vieux tout souriant, « Bonjour Djo », lance-t-il avec sympathie avant d’aller s’installer ! « Qu’est ce que tu nous sers aujourd’hui comme menu ? », questionne Kokouvi, un jeune du quartier. Un petit sourire suivi de petites blagues de routine sur le film de la veille en « Ahlon (éwé) », un patois du sud Togo. Derrière lui, dans la salle de projection à moitié plein, attendent déjà plusieurs jeunes. Au programme, la série Ma famille de la Côte d’Ivoire.
Avec une capacité de 300 places, Bobolo vidéoclub s’ouvre tous les jours de 07 à 23h. Une tranche où s’enchaînent 09 films. Les films les plus aimés sont ceux de Hollywood, notamment les films d’action tels Apocalypse, Le conducteur, Hôtel Rwanda… Films que le responsable de ce centre se procure au grand marché de Lomé.
Une solution au besoin des cinéphiles
Pour répondre au besoin des amoureux du film, s’érigent depuis un certain temps de ces salles de fortune dans presque toutes les villes du Togo. « Au moins on a un endroit pour se défouler après une longue journée de travail », déclare Dotsè, un septuagénaire cultivateur du milieu visiblement comblé de vivre autrement le film au sein du public. Le bruit du public, les réactions des uns et des autres, l’air, bref, une ambiance particulière se crée tous les jours. « J’ai tout le dispositif à la maison mais je préfère suivre les films ici : l’ambiance du film et celui qu’apporte le public », explique-t-il. Ces lieux de distraction lui rappellent le « bon vieux temps », les années 1980, les salles de cinéma tels que Le Togo, Rex, etc.
Todi, un étudiant client fidèle de Bobolo vidéoclub, se réjouit d’avoir à quelques minutes de sa maison un lieu où il se retrouve pour échanger avec les jeunes de son âge. Pour ce dernier, Voyage vers l’enfer reste un film inoubliable dans sa vie, surtout qu’il était en ce moment dans les préparatifs en vue de se rendre en Europe par tous les moyens.
Sur plus de 5.000 vidéoclubs enregistrés par le Syndicat National des Vidéo Clubs du Togo, Agoè seul en compte 05 dont deux spécialisés dans la transmission de matchs du championnat anglais et européen où évoluent les vedettes africaines telles que : Shéyi Adébayor, Samuel Eto’o…
Akondoh Bang’na
Agenda ciné
FESTIVALS
AFRIQUE
Ouagadougou
(Burkina Faso)
22ème FESPACO
Du 26 fév.-05 mars 2011
www.fespaco.bf
EUROPE
Cannes (France)
8ème Festival du film panafricain, Avril 2011
www.festivaldufilmpanafricain.org
Leuven (Belgique)
16ème Afrika Filmfestival,
25 mars – 9 avril 2011
www.afrikafilmfestival.be
Milan (Italie)
21ème Festival du cinéma africain, Mars 2011
www.festivalcinemaafricano.org
Lisez et faites lire Caméra, le bulletin cinématographique qui « scrute tout » pour vous !
Caméra
Année 2, N°018, du 15 janvier au 15 février 2011
Editorial :
Pleurons Le Togo en attendant le FESPACO !
Après le Festival Quintessence de Ouidah au Bénin, les regards sont tournés vers le Festival panafricain de cinéma et de télévision de Ouagadougou (FESPACO) attendu du 26 février au 5 mars 2011.
Le Togo sera-t-il représenté dans la sélection officielle du prochain FESPACO ? Le Directeur national de la cinématographie, M. Kodjo Adoukpo, nous apprend que plusieurs réalisateurs togolais ont envoyé leurs films à titre de candidature à ce grand rendez-vous. Vous en saurez plus à la prochaine parution.
En attendant, pleurons Le Togo. Sachez en effet que bientôt, une des plus populaires salles de cinéma de notre pays sera démolie pour raison d’aménagement de la vile de Lomé : la salle Le Togo. Bonne lecture !
La Rédaction
Kodjo Gonçalves : « Les cinémas d’Afrique pèchent surtout par le son »
Chers lecteurs et lectrices, voici la deuxième et dernière partie de l’interview avec M. Kodjo Goncalves, réalisateur et producteur de films togolais, interview dont la première partie a paru dans le n°016 du bulletin Caméra.
Vous avez réalisé beaucoup de film hors du Togo.
J’ai en effet passé presque toute ma carrière professionnelle hors de mon pays, à l’exception de mes expériences professionnelles à Radio Lomé et à la Télévision Togolaise.
J’ai ainsi tourné beaucoup de films au Canada, en France, au Niger… Entre autres films, je peux citer De la musique sur toutes les lèvres (1975, 16 mm, 15mn), Le fils du propriétaire (1975, 16 mm, 26mn) et Le dépeçage du mouton à Niamey (1983, vidéo, ¾ pouce, 19mn), un film ethnographique. J’ai fait donc des films ethnographiques, des films de fictions et des documentaires de création. C’est maintenant que je reviens en force avec la fiction.
Quels sont vos projets, maintenant que vous revenez au cinéma ?
J’ai plusieurs projets de films à savoir : un long métrage titré Les oranges du cimetière et des projets de films documentaires sur le Togo comme un film sur le togolais Assogba Yao qui enseigne à Halles près d’Ottawa (Canada) et qui a déjà publié plusieurs livres dont l’un des derniers est titré L’Afrique doit sortir du gouffre de l’histoire, livre qui a suscité beaucoup d’intérêt au Canada et aux Etats-Unis d’Amérique. Il s’agit d’un documentaire de 52 minutes sur son parcours prévu pour bientôt sous le titre Voici un fils.
Les problèmes des cinémas d’Afrique sont nombreux…
En effet, il y a par exemple le problème de l’inexistence d’une réelle politique culturelle, cinématographique notamment, mais aussi le problème de formation. Un des plus grands problèmes est celui du son. Les cinémas d’Afrique pèchent surtout par le son. Il faut donc former des ingénieurs de son et des professionnels dans les autres métiers du septième art.
Là, je salue les initiatives comme les Rencontres du Cinéma et de la Télévision de Lomé qui œuvrent pour la promotion du cinéma à travers la formation.
Le cinéma et les langues en Afrique…
Nous avons reçu des critiques par rapport à la langue de tournage du film De Lomé, ton père. Certains nous ont déconseillé de le tourner en mina (langue parlée au Togo).
C’est une mauvaise politique à mon avis, car nous devons revaloriser nos langues. Par exemple, toutes les productions filmiques en Hollande sont faites en néerlandais pour environ que 15 millions d’habitants. Et toutes les télévisions hollandaises sont sous-titrées.
Je constate une paresse de l’africain à lire, ce qui ne favorise pas le sous-titrage, parce que les textes défilent très vite. Par exemple, on peut tourner dans les langues africaines et utiliser la technique de doublure.
Interview réalisée par Charles Ayetan
Deuil imminent : La salle de cinéma « Le Togo » bientôt démolie !
Cette salle de cinéma de Lomé qui abrite en dernier ressort le Secrétariat Général de la Confédération africaine de Boxe, va bientôt disparaître.
En effet, dans le cadre du Projet d’aménagement de la zone lagunaire de Lomé (PAZOL), la salle Le Togo va être démolie pendant que le marché du lieu du même nom sera déplacé. Oui le marché du pain quotidien sera déplacé, survivra donc, tandis que le « marché » du film n’appartiendra plus qu’à l’histoire.
Retenez que la salle Le Togo a été créée en 1964 et reste gravée dans la mémoire des cinéphiles togolais, nostalgiques des délices du 7ème art…
Martin Poulibé : « Le métier de comédien est truffé d’aventuriers qui le dévalorisent et le rendent difficile »
Comédien singulier de nationalité camerounaise, Martin Poulibé a incarné le rôle du chef des ouvriers dans le film « white material » de Claire Denis, film projeté au cours de la cérémonie officielle de clôture de la 14ème édition du festival Ecrans Noirs qui s’est déroulée du 29 mai au 5 juin 2010 à Yaoundé sous le thème « cinéma et littérature ». L’homme, également auteur de bandes dessinées, est d’une simplicité déconcertante et d’un humour né probablement de sa seconde passion pour le 7ème art. Rencontré à cette occasion, le comédien Poulibé a accepté bien volontiers de partager avec nous sa passion pour le cinéma, mais non sans humour. Découvrez-le plutôt.
Qui est Martin Poulibé?
Il est Camerounais : 1m80, 80 kg. Diplômé en histoire et archéologie à l’Université de Yaoundé. Il a participé à des fouilles dans le grand nord du Cameroun dans l’équipe du professeur Nicolas David de Calgary University. Il est également comédien et auteur de plusieurs bandes dessinées dont une est vendue par Amazon.com.uk. Enfin, il occupe le poste de directeur commercial chez un concessionnaire automobile…ouf ! J’en ai fini.
Comment êtes-vous arrivé au cinéma ?
Je suis devenu acteur par hasard ou plutôt, je dirais que c’est le cinéma qui m’a choisi. Une équipe de production était venue tourner un film dans ma société en mai 2000. Je leur avais obtenu les autorisations nécessaires et ils ont insisté pour me donner un rôle que j’avais dans un premier temps refusé. J’ai fini par accepter et me voilà aujourd’hui embarqué sur le bateau du cinéma.
On vous connaît beaucoup ici au Cameroun en tant qu’acteur…
Je suis assez connu dans la sous région comme acteur de cinéma pour avoir incarné des personnages dans environ 85 productions regroupant des téléfilms, des publicités et autres. Certains films ont connu beaucoup du succès et partant de là, ont marqué l’imagerie populaire. Je cite à ce titre « Big heart » (« gros cœur ») qui m’a attiré beaucoup de préjudices. Ce téléfilm diffusé sur la chaîne camerounaise Canal 2 International a mis en scène deux acteurs principaux et un serpent boa. J’incarnais un personnage monstrueux propriétaire d’un boa qui lui offrait des jeunes filles innocentes en sacrifice. Le rôle a eu un effet tel qu’il est passé pour vérité dans l’imagerie. A la sortie du film, beaucoup de personnes changeaient de route quand ils me croisaient et bon nombre de collègues acteurs ont cru que j’étais un charmeur de serpent. Ce sont ces genres de rôle bien rendu qui ont fait ma notoriété. Par conséquence, quand des producteurs et réalisateurs étrangers viennent en Afrique centrale, ils me contactent soit à travers des amis soit à travers un mail.
Comment avez-vous obtenu votre rôle dans « White material » ?
J’ai participé au casting de Claire Denis. J’étais alors pressenti pour le rôle de Chérif puis de Maurice mais j’ai finalement obtenu celui que j’ai incarné dans le film, le rôle du chef des ouvriers. Parti pour 2 semaines de tournage, j’ai finalement fait 4 mois. J’ai eu l’insigne honneur de proposer sur la demande de la réalisatrice quelques mises en scènes qu’elle a acceptées, ce qui a prolongé mon séjour. Claire a apprécié, j’imagine, mon esprit de créativité. Cela m’a énormément fait plaisir et dans ce film, je me suis vraiment amusé.
Vivez-vous de votre métier d’acteur ?
Oui j’en vis puisque je roule carrosse, ha ! ha ! Pour être sérieux, on ne peut pas vivre de cet art en Afrique ou en d’autres termes on ne peut pas y être un professionnel. La raison essentielle est dans la fréquence des propositions de tournage de film. On travaille très peu et c’est mal payé.
Qu’est ce que vous n’aimez pas dans ce métier ?
Ce métier est truffé d’aventuriers qui le dévalorisent et le rendent difficile.
Les acteurs africains se plaignent souvent de leurs conditions. Quelles sont selon vous les causes de cette situation ?
Je l’ai dit tantôt, c’est la présence des personnes qui n’ont rien à faire dans ce métier. Il faut aussi noter que faire un film en Afrique relève d’un miracle : vous avez tout le monde contre vous et vous vous retrouvez parfois en train de faire de la « sorcellerie » et si vous n’êtes pas fait pour cela, je vous laisse imaginer ce qui adviendra de votre pauvre tête.
L’histoire du film reflète-t-elle une réalité de votre pays ?
Tout à fait. Cette histoire pourrait être la mienne ou celle de n’importe qui d’entre nous en Afrique noire. Pour quelqu’un qui sait ce qu’est une guerre civile, je pense que l’histoire reflète malheureusement la réalité dans nos pays où beaucoup prennent les armes pour vouloir changer un système que monopoliseraient d’autres.
Un message pour les jeunes qui veulent emboîter votre pas.
Un message pour quel jeune ? La jeunesse pour moi, ce n’est pas une époque mais un état d’esprit. Si vous parlez de jeunesse en terme d’âge, alors je dirai à cette jeunesse d’être avant tout honnête, sincère, modeste et travailleuse. Je recommanderai surtout à ces jeunes de savoir pourquoi ils deviennent acteurs parce que quand on ne sait pourquoi on fait quelque chose on le fait mal.
Interview réalisée par Sitou Ayité
Brèves
11ème Festival du Film Court Francophone de Vaulx-en-Velin, France
Tenu du 15 au 22 janvier, l’édition 2011 de ce festival a projeté une centaine de films dont 81 en compétition, tous jurys confondus. Parmi les pays à l’honneur, on peut citer l’Algérie, la Belgique, le Bénin, le Burkina Faso, le Canada, la France, le Mali, la Suisse, le Togo, la Tunisie.
29ème Festival des Rendez-vous du cinéma québécois
Ce festival se tiendra du 16 au 27 février 2011 à Montréal. A noter que le film De Lomé, ton père, réalisé par Guillaume Roussel et produit par Kodjo Goncalves est sélectionné pour ce grand rendez-vous cinématographique.
Agenda ciné
FESTIVALSAFRIQUE
Ouagadougou
(Burkina Faso)
26ème FESPACO
Du 26 fév.-05 mars 2011
www.fespaco.bf
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8ème Festival du film panafricain, Avril 2011
www.festivaldufilmpanafricain.org
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16ème Afrika Filmfestival,
25 mars – 9 avril 2011
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21ème Festival du cinéma africain, Mars 2011
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Citation
« Il est très indispensable de retrouver nos racines culturelles, notre vraie identité culturelle. »
Abbé Théodore Assogba (Togo)
Lisez et faites lire Caméra, le bulletin cinématographique qui « scrute tout » pour vous !
Caméra
Année 2, N°017, du 15 déc. 2010 – 15 janv. 2011
Editorial :
La culture dès l’aube du nouvel an 2011
Débuté le 10 décembre à Dakar, la 3ème édition du Festival Mondial des Arts Nègres prend fin au 31 décembre à Saint-Louis, ouvrant ainsi les portes du nouvel an aux cultures d’Afrique et de la diaspora. La Saint Sylvestre sera donc sans doute particulièrement belle.
A l’aube de 2011, de grâce, souvenez-vous de la culture, à la première minute de l’année, où que vous soyez, qui que vous soyez, toute révérence respectée ! Président de la République, Premier Ministre, Ministre des arts et de la culture, Ministre de l’économie et des finances, Ministre de l’industrie…, artistes de tout bord, amoureux des arts, du 7ème art en particulier.
De grâce, faites diligence à cette exhortation ! Ce sera le début de solution aux maux de la société. Ceci étant fait, il y aura sûrement dans un proche avenir, davantage de sourire sur les visages de nos concitoyens, plus d’épanouissement, davantage de professionnels dans les différents secteurs de l’économie, à commencer par ceux de la culture, moins de crises sociopolitiques et de crises cardiaques, de misère ou de départ précoce vers l’au-delà ! N’est-ce pas vrai ? Surtout, n’oubliez pas de souffler à l’oreille de Caméra, l’endroit où vous aurez passé le réveillon !
Bonne et Heureuse Année 2011 !
Charles Ayetan
Festival Mondial des Arts Nègres 2010
Le président Wade s’engage pour une périodicité triennale
Le Forum des intellectuels africains et de la diaspora a été clôturé le 22 décembre à Dakar par S.E.M. Me Abdoulaye Wade, président du Sénégal. Celui-ci s’est engagé à peser de tout son poids pour que le Festival Mondial des Arts Nègres se tienne tous les 3 ou 5 ans, afin de permettre à tous les africains d’exposer au reste du monde les différentes cultures que renferme l’Afrique. Dans son intervention, le président sénégalais a promis que le village du festival sera remis aux étudiants. Ce cadre permettra d’unir les forces et les compétences pour rehausser la culture africaine, a souligné Me Wade à la fin de ce forum.
Un rendez-vous qui a permis aux 300 participants des 53 pays d’Afrique et de la diaspora de faire le tour d’horizon des difficultés qui inhibent le développement socioculturel du continent et de proposer des solutions. Dans sa présentation du bilan des travaux du forum, le Pr Iba Der Thiam, président du comité scientifique, a souligné qu’environ 400 communications ont été présentées et 150 documents validés. Il a ensuite énuméré les différents secteurs pour un véritable développement de l’Afrique, entre autres les infrastructures, l’éducation. Le Pr Thiam a enfin invité les participants à plus d’ardeur afin que cette rencontre soit un départ pour la promotion multiculturelle de l’Afrique.
Durant ce forum, le Togo a fait son entrée avec l’intervention de l’ancien ministre de la communication et de la culture, Cornélus Aïdam. Le délégué togolais a, dans son intervention, fustigé les séries diffusées sur les chaînes de télévisions africaines. Il a souhaité que les films produits par les africains véhiculent les richesses culturelles de l’Afrique. Les groupes artistiques de presque tous les pays africains étaient là sauf le Togo. Aux dernières nouvelles, on nous a annoncé que de King Mensah sera sur scène le 29 décembre avec Youssou N’dour, Alfa Blondy…
Akondoh Bang’na
Envoyé spécial
Rencontres surprises, sourires artistiques !
Les envoyés spéciaux de votre bulletin « Caméra » à Dakar, Akondoh Bang‘na et Sitou Ayité, ont rencontré entre autres stars, le populaire Jacob Devarieux du Groupe Kassav, star emblématique du zouk antillais, et la star afro-américaine de Hollywood, Danny Glover (à gauche), le célèbre comédien qui a animé le panel de la Fédération Africaine de Critique Cinématographique (FACC) lors de ce festival qui se tient à Dakar.
Artistiquement votre !
Festival Mondial des Arts Nègres 2010
LES CINEMAS D’AFRIQUE A L’HONNEUR…
La 3ème édition du Festival Mondial des Arts Nègres qui se tient depuis le 10 décembre 2010 à Dakar et Saint-Louis au Sénégal, connaît une forte participation d’artistes et d’intellectuels africains et du monde. Cette manifestation vise à rehausser l’image de la culture africaine à travers le monde entier.
Le public, par milliers, continue de savourer les prestations des artistes sur les lieux aménagés à cet effet (Galerie Nationale, Mairie de Dakar, Maison de la culture Douta Seck, Méridien, Place du Souvenir, Saint-Louis, Théâtre Sorano, Village des Arts du Festival, etc.).
Différentes activités culturelles s’y déroulent : conférences, fora, ateliers de formation, expositions, projections de films et divers spectacles de danse, mode, musique, théâtre… Un grand rendez-vous « du donner et du recevoir ».
Entre panel et colloque
La journée du 23 décembre s’est ouverte avec le panel cinéma initiée par la Fédération Africaine de la Critique Cinématographique (FACC). Une rencontre entre Danny Glover (comédien et star afro-américain des films de Hollywood) et les cinéastes africains à la Place du Souvenir de Dakar. Danny a relevé les difficultés que rencontre le cinéma africain. Il a ensuite montré son engagement à apporter sa pierre à l’édification de ce secteur que les jeunes africains ont de la peine à embrasser. Puis la star a déploré la situation sociopolitique et économique que connaît le continent, situation qui, selon lui, ne favorise pas l’éclosion du cinéma africain. La star Hollywoodienne a enfin invité les participants à exploiter de façon rationnelle et de profiter davantage de pareilles rencontres pour redonner le sourire à tous ses frères africains victimes de la pauvreté. Les cinéastes participants sont tour à tour intervenus sur l’inexploitation de la réalité africaine tout en relevant que la multiculturalité de l’africain est une denrée à vendre aux autres.
Ce panel a connu une forte participation de la FACC représenté au 3ème Festival par plusieurs dizaines de critiques de cinéma venus de plus de 20 pays. Outre ce panel, les critiques de cinéma du continent ont réfléchi au cours d’un colloque sur le cinéma africain tenu les 16 et 17 décembre.
Projections de films
Les projections de films se sont déroulées notamment sur la Place du Souvenir. Pour cette journée du 23 décembre, l’Afrique du Sud était à l’honneur avec « Old Wives Tale », « Dance of the graves » et « IzuluLami (mon ciel secret) », respectivement de D. Phakathi, Pule Diphare et Madoda Ncayiyana, tous d’Afrique du Sud. Cette soirée cinéma a été clôturée par la projection du film « Nothing but truth (Rien que la vérité) » du sud-africain, John Kani. Un film qui retrace la vie de Sipho Mahkaya, un patriote sud-africain épinglé d’une double trahison : sa femme le trompa avec son frère après plusieurs années de mariage et l’effet de l’apartheid. Le réalisateur répondra également à sa façon à l’épineuse question de la réconciliation en Afrique du Sud.
La cérémonie de clôture du festival est prévue pour le 31 décembre 2010 à Saint-Louis, une cité située à une dizaine de kilomètres de Dakar.
Akondoh Bang’na
Envoyé spécial
…MAIS LE TOGO A LA LOUPE !
Le Togo vient encore de briller par son absence, du moins sa piètre présence, à l’une des manifestations les plus identitaires du continent africain : le Festival Mondial des Arts Nègres.
Présence de drapeau, absence de films
Côté 7ème art, on remarque bien à la Place du Souvenir, lieu par excellence des projections de films de ce festival, le drapeau togolais hissé parmi ses confrères. S’il avait droit à la parole, il demanderait bien ce qu’il fait là. Et pourtant, 10 acteurs du secteur cinématographique avaient été sélectionnés par la Direction Nationale du Cinéma au Togo pour participer à cet évènement. Comment pourrait-on expliquer le fait qu’ils ne soient jamais rappelés ? On le lierait à la politique. La politique ! Elle vient toujours se mêler de tout, même de la culture qui ne la regarde pas du moins qui ne devrait pas la regarder. Il est vrai qu’entre politique et culture, ce n’est pas la grande histoire d’amour mais un respect mutuel s’impose. La première ne devrait pas empêcher la seconde de respirer. A cette allure, un procès entre la culture et la politique s’impose. Qui le remportera ?
Mais, est-ce là le nœud du problème, quand l’on sait que la politique se servait à merveille de la culture pour pousser ses racines politiciennes ?
Quelques passionnés
Deux (02) critiques de cinéma de l’Association des Journalistes Critiques Cinématographiques du Togo étaient heureusement présents, comme toujours, pour visionner et analyser les films des autres pays. Il faut saluer également la présence du cinéaste togolais, Jacques Do Kokou à ce grand rendez-vous culturel.
Musique : la petite fenêtre
Heureuse trouvaille, une recherche à la loupe sur la vingtaine de pages du programme de ce festival laisse voir une petite fenêtre à la musique togolaise qui sera représentée par King Mensah le 29 décembre.
La soirée baptisée Africa united Africa débutera à 19 heures à la Place de la Renaissance. Bravo King !
Sitou Ayité
Envoyée spéciale
Agenda ciné
FESTIVALS
AFRIQUE
Ouidah (Bénin)
9ème Festival international du film de Ouidah
(Quintessence)
Du 7 au 11 janvier 2011
www.festival-ouidah.org
Ouagadougou
(Burkina Faso)
26ème FESPACO
Du 26 fév.-05 mars 2011
www.fespaco.bf
EUROPE
Cannes (France)
8ème Festival du film panafricain
Avril 2011
www.festivaldufilmpanafricain.org
Leuven (Belgique)
16ème Afrika Filmfestival,
25 mars – 9 avril 2011
www.afrikafilmfestival.be
Milan (Italie)
21ème Festival du cinéma africain
Mars 2011
www.festivalcinemaafricano.org
Lisez et faites lire Caméra, le bulletin cinématographique qui « scrute tout » pour vous !
Caméra
Année 2, N°016, du 15 nov. au 15 déc. 2010
Editorial :
Arts et cultures à l’honneur en Afrique
Décembre, le mois de toutes les fêtes, connaît une ambiance particulière cette année en Afrique. Pour cause, la troisième édition du Festival Mondial des Arts Nègres se tient du 10 au 31 décembre à Dakar et Saint Louis, 44 ans après la première édition. Le Sénégal est donc le pôle 2010 de la plus grande rencontre culturelle de l’Afrique cette année.
Une véritable fête des arts et de la culture. Le cinéma participe de ce rendez-vous culturel avec une programmation filmique rétrospective des grands moments ayant marqué l’histoire des cinémas d’Afrique, en cette année du cinquantenaire des indépendances de plusieurs pays du continent.
Ce temps des bilans est propice pour vous faire découvrir le film De Lomé, ton père, un court métrage de fiction Guillaume Roussel-Garneau sur des immigrées togolaises au Canada. En attendant, la sortie de ce film à Lomé, prions pour que les seules salles de cinéma rescapées de la capitale ne se ferment pas.
La Rédaction
3ème Festival Mondial des Arts Nègres à Dakar et Saint Louis au Sénégal
La 3ème édition du Festival Mondial des Arts Nègre (FESMAN) se tient du 10 au 31 décembre 2010 à Dakar et Saint Louis au Sénégal. Cette 3ème édition vient redonner vie à ce prestigieux festival des cultures d’Afrique et de sa diaspora.
En effet, la 1ère édition du FESMAN a été organisée en 1966 à l’initiative de la revue Présence Africaine et de la Société Africaine de Culture par le président Léopold Sédar Senghor.
La cérémonie d’ouverture du 3ème FESMAN a eu lieu à Dakar le 10 décembre au stade Léopold Sédar Senghor à travers un grand spectacle riche en couleurs et expressions culturelles d’Afrique, du Brésil, des caraïbes et du reste de la diaspora noire.
« Renaissance africaine » est le thème de ce 3ème Festival Mondial des Arts Nègres, thème est évocateur en cette année du cinquantenaire d’un grand nombre d’Etats africains.
Il faut rappeler qu’après la première édition en 1966 à Dakar, le 2ème FESMAN a eu lieu une décennie plus tard en 1977 à Lagos au Nigeria.
Festival pluridisciplinaire, le FESMAN est une plateforme pour valoriser le cinéma, la danse, la musique, le théâtre, etc.
Charles Ayetan
Cinéma : Deux résidences documentaires organisées par Africadoc à Niamey
Du 15 novembre au 5 décembre dernier, une résidence d’écriture cinématographique s’est tenue à Niamey au Niger. Sous l’encadrement des cinéastes Jacques Dechamps (France) et El Hadj Sani Magori (Niger), cette résidence a réuni 8 jeunes réalisateurs de la sous région : Siga Diouf (Sénégal), Marie-Laurentine Bayala (Burkina Faso), Adama Sorgho (Burkina Faso), Nadine Kambou Yéri (Burkina Faso), Egome Amah (Togo), Rakia Laminou Kader (Niger), Bawa Kadadé (Niger), Idi Nouhou (Niger) et Oumarou Kadry Koda (Niger).
Au même moment, une résidence de production a été organisée avec la productrice Sophie Salbot comme formatrice pour quatre résidents : Mamounata Nikiema (Burkina Faso), Sitou Ayité (Togo), Adama Konkobo (Côte d’Ivoire), et Amadou Hamidou (Niger).
Ces résidences ont été organisées grâce au soutien de l’Union Européenne, de l’UEMOA, d’Arte France, du CCF Jean Rouch de Niamey, de Maggia Images et d’Africadoc (France et Niger).
Sitou Ayité
Samir Tabchoury, propriétaire de salles de cinéma à Lomé, s’en est allé
Le propriétaire des salles de cinéma, les seules fonctionnelles à Lomé à ce jour, Samir Tabchoury dit « Le vieux » a tiré sa révérence le 28 octobre 2010.
Une messe d’action de grâces a été dite pour le repos de son âme le 13 novembre dernier en l’église St Antoine de Padoue de Hanoukopé à Lomé.
Débutée à 10h30, cette messe a été présidée par l’archevêque de Lomé, Mgr Denis Amuzu-Dzakpah, en présence de plusieurs autorités religieuses, gouvernementales et diplomatiques.
De nationalité libanaise, feu Samir Tabchoury a contribué au développement de la cinéphilie au Togo à travers ses salles de cinéma Opéra, Elysée et Le Club, salles fonctionnelles jusqu’à ce jour, bien que leur fréquentation ait considérablement diminué depuis une dizaine d’années.
Immigration ou nostalgie dans un monde rêvé
De Lomé, ton père de Guillaume Roussel-Garneau
De Lomé, ton père est le drame psychologique d’une togolaise immigrée au Canada avec sa fille, appelées à faire face aux aridités d’un monde pourtant rêvé. C’est bien dans cet environnement que la jeune Afi attend avec impatience le fameux colis que son père, privé de visa, lui envoie depuis sa terre natale.
Le réalisateur de cette fiction, Guillaume Roussel-Garneau, a choisi de dérouler la trame d’une séquence de vie d’immigrés vivant au Canada. Réalisé en Mina, langue parlé au Togo, dans sa version originale et sous-titré en français, ce court métrage est le reflet d’un monde de merveille, monde vermeil pour les actuels et futurs candidats à l’immigration. Tandis que les immigrés sont déjà descendus dans l’arène d’un questionnement existentiel, du moins d’un questionnement sur la magie fuyante d’un monde de bonheur.
La beauté des plans, l’angle de la caméra, la simplicité des acteurs filmés dans leur environnement quotidien confèrent une beauté technique et artistique particulière à l’expression de la nostalgie de ces femmes.
Charles Ayetan
Kodjo Gonçalves : « C’est le 1er d’une série de films sur la vie des immigrés »
Professionnels togolais de la télévision et du cinéma, M. Kodjo Gonçalves est producteur du film De Lomé, ton père (2010, 13mn 55) réalisé par le canadien Guillaume Roussel-Garneau. M. Gonçalves est réalisatueur de plusieurs films entre autres, Le dépeçage du mouton à Niamey (1983, vidéo, ¾ pouce, 19mn), De la musique sur toute les lèvres (1975, 16 mm, 15mn) et Le fils du propriétaire (1975, 16 mm, 26mn). En séjour à Lomé depuis fin novembre dernier, il a accepté de nous accorder une interview dont voici un premier extrait.
Vous êtes producteur du film De Lomé, ton père, un court métrage de fiction réalisé par Guillaume Roussel-Garneau. Quelle votre part dans la production de ce film ?
Ça été tout à fait un hasard. Guillaume cherchait des comédiennes qui parlent mina, parce qu’il voulait tourné en mina, langue avec laquelle il s’habitue pour avoir épousé une togolaise. Il a fait appel à la Communauté Togolaise du Canada (CTC). J’ai alors répondu à l’annonce publiée à cet effet et nous sommes rentrés en contact. Après une rencontre à Montréal où je suis allé lui présenter certaines togolaises, un casting a été organisé à l’issue duquel les comédiennes de ce film ont été sélectionnées.
Comment avez-vous organisé la production de ce film ?
Tourné à Montréal, De Lomé, ton père est un film produit par ma maison de production dénommée « Eklo Productions » (Ndlr « Eklo » en mina désigne la tortue). C’est le premier d’une série de courts métrages sur la vie des immigrés de tout bord et pas seulement africains. Nous avons donc commencé par le Togo parce que le réalisateur voulait tourner en mina.
Guillaume Roussel-Garneau est donc réalisateur et monteur, tandis que moi je suis producteur et conseiller artistique. Le film a été tourné en deux temps : une partie en été et l’autre en automne.
Depuis quand avez-vous commencé à travailler dans le cinéma ?
J’étais animateur de radio ici à Lomé sous le nom de Daniel Salem et entre temps lorsque la Télévision Togolaise a été créée en 1974, j’ai été nommé directeur des programmes à la télé. J’ai ensuite senti le besoin d’aller me former dans l’audiovisuel. C’est ainsi que je suis parti à l’INA (Institut National de l’Audiovisuel) en France pour une formation de cadre de télévision en 1979. Il s’agit d’une formation de deux ans et demi en conception, réalisation, directeur photo, chef monteur et ingénieur de son.
C’est ainsi que j’ai commencé à faire des films dont le premier, Le collier de Dovi (1975, 16 mm, 70 mn), film inédit parce que j’ai été appelé à travailler en Hollande, puis comme consultant avec la F.A.O. dans les pays du Sahel notamment. J’ai également enseigné dans plusieurs écoles du cinéma comme le CFTI, où nous formions des journalistes, des réalisateurs. J’ai fait des missions à Bamako au CESTA pour la formation des pédagogues audiovisuel. C’est une formation audiovisuelle destinée à des personnes ayant obtenu une licence ou maîtrise et qui étaient formées pendant 1 an ou 1 an et demi. Les bénéficiaires recevaient donc une formation pluridisciplinaire et intervenaient par la suite dans un programme de la F.A.O. dénommé « cinéma au service du développement ».
Propos recueillis par Charles Ayetan
“Vent de sable, le Sahara des essais nucléaires”
Le documentaire “Vent de sable, le Sahara des essais nucléaires” du réalisateur algérien Larbi Benchiha est programmé pour être diffusé sur la chaine LCP – Public Sénat aux dates suivantes :
- mardi 14 décembre 2010 à 22h30
- samedi 18 décembre 2010 à 22h00
- dimanche 19 décembre 2010 à 18h00
- lundi 20 décembre 2010 à 17h20
(Veuillez visiter le site : http://www.publicsenat.fr)
Agenda ciné
FESTIVALS
AFRIQUE
Dakar (Sénégal)
Festival du film de Dakar
Décembre 2010
www.filmdedakar.com
Ouidah (Bénin)
9ème Festival international du film de Ouidah
(Quintessence)
Du 7 au 11 janvier 2011
www.festival-ouidah.org
Ouagadougou
(Burkina Faso)
26ème Fespaco
Du 26 fév.-05 mars 2011
www.fespaco.bf
ASIE
Dubaï (Émirats Arabes Unis)
7ème Festival international du film de Dubaï
Du 12 au 19 déc. 2010
www.dubaifilmfest.com
EUROPE
Cannes (France)
8ème Festival du film panafricain
Avril 2011
www.festivaldufilmpanafricain.org
Milan (Italie)
21ème Festival du cinéma africain
Mars 2011
www.festivalcinemaafricano.org
Lisez et faites lire Caméra, le bulletin cinématographique qui « scrute tout » pour vous !
Caméra
Année 2, N°015, du 15 oct. au 15 nov. 2010
Editorial :
Quel secours pour les festivals de cinéma au Togo ?
Les événements cinématographiques chancellent encore dans notre pays. Le Festival de Film Vidéo de Lomé (FIFIVIL) qui n’a pas pu tenir son 5ème rendez-vous biennal l’an dernier a organisé une « édition symbolique » cette année, juste pour donner signe de vie et rappeler qu’il continue son « pèlerinage » que nous espérons ne pas devenir purement un « chemin de croix », encore faut-il qu’il soit salutaire pour le cinéma.
Cette édition « symbolique », les Rencontres du Cinéma et de la Télévision de Lomé (RECITEL) l’ont frôlée par un récent passé et risquent de l’expérimenter tôt ou tard lorsqu’il n’y aura plus d’arbuste sur lequel se greffer ou s’appuyer.
Le jeune Festival International du Film des Droit de l’Homme de Lomé ne peine pas moins, quoiqu’il continue de tenir ses paris annuels. La prochaine édition est attendue du 25 au 30 novembre prochain.
En attendant, Lomé et Atakpamé entre autres, accueillent la 2ème édition du Festival du Film Alimentaire du Togo. Double appétit – cinéphilique et alimentaire – aux cinéphiles !
La Rédaction
« ECRAN », une nouvelle école de cinéma au Togo
Un nouveau bébé vient de s’ajouter au répertoire des écoles de cinéma au Togo. Il est baptisé : Ecole de Cinéma, de Réalisation Audiovisuelle et de Nouvelles technologies (Ecran).
Ecran est une école de formation de techniciens professionnels qui a ouvert ses portes le mardi 2 novembre 2010 avec une dizaine d’élèves.
Mme Christelle Aquereburu, directrice, garantie que même si l’école débute avec des formations modulaires, elle respectera très bientôt le cahier de charges des écoles de formation.
En effet, le premier module a débuté avec une formation en techniques scénaristiques. S’en suivront, d’autres modules techniques.
Il faut remarquer qu’il existe déjà sur place certaines structures de formation qui œuvrent dans le même sens telles que l’Ecole Supérieure des Etudes Cinématographiques (ESEC), l’Institut Professionnel des Métiers du Cinéma et de l’Audiovisuel (IPMCA) et Perfecom.
Sitou Ayité
A quand la formation de « comédien de cinéma » ?
La question a toute sa raison d’être pour la jeune génération du cinéma togolais : « à quand la formation de « comédien de cinéma ? ».
Les metteurs en scène encaissent le coup de « mal diriger » leurs acteurs. Ceci donne droit à tous les coups à la fin d’un film togolais, notamment des expressions du genre « ils sont trop théâtraux » ou « ils sur-jouent ». Bien que le théâtre soit le frère aîné par excellence du cinéma, ces assertions sont loin d’être des compliments.
Y a-t-il vraiment une mauvaise direction d’acteur ? On peut l’accorder. Mais considéré sous un autre angle, existe-t-il vraiment « un comédien professionnel » au Togo ?
Certes, on trouve dans le circuit audiovisuel plus de techniciens professionnels que de comédiens attitrés. A quoi ceci est-il dû ? Le sondage révèle plusieurs causes.
D’un côté, l’étiquette légendaire de « suffisance » collée au front des comédiens ne manque pas au rendez-vous : la plupart des « comédiens » ne voient pas la nécessité de se former parce qu’ils ont un nom auprès du public profane. Les plus modestes du bloc trouvent les formations onéreuses et pratiquement inexistantes.
D’un autre côté, si le fait de sortir d’un cours d’art dramatique peut parfois suffire à chevaucher le théâtre et le cinéma, le jeune acteur togolais par contre, lui, semble avoir des soucis à adapter son jeu au 7ème art. Par ailleurs, les écoles sur place ne proposent pour le moment aucune formation à cet effet. C’est un réel problème qui conduit à un déséquilibre dans le rendement.
Sitou Ayité
Communiqué
Le Ministre des Arts et de la Culture porte à la connaissance de tous les professionnels du cinéma que la 22ème édition du Festival Panafricain du Cinéma et de la Télévision de Ouagadougou (FESPACO) et de la 15ème édition du Marché International du Cinéma Africain (MICA) auront lieu du 26 février au 05 mars 2011 à Ouagadougou (Burkina Faso).
A cet effet, il informe tous les artistes et professionnels du cinéma, désireux d’y participer de bien vouloir inscrire leurs œuvres selon le calendrier suivant :
* 01-31 octobre 2010, date limite des inscriptions des films pour le FESPACO
* 02-31 janvier 2011, date limite d’envoi des copies des films pour le MICA
* 03-15 février 2011, date limite pour le paiement des inscriptions au MICA.
Les renseignements sont disponibles sur le site web : www.fespaco.bf ; E-mail : sg@fespaco.bf.
Pour tous renseignements complémentaires, prière contacter la Direction Nationale de la Cinématographie sise au 47, avenue des Nations Unies, Lomé.
Tél. : 222 86 41 / 924 60 80 ; courriel : dirnatcinematg@yahoo.fr
Me Yacoubou K. Hamadou, Ministre des Arts et de la Culture
Festivals de cinéma à Lomé : une semaine de non-événement !
Du 25 au 30 octobre, trois manifestations cinématographiques ont eu lieu à Lomé : le Festival du film documentaire du Centre culturel français de Lomé, les Rencontres du Cinéma et de la Télévision de Lomé (RECITEL) et le Festival International de Film Vidéo de Lomé (FIFIVIL).
Si les deux premiers se sont déroulés au Centre culturel français de Lomé au même moment, et visiblement l’un se greffant sur l’autre, le troisième a eu lieu au Goethe-Institut de Lomé. Ces manifestations étaient-elles réellement des événements ? Dans tous les cas, l’affluence sur les lieux ne laisse pas entrevoir une réponse affirmative, pas plus que la communication autour desdites manifestations.
Incompétence, incompréhension ou mauvaise foi ? Difficile à qualifier. C’est peut-être un accident que ces manifestations se soient tenues au même moment avec une apparence d’insuccès notoire. Un tel accident, pour autant qu’il l’est, n’est sûrement plus à souhaiter à l’avenir.
Quoiqu’il en soit, le cinéma se fait de plus en plus présent dans les centres culturels de la capitale.
Aussi le public cinéphile est-il convié à visionner les films ayant remporté depuis 40 ans l’Etalon de Yennenga, la plus grande distinction du Festival Panafricain du Cinéma et de la Télévision de Ouagadougou qui se tient chaque 2 ans au Burkina Faso.
Charles Ayetan
Décès de Tahar Cheriaâ, fondateur des Journées Cinématographiques de Carthage
Grande figure du cinéma, le Tunisien Tahar Cheriaa est décédé le jeudi 4 novembre 2010 à l’âge de 83 ans à Tunis.
Fondateur des Journées Cinématographiques de Carthage (JCC), l’un des plus anciens festivals de cinéma du Sud, Tahar Cheriaa déjà affaibli par la maladie a assisté le 27 octobre dernier en fauteuil roulant à un ultime hommage offert en son honneur par la 23e édition de la biennale qu’il a créée en 1966.
Après des études de Lettres à Tunis, puis à Paris, Tahar Cheriaa débuta sa carrière en publiant articles et ouvrages sur le cinéma, et jeta les bases du premier département cinéma au ministère de la Culture de la Tunisie, nouvellement indépendante.
Il contribuera en 1971 à la création du Fespaco.
Semaine de la Critique Cinématographique de Ouagadougou
L’association des critiques de cinéma du Burkina Faso (ASCRIC B) a organisé du 06 au 12 octobre dernier, la Semaine de la critique cinématographique de Ouagadougou (SECRICO). L’édition 2010 de la SECRICO était placée sous le thème « 50 ans après l’indépendance, où en est le cinéma burkinabè ? ».
La SECRICO entend promouvoir un cinéma de qualité. Elle est annuelle et se tient entre le 6 et le 12 octobre pour coïncider avec la célébration de la journée du cinéma africain instituée le 12 octobre de chaque par l’Union africaine et la Fédération africaine des cinéastes (FEPACI). La présente édition, a pour but de célébrer le « cinquantenaire du cinéma burkinabè ».
Au menu de cette manifestation, un atelier de formation à la critique cinématographique qui a eu lieu du 7 au 8 octobre et des projections de films burkinabè produits entre 1960 et 2010, du 8 au 12 octobre.
Par ailleurs, un panorama de films courts métrages a été servi au public cinéphile de Ouagadougou au cours de la grande nuit du court métrage du 9 au 10 octobre, de 21h à l’aube.
Une table ronde tenue le 12 octobre, autour du thème « 50 ans après l’indépendance, où en est le cinéma burkinabè ?» a couronné les travaux de cette semaine de la critique par une réflexion autour du parcours cinématographique burkinabé depuis un demi-siècle.
Charles Ayetan
« Silence on tourne ! »
Un concours vidéo de la Banque mondiale
Un concours vidéo est lancé par la Banque Mondiale à travers l’Association Internationale de Développement (IDA). Le contexte est que les dirigeants du monde entier considèrent actuellement le réapprovisionnement des ressources de l’IDA qui est la branche du Groupe de la Banque mondiale qui finance les projets de développement dans les 79 pays les plus pauvres de la planète, dont 39 sont situés en Afrique subsaharienne.
Les organisateurs du concours invitent donc les personnes intéressées à partager leurs avis sur l’orientation future de tels investissements.
Pour ce faire, il suffit de faire parvenir une vidéo de deux minutes qui répond à la question suivante : « Si vous étiez en charge du programme de la Banque mondiale dans votre pays, province, ville ou village, que mettriez-vous en priorité et pourquoi ? »
Les candidats sont priés d’envoyer le lien de leur vidéo postée sur YouTube au plus tard le lundi 22 novembre 2010 à 23h59 (temps universel). Pour toute question ou commentaire sur ce concours, écrire à afrex@worldbank.org.
Agenda ciné
FESTIVALS
Afrique
Lomé (Togo)
4ème Festival International du Film des Droits de l’Homme (FIFDH)
Du 25 au 30 novembre 2010.
Contact : +228 234 01 34
Dakar (Sénégal)
Festival du film de Dakar
Décembre 2010
www.filmdedakar.com
Ouidah (Bénin)
9ème Festival international du film de Ouidah-Quintessence
Du 7 au 11 janvier 2011
www.festival-ouidah.org
Ouagadougou
(Burkina Faso)
26ème Fespaco
Du 26 février au 05 mars 2011
www.fespaco.bf
Europe
Amiens (France)
30ème Festival international du film d’Amiens
Du 12 au 21 novembre 2010
www.filmfestamiens.org
Besançon (France)
10ème Festival des cinémas d’Afrique (Lumières d’Afrique)
Du 06 au 14 novembre 2010
www.lumieresdafrique.com
Lisez et faites lire Caméra, le bulletin cinématographique qui « scrute tout » pour vous !
Caméra
Année 2, N°014, du 15 septembre au 15 octobre 2010
Editorial :
Nos cités au rythme du cinéma !
Le public togolais, en particulier de Lomé, d’Assahoun et de Kara va vivre quelques événements cinématographiques au cours des mois d’octobre et de novembre 2010.
Il s’agit de la 5ème édition des Rencontres du Cinéma et de la Télévision de Lomé (RECITEL) du 14 au 30 octobre, du Festival du film documentaire du Centre Culturel Français de Lomé du 26 au 30 octobre, et du 4ème Festival International du Film des Droits de l’Homme (FIFDH) du 25 au 30 novembre à Lomé et Kara.
Ce numéro de votre bulletin vous propose également une sélection de festivals cinématographiques d’Afrique et d’Europe. Cinéphiles, comédiens et cinéastes ne vont donc pas chômer ces temps-ci sur le plan événementiel, voire éducationnel. Le Togo, l’Afrique et le monde au rythme du cinéma !
Caméra salue les professionnels du septième art de notre pays et d’ailleurs qui animent et nourrissent l’appétit visuel des uns et des autres à travers le monde. Bonne lecture !
La Rédaction
5ème édition des Rencontres du Cinéma et de la Télévision de Lomé
« Un cinéaste dans notre école », un programme d’initiation des scolaires au cinéma
La 5ème édition des Rencontres du Cinéma et de la Télévision de Lomé (RECITEL) aura lieu du 14 au 28 octobre 2010. Au menu de cette 5ème édition, deux programmes sont à distinguer : un ” programme off ” dénommé ” Un cinéaste dans notre école ” qui se déroule à Assahoun du 14 au 19 octobre et un ” programme in ” qui aura lieu du 26 au 28 octobre à Lomé.
L’innovation des RECITEL 2010 consiste en l’organisation d’un atelier cinéma dénommé “Un cinéaste dans notre école”. Selon le Délégué général des RECITEL, M. Jacques Do Kokou, il s’agit “d’offrir aux élèves, une éducation à l’image, de leur donner les clés pour décrypter et analyser les images, les films, les scénarios”. Cette éducation, poursuit-il, permettra de “susciter chez eux une curiosité cinématographique et d’aiguiser par la même occasion leur sens de la critique et leurs sens artistique”.
Cet atelier est accueilli cette année par le Collège d’Enseignement Général (CEG) Christ-Roi d’Assahoun où se tiennent les séances d’initiation. Pendant cette période, des projections de films ont lieu les soirs dans l’enceinte de la paroisse Notre Dame de l’Assomption d’Assahoun à partir de 19h. Quant à l’atelier de formation cinématographique habituel des RECITEL, il porte cette année sur le ” court métrage ” et regroupera plusieurs dizaines de participants du 26 au 28 octobre au Centre Culturel Français de Lomé.
Une vingtaine de projections de films est programmée au CCF tout au long de cette manifestation cinématographique.
Il faut noter que RECITEL est une initiative de l’Association pour la Promotion de la Culture, des Arts et des Loisirs (APCAL) dont la première édition a eu lieu en octobre 2006.
Charles Ayetan
26-30 octobre : Festival du film documentaire au Centre Culturel Français de Lomé
Le Centre Culturel Français (CCF) de Lomé organise en partenariat avec les RECITEL, (Rencontres du Cinéma et de la Télévision de Lomé), du 26 au 30 octobre 2010, la 5è édition du Festival du film documentaire.
Au total, neuf (9) films documentaires sont programmés pour 26 projections du 26 au 30 octobre 2010.
Ces films offrent « un voyage thématique » au cours duquel des escales sont proposés sur divers arts tels que le cinéma, la danse, la musique, etc., avec des histoires ou récits allant de l’ordinaire du quotidien à la bravoure, voir à l’héroïsme aussi bien de l’amour, de la justice et de la réconciliation des peuples.
Les films au programme :
• Accentus Laurence Equilbey d’Andy Sommer
• Barcelone ou la mort d’Idrissa Guiro
• Dans les décombres (Qian Men Qian) d’Olivier Meys
• D’un mur l’autre Berlin-Ceuta de Patric Jean
• Eldorado/ Preljocaj d’Olivier Assayas
• L’heure du berger de Pierre Creton
• La mère d’Antoine Catin et Pavel Kostomarov,
• Nos lieux interdits de Leila Kilani,
• Sonderkommando Auschwitz-Birkenau d’Emil Weiss.
Festival Clap Ivoire 2010 : Le Togo honoré par trois prix
La 10ème édition du Festival concours Clap Ivoire, s’est tenue du 1er au 5 septembre dernier, à Abidjan (Côte d’Ivoire). Le Togo a été honoré par plusieurs prix et une participation remarquable. Ainsi le film Ma mère est mon enfant d’Ingrid Agbo du Togo a t-il remporté 3 prix à savoir : le Prix du meilleur son, le Prix de la meilleure interprétation féminine et le 3ème Prix fiction.
Le palmarès de la 10ème édition de Clap Ivoire a été rendu public le 3 septembre 2010. Le Grand Prix Kodjo Ebouclé 2010, la plus prestigieuse distinction de Clap Ivoire, a été remporté par le film Lobikher, femmes lobi du jeune réalisateur, Jean Noël Boyou de la Côte d’Ivoire.
Dans la catégorie fiction, le 1er Prix a été décerné à La reine et le soleil de Mamadou Thiamdoume du Sénégal, le 2ème Prix au film Le destin d’Ingrid Boka de la Côte d’Ivoire et le 3ème Prix à Ma mère est mon enfant d’Ingrid Agbo du Togo.
Côté documentaire, le 1er Prix a été décerné au film Les pieds dans l’eau du sénégalais Mamadou Niang dit Leuz, le 2ème Prix à Hlan, la sève nourricière en danger de Laurence Agossou du Bénin et le 3ème Prix au Chemin de l’Intégration (Le) du nigérien Moussa Ahmadou Zarma.
Au total, huit (08) films ont été lauréats sur les quatorze (14) en compétition. Il faut signaler que le Togo avait présenté deux films : Ma mère est mon enfant d’Ingrid Agbo dans la catégorie fiction, et Le chien, de la garde à la marmite de Joël Tchédré dans la catégorie documentaire.
Dans la catégorie Prix spéciaux, le Prix du meilleur son est remporté par le film Ma mère est mon enfant de notre compatriote Ingrid Agbo, le Prix du meilleur scénario par Le destin de l’ivoirienne Ingrid Boka et enfin, le prix de la meilleur image est revenu à Hlan, la sève nourricière en danger de la béninoise Laurence Agossou.
De retour d’Abidjan, le Directeur national de la cinématographie, nous a confié sa satisfaction face à ce palmarès encourageant pour le Togo. Un programme est en confection à la Direction Nationale de la Cinématographie (DNC) pour rendre compte de la participation togolaise à cette 10ème édition de Clap Ivoire.
Charles Ayetan
Bientôt une fédération audiovisuelle togolaise pour améliorer la production
Le dimanche 19 septembre 2010 à 17h00, une réunion s’est tenue dans les locaux de Média Plus, une institution de distribution de chaînes câblées à Lomé. La réunion rassemblait des structures de productions audiovisuelles et/ou cinématographiques qui se soucient de l’avenir du cinéma togolais. Les travaux ont permis de visiter le paysage de la production au Togo et de réfléchir sur les sources de financement et de distribution, de même que sur les moyens pour pallier aux problèmes liés à la production filmique togolaise.
Cette rencontre a été initiée par Mme Angela Aquereburu de Caring Production, une maison de production de la place qui a réalisé une série de courts métrages dénommés « Zem » diffusés sur Canal Plus.
Chacune des structures présentes a manifesté son désir de contribuer à améliorer les conditions de la production audiovisuelle dans notre pays.
A l’issue de cette réunion, le projet de création d’une fédération audiovisuelle togolaise est prévu en vue d’un meilleur rendement.
Les structures présentes à la réunion sont :
MATENG PRODUCTIONS, AFRICAN DREAMS PRODUCTIONS, UNIVERSAL GRACE PRODUCTION, AGO MEDIA, CARING INTERNATIONAL, METISS SOUL.
Sitou Ayité
Agenda ciné
FESTIVALS
Afrique
Cotonou (Bénin)
@fricourt – 3èmes Rencontres internationales du court métrage
Octobre 2010
www.africourt-online.org
Ouidah (Bénin)
9ème Festival international du film de Ouidah-Quintessence
Du 7 au 11 janvier 2011
www.festival-ouidah.org
Ouagadougou (Burkina F.)
26ème Fespaco
Du 26 février au 05 mars 2011
www.fespaco.bf
Dakar (Sénégal)
Festival du film de Dakar
Décembre 2010
www.filmdedakar.com
Lomé (Togo)
4ème Festival International du Film des Droits de l’Homme (FIFDH)
Du 25 au 30 novembre 2010.
Contact : +228 234 01 34
Carthage (Tunisie)
23ème Journées Cinématographiques de Carthage
Du 23 au 30 octobre 2010
www.jccarthage.org
Europe
Amiens (France)
30ème Festival international du film d’Amiens
Du 12 au 21 novembre 2010
www.filmfestamiens.org
Besançon (France)
10ème Festival des cinémas d’Afrique (Lumières d’Afrique)
Du 06 au 14 novembre 2010
www.lumieresdafrique.com
Lisez et faites lire Caméra, le bulletin cinématographique qui « scrute tout » pour vous !
Caméra
Année 2, N°013, du 15 août au 15 septembre 2010
Editorial
Caméra souffle sa première bougie
Votre bulletin cinématographique Caméra souffle sa toute première bougie. Une année d’expériences de publication d’articles et d’informations relatives au septième art. Qui a dit qu’on n’aura pas assez d’éléments à publier ? Nous avons certes limité, pour l’heure, nos publications à un feuillet comme l’a annoncé le numéro 001 en date du 17 août 2009. Mais, quelle n’a été notre surprise de constater la quantité d’informations à publier chaque mois. Et quelles ont été les peines endurées pour compresser les articles et faire place à davantage d’informations.
L’Association des Journalistes Critiques Cinématographiques du Togo (AJCC-Togo), sur fonds propres bien sûr, s’investit dans l’édition de ce bulletin. Aucun soutien ou proposition de soutien financier, ne nous est parvenu. Et le soutien technique ? Loin d’être une surprise, ce n’est que la confirmation d’une triste certitude qui ne nous décourage guère dans cette volonté de contribuer à la naissance de l’industrie cinématographique de notre pays.
Heureusement que nous pouvons compter sur les félicitations verbales ou écrites de professionnels ou promoteurs du cinéma qui ne dévorent que trop vite notre feuillet. Merci sincère à tous et à toutes.
A coup sûr, petit bulletin Caméra deviendra grand, quoique des grains ne tombent pas encore du ciel !
Comme signe de cette vitalité, nous vous invitons simplement à consommer ce numéro-cocktail, un spécial de 4 pages, qui célèbre sobrement le premier anniversaire de Caméra. Y trouverez-vous du sel ? Bon appétit !
La Rédaction
« Rêves d’Afrique », Grand prix du 1er Festival du Film Court Francophone d’Atakpamé
Le film Rêves d’Afrique, de Sandra Anafoua (Togo) vient de remporter le 1er Prix 2010 du Festival du Film Court Francophone d’Atakpamé (Togo) qui s’est tenu du 23 au 25 juillet dernier dans la ville aux sept collines.
Cette première édition du festival du court métrage a ainsi honoré un groupe d’enfants de Hihéatro qui a écrit et tourné ce court métrage 22 minutes qui peint les rêves d’enfance, projection d’ambitions professionnelles en perspective d’une jeunesse montante décontractée, innocente et confiante en l’avenir. Ce premier prix du festival est composé d’une attestation et d’une enveloppe financière de 150.000 FCFA. Rêves d’Afrique a également remporté le Prix du Jury Officiel. Le 2ème Prix est remporté par Joël M’Maka Tchédré pour son film Le Reliquat (Togo, 7mn), immédiatement suivi d’Henri Porquet pour son film Au-delà du Miroir (Côte d’Ivoire), 3ème Prix du festival.
Ces derniers ont respectivement remporté la somme de 100.000 et 50.000 FCFA en plus d’une attestation délivrée par les organisateurs du Festival du Film Court Francophone d’Atakpamé.
Différents autres prix ont été attribués à titre honorifique à plusieurs films programmés pendant le festival. Ainsi, le film Humanitaire (16mn, 2007) du burkinabé Adama Roamba, a raflé à lui seul quatre prix à savoir : les Prix du Jury Adulte, du Jury Jeune, du Jury Scolaire et du Grand Public.
Le Prix Jeune Public a été remporté par Le Pont (13mn), de Vincent Bierrewaerts, tandis que Les Frères Kadogo (52mn) a eu la Mention du Public.
Outre le 3ème Prix, le film Au-delà du Miroir de l’ivoirien Henri Porquet s’est vu décerner le Prix du Jury Professionnel et le Prix du Jury Presse.
Ce palmarès a été rendu public au cours de la soirée de clôture qui a lieu dans la Grande Salle de la STCP, près de l’ancienne gare ferroviaire d’Atakpamé. C’était en présence du Maire de la ville d’Atakpamé, M. Adjonou Kassena, et du Directeur Régional de la Culture, M. Essohanam Koutom, qui se sont tour à tour félicités de la réussite de cette première édition du Festival du Film Court Francophone.
Au total, 52 films ont été projetés en provenance de 16 pays d’Afrique : Belgique, Bénin, Burkina Faso, Canada, Cameroun, Comores, Côte d’Ivoire, France, Mali, Maroc, Maurice, Rwanda, Sénégal, Suisse, Togo et Tunisie.
L’espace francophone était donc fortement représentée à cette fête du court métrage, le premier du genre au Togo, qui a servi au public en majorité jeune, des films de genres variés allant de la fiction à l’animation en passant par le documentaire. La diversité thématique des oeuvres filmiques présentées et le cadre de la fête traditionnelle ” Odon Tsu ” (Fête de l’igname), de même que la période de vacances sont autant d’éléments qui ont favorisé les rencontres et les échanges entre les réalisateurs, festivaliers et touristes.
Initié par Carole Laffitte et Jacques Chanis respectivement des centres sociaux et culturels Peyri et Lévy de Vaulx-en-Velin, ce festival est organisé avec le soutien de la ville de Vaulx-en-Velin et de la Région Rhône Alpes, en partenariat avec les associations organisatrices du Festival de Vaulx-en-Velin et en collaboration avec l’Association pour la Promotion de la Cultures, des Arts et des Loisirs (APCAL) du Togo.
Il faut signaler qu’un atelier d’initiation à la production cinématographique a été organisé au profit d’une dizaine de jeunes. Cet atelier a été animé par M. Jacques Do Kokou, avec le concours de Jacques Chanis (France), Youssou Seck (Sénégal/France) et Victoire Aby Say, réalisatrice venue de la Côte d’Ivoire.
Charles Ayetan
Cecile Bouteloup : « La magie d’un public face à un écran »
Technicienne « son et lumière », Cecile Bouteloup est projectionniste et travaille depuis trois ans aux Amphis à Vaulx-en-Velin (France) et pour le Festival de Film Court Francophone de la même ville.
Cette projectionniste a mis ces compétences au profit du 1er festival de cinéma à Atakpamé où nous l’avons rencontrée pour recueillir ses impressions.
Vous avez assuré les projections du 1er Festival de Film Court Francophone d’Atakpamé. Quelles difficultés avez-vous rencontrées comparé à Vaulx-en-Velin ?
On ne peut pas vraiment comparer, parce qu’à Vaulx-en-Velin les projections ont lieu dans une salle de cinéma alors qu’ici elles sont faites dans une salle qui n’est pas conçue sous le format de salle de cinéma. Et l’équipement n’est pas le même. Ce qu’on peut améliorer à l’avenir côté équipement, quand on aura les moyens, c’est d’avoir un vrai matériel son. La salle aussi a posé problème, mais à défaut, elle est très sympa pour les projections, même s’il y a de l’écho, il y a de la place, il y a un parc autour, il y a une ambiance. Il y aussi forcément des choses à améliorer, et ça viendrait certainement avec le temps.
Justement, parlez-nous un peu de l’ambiance pendant ce festival.
L’ambiance (sourire), c’est à la fois la magie du cinéma, la magie d’un public face à un écran. C’est merveilleux ! Les gens ont apprécié que le cinéma vienne à eux. Les réactions pendant les projections des films, l’enthousiasme qui régnait face à certains films, les rires, les applaudissements, ça été vraiment super bien… Ce qui m’a le plus marquée, c’est la chaleur des gens.
Propos recueillis par Charles Ayetan
Youssou Seck : « Le cinéma est un outil très puissant »
Après son Bac au Sénégal, Youssou Seck est allé faire des études d’économie en France où il vit depuis 25 ans. Après une formation adéquate, il travaille comme animateur au Centre Social et Culturel Peyri où il est responsable du pôle culturel et sportif. Il collabore depuis 9 ans à l’organisation du Festival de Film Court Francophone de Vaulx-en-Velin, surtout sur l’implication des jeunes dans le jury jeune dudit festival. C’est en plein dans son rôle d’animateur socioculturel que nous rencontré à Atakpamé Youssou, dynamique et attentif aux jeunes dont il a la charge.
Êtes-vous satisfait de l’organisation de ce 1er Festival de Film Court Francophone d’Atakpamé ?
Les conditions techniques ne sont malheureusement pas les mêmes que ce que nous avons connu à Vaulx-en-Velin : la qualité sonore, un vidéoprojecteur de qualité moyenne, etc.
Mais avec tous ces problèmes, le public était présent. C’est ce qui permet de dire qu’il ne faut pas être aussi sévère, car chaque pays a ses conditions, chaque projet a ses contraintes. Et des personnes qui connaissent mieux la ville d’Atakpamé nous apprennent qu’on aurait pu avoir une meilleure salle, des matériels de meilleur qualité, nous espérons pouvoir améliorer les conditions à la prochaine édition du festival, parce que nous tenons à inscrire ce festival dans la durée.
Au regard de vos expériences avec les jeunes, pourriez-vous nous dire quel est l’apport du cinéma dans l’éducation social de ces jeunes ?
Le cinéma n’est qu’un medium par d’autres. Mais comme nous travaillons dans le développement social et l’ouverture au monde, le cinéma est un outil très puissant pour atteindre nos objectifs.
Le cinéma permet de dire le monde, d’aller à la rencontre des autres, de découvrir la vision des autres, de se situer personnelle, individuellement, dans ce grand ensemble qu’est le monde.
Propos recueillis par Charles Ayetan
Citation du mois
« Le cinéma, c’est l’écriture moderne dont l’encre est la lumière. »
Jean Cocteau
Lisez et faites lire Caméra, le bulletin cinématographique qui « scrute tout » pour vous !
Caméra
Année 1, N°012, du 15 juillet au 15 août 2010
Editorial
Bon vent au cinéma togolais
Le Togo accueille du 23 au 25 juillet le 1er Festival du Film Court Francophone à Atakpamé, festival au cours duquel trois courts métrages togolais sont en compétition sur les six retenus, sans compter les dizaines de films de tous horizons au programme.
Notre pays se prépare également à prendre part au festival concours Clap Ivoire qui aura lieu du 1er au 05 août à Abidjan (Côte d’Ivoire). A cette fin, la Direction Nationale de la Cinématographie et les acteurs du secteur se préparent.
Ainsi le cinéma togolais fait-il son petit bonhomme de chemin.
Et que dire des événements cinématographiques à l’échelle continentale, ces jours-ci. Le présent numéro de Caméra qui boucle ses 12 mois d’existence salue toutes les initiatives dans le sens de la promotion du 7ème art dans notre pays et en Afrique.
Charles Ayetan
Kuami Apélété : « Le cinéma au Togo évolue et l’Etat doit financer les projets de films »
Réalisateur à la Télévision nationale togolaise (TVT) et enseignant à l’Institut des Sciences de l’Information, de la Communication et des Arts de l’Université de Lomé (ISICA-UL), Kuami Apélété est reconnu pour sa modestie et sa rigueur dans le travail. Un homme derrière qui se cache le génie. Réalisateur de plusieurs documentaires (La case Ouatchi, Le savon de l’espoir…) et très récemment de la série télé Gbadagog, cet amoureux du 7ème art nous donne sa vision sur l’état du cinéma au Togo.
Bonjour M. Apélété, pouvons-nous parler du cinéma togolais ?
(Rire) Parler du cinéma togolais, ce serait aller vite en besogne, parce que ce cinéma est presque inexistant, balbutiant. Si on jette un coup d’oeil à côté de nous, chez nos voisins Béninois, Nigérians, Ghanéens, Ivoiriens et Burkinabé, on verra que la production cinématographique togolaise est insignifiante.
Le cinéma togolais a connu un cycle de vie difficile. Croyez-vous qu’avec la nouvelle génération de réalisateurs et l’apport des anciens comme vous, il soit possible d’espérer?
Tant qu’on a la vie, il faut toujours espérer. Notre devoir, c’est de nous battre pour sortir le 7ème art de ces carcans. En tant que cinéaste, on doit se battre pour que l’Etat mette des structures en place.
Et que doit faire, selon vous, les autorités togolaises pour rendre ce secteur plus productif et plus compétitif?
Il est impératif de mettre en place le code du cinéma togolais, car les gens ne peuvent pas investir dans un domaine qui n’est pas réglementé par l’Etat. Et c’est cette réglementation qui ouvrira la porte aux investissements.
Secundo, l’Etat doit encourager la formation des jeunes en créant des écoles, des instituts cinématographiques pour former les jeunes qui veulent s’aventurer dans ce secteur.
J’entends par là, la formation des comédiens, des réalisateurs, des preneurs de son, des scénaristes… Ce qui permettra à ceux qui sont formés sur le tas de se former davantage ou de se recycler.
Une fois ces lacunes comblées, il faut encourager ceux qui ont les moyens à investir dans le cinéma qui est une véritable industrie et un secteur très rentable.
Encourager les sociétés à financer les projets cinématographiques. Parce que toutes les sociétés peuvent communiquer à travers le cinéma. Dans la réalisation d’un film, on peut utiliser le cadre d’une société ; c’est en même temps faire la publicité pour cette société. Et c’est à cette seule condition que le Togo pourra se mesurer aux films des autres pays.
Après vos études à l’Institut d’Etat du Théâtre et du Cinéma de Kiev (Ukraine – ex URSS) en 1987 d’où vous êtes sorti ingénieur du 7e art, vous avez passé une grande partie de votre jeunesse à la Télévision nationale. Avec en poche plusieurs documentaires, qu’est-ce qui explique votre reconversion vers les séries ces deux dernières années ?
Après ma formation, la réalisation d’un film demandait de gros sous. C’était le temps de la bande argentique et les moyens matériels, financiers et humains me manquaient énormément.
La seule boîte où je pouvais m’exercer était la télévision nationale. J’ai récemment décidé de m’engager aux côtés des comédiens Gogoligo et Gbadamassi dans leur initiative d’humour à la télé afin de rendre leur travail plus professionnel.
J’ai pensé qu’il faut produire beaucoup de séries et cela incitera l’Etat à comprendre l’enjeu et financer les projets de films. Avec les séries, je peins purement les réalités togolaises tout comme ce que font les ivoiriens. Et avec les remarques et suggestions, on y arrivera.
Propos recueillis par Akondoh Bang’na
Evodie Ngueyeli : « Nous avons initié ‘Mis Me Binga’ pour promouvoir le génie féminin »
Jeune cinéphile camerounaise, Mlle Evodie Ngueyeli est responsable de la direction artistique du tout premier Festival international de films de femmes de la sous région Afrique centrale dénommé « Mis Me Binga ». Elle a accepté de nous présenter ce festival qui se veut une plate-forme pour les films de femme en Afrique.
Comment est née l’idée d’initier un tel festival ?
Le festival est né du constat selon lequel au Cameroun, bien que le cinéma ait fortement été marqué par une femme en la personne de Sita Bella, de son vrai nom Thérèse Mbella Mbida, qui fut la première femme pilote, la première femme journaliste et la première femme réalisatrice au Cameroun et même l’une des premiers africains à explorer le cinéma en Europe, les femmes aiment se contenter de la scène. Et quand bien même elles se retrouvent derrière les projecteurs, elles affectionnent particulièrement les métiers de maquilleuse, script, décoratrice. Bref, elles se privent du droit de prendre la parole, de tenir les rênes pour donner leur vision du monde. En d’autres termes, le poste de réalisateur ne les tentent pas vraiment, c’est ainsi que sur 50 films réalisés au Cameroun, 40 sont faits par les hommes et seulement 10 par les femmes. C’est au vu de ces constats, et surtout du talent du peu de femmes réalisatrices, qu’il nous a paru plus que judicieux de mettre sur pied un festival de films pour les encourager à réaliser des films, un festival qui serait un espace de visibilité, de promotion de leurs œuvres et aussi un lieu de formation via l’atelier « Quand l’idée devient un film ».
Que veut dire « Mis Me Binga » ?
« Mis Me Binga » vient de la langue « éwondo » du Cameroun qui signifie « Regard de femmes », car nous aimerions que les femmes prennent la parole et expriment leur vision de la société.
Parlez-nous un peu du talent de ces réalisatrices ?
C’est heureux de constater que toutes les réalisations féminines font mouche. C’est le cas par exemple de Oswald Lewat qui, avec ses films Un amour pendant la guerre et Une affaire de nègre nous donne sa vision de la société sur un certain nombre de sujets hautement sensibles, ou de Hélène Ebah avec Les blessures inguérissables dont l’esthétique est impressionnante, ou encore de Joséphine Daniou qui, avec Paris à tout prix, a pendant des semaines fait le plein de notre défunte salle de cinéma Abbia et des amphis de l’Université de Yaoundé II.
Est-ce que ce festival est une manière de promouvoir l’émancipation de la femme ?
Pas vraiment, en fait nous promouvons le génie féminin, nous donnons l’occasion aux femmes d’avoir une plate-forme qui mettent en exergue leurs films, les encourage à en produire davantage pour exprimer et partager leur vision du monde.
Selon vous, comment la femme regarde le monde ?
Je ne puis vous dire comment la femme regarde le monde, car il existe des millions de femmes sur terre et chacune a une sensibilité particulière et donc on ne parlera pas d’une vision, mais des visions qui varient d’une personne à une autre.
Pensez-vous que la femme africaine ait une place imposante dans le cinéma de nos jours ?
Si l’on parle de place imposante dans le sens où la femme a son mot à dire, je pense que nous avons encore du chemin à faire. Et pour y parvenir, les femmes doivent produire davantage.
Quelles sont les conditions d’admission à ce festival ?
Il suffit de faire un film (datant au maximum de 2007) et de remplir une fiche d’inscription que vous obtiendrez en écrivant à mismebinga@gmail.com ou n.wandji@mismebinga.com l’appel à proposition pour l’édition prochaine qui se tiendra du 08 au 12 mars 2011 a été lancé en juin et prend fin le 30 novembre 2010 à minuit. Nous espérons recevoir davantage de films camerounais et africains.
Propos recueillis par Sitou Ayité
Ghallywood : Un nouveau site pour accueillir les films
S’il y a un pays qui a brillé dans les années 70 dans le domaine du 7ème art en Afrique et qui mérite d’être connu, c’est sans doute le Ghana. Mais, la volonté politique autour de la chose s’est vite éreintée suite aux différentes crises sociopolitiques qu’a traversées le pays de Kwame N’krumah.
Malgré tout, il y a quelques mois environs, grâce à des initiatives privées encouragées par les ghanéens de la diaspora, un nouveau site de réalisation cinématographique dénommé Ghallywood a été construit à environ 50 Km d’Accra sur la route internationale Lomé – Accra. Ce site comporte des bâtiments pour l’hébergement des professionnels et amateurs du 7ème art, des salles de formation et des zones pour le tournage de films.
Ghallywood accueille les réalisateurs, les producteurs, les comédiens de tous genre et est animé tous les jours, de janvier à décembre. C’est aussi un lieu d’échange entre les professionnels de ce secteur.
Après Hollywood aux USA, Bollywood en Inde et Nollywood au Nigéria, le Ghallywood vient désormais allonger la liste des sites de réalisations cinématographiques dans le monde.
Akondoh Bang’na
Agenda ciné
L’édition 2010 du Festival international de film de Zanzibar (Zanzibar International Film Festival, ZIFF) démarré le 10 juillet dernier sur l’île de rêve de Tanzanie prend fin dimanche 18 juillet. Le palmarès est donc attendu.
Le 1er Festival du Film Court Francophone à Atakpamé (Togo) se tiendra du 23 au 25 juillet prochain. Cette initiative qui est l’émanation du Festival du Film Court Francophone de Vaulx-en-Velin (France) est co-organisée avec l’Association pour la Promotion des Arts, de la Culture et des Loisirs (APCAL, Togo).
La 31ème édition du Festival international du film de Durban (Durban International Film Festival) aura lieu du 22 juillet au 2 août 2010. Au cours de ce festival se tiendra la 3ème édition de la rencontre Talent Campus programmée du 23 au 27 juillet et se veut contribuer à renforcer le partenariat entre les réalisateurs africains.
Un appel à candidatures pour l’atelier “De l’écrit à l’écran” vient d’être lancé par le Festival International de Film Francophone (FIFF), en collaboration avec Wallonie Bruxelles International. Prévu du 3 au 8 octobre 2010, cet atelier de scénario est organisé à l’intention des auteurs-réalisateurs des pays du Sud (pays du Maghreb, d’Afrique subsaharienne et du Proche-Orient francophone) en vue de la réécriture de leur scénario de court métrage de fiction.
Clôture des candidatures le 8 août 2010 à minuit (site www.fiff.be).
Lisez et faites lire Caméra, le bulletin cinématographique qui « scrute tout » pour vous !
Caméra
Année 1, N°011, du 15 juin au 15 juillet 2010
Editorial
Le foyer « Arts et Culture » prendra t-il soin de son bébé cinéma ?
Un nouveau gouvernement au Togo. Un nouveau ménage ministériel pour la culture qui déménage du domicile de la communication pour créer son foyer avec les Arts. Polyandrie ou copinage ? C’est sans doute une relation plus noble.
Me Yacoubou Hamadou est nommé ministre des Arts et de la Culture. Les professionnels du cinéma pourront-ils enfin obtenir la garantie du droit à la vie au cinéma dans notre pays : l’occasion est propice, car leur ministre de tutelle est un juriste, militant des droits humains de surcroît, qui a déjà été ministre des Droits de l’Homme, de la Consolidation de la Démocratie et de la Formation Civique.
Le Togo aura-t-il enfin son code du Cinéma ? Un « avant projet de loi portant code de la profession cinématographique au Togo » était déjà en chantier. Où en sommes-nous ?
La Rédaction
L’influence de la critique face à la réception des films par le public
« L’influence de la critique face à la réception des films par le public ». Tel est le thème d’une conférence-débat qui a réuni le 21 avril dernier, plusieurs dizaines de journalistes et de critiques de cinéma à Abidjan. Organisée dans le cadre de la 6ième édition du Festival international du court métrage d’Abidjan (FICA 2010), cette rencontre qui a eu lieu au Golf Hôtel de Cocody Riviera (Abidjan) a été animée par le journaliste et critique de cinéma sénégalais Baba Diop, président de la Fédération Africaine de Critique de Cinéma (FACC).
Dans une première partie, la communication de Baba Diop a permis aux participants de cerner le lien indissociable qui existe entre le cinéma et les courants de pensée. En effet, une remise en cause de certains modes de pensée a découlé entre autres de la contestation anticolonialiste, du mouvement de la négritude et des luttes anti-raciales qui ont suivi les périodes d’après guerre, la guerre froide notamment ; d’où est né une nouvelle vision du monde et des rapports humains.
C’est dans cette effervescence mondiale que va naître sur les bords de la Seine à Paris, le cinéma africain avec ses précurseurs (Paulin Soumanou Vieyra, Jacques Melo Kane, Mamadou Sarr, Robert Caristan). « Un cinéma qui fut fortement influencé par le réalisme socialiste, a fait remarqué l’orateur. Et pour cause, Georges Sadoul, historien, critique de cinéma et membre du Parti Communiste français, fut le professeur de Paul Soumanou Vieyra. » A partir de ce moment, cinéastes, historiens et critiques de cinéma ont nourri l’opinion de leurs différents points de vue sur le cinéma. Dans cette vague de pensée, le cinéaste Sembène Ousmane déclarera que « le cinéma est l’école du soir du peuple, un moyen de communication qui permet au peuple de s’émanciper » : d’où son option pour un cinéma éveilleur des consciences qui a marqué les cinémas d’Afrique jusqu’à la fin des années 1970.
Baba Diop a rappelé l’important colloque de Ouagadougou organisé du 8 au 13 avril 1974 par la société africaine de la culture sous la houlette de Présence africaine sur le thème : « Le rôle du cinéaste africain dans l’éveil d’une conscience de civilisation noire ». Dans sa première phase, constate le conférencier, le cinéma africain s’est plus focalisé sur le contenu, à savoir le sujet qu’il n’a privilégié les recherches formelles, l’esthétique et le langage du cinéma.
De la perception du critique
Selon Ferid Boughedir, cinéaste et critique de cinéma, le critique se positionne comme un intermédiaire entre l’œuvre et le public et comme tout intermédiaire, il peut enrichir ou déformer la compréhension de l’œuvre. Pour lui, le critique est donc un intermédiaire éclairé qui doit faire profiter au spectateur de son savoir en vulgarisant pour lui les résultats de son analyse afin que le spectateur appréhende mieux l’œuvre. Au contraire, Boughedir décrie entre autre, la « critique snobe » qui affirme sans expliquer que tel cinéaste est génial, la critique paresseuse ou critique de paraphrase, la critique de cinéaste manqué où le critique se met à la place du cinéaste.
Enfin, le cinéaste/critique affirme que « chaque critique est subjectif mais le critique africain doit réduire sa subjectivité.
Du rôle du critique
« Pour parler du cinéma, il faut en connaître les dessous et c’est le rôle du critique professionnel, du spécialiste, mais cela ne veut pas dire que le spécialiste a toujours raison, il a seulement plus de possibilité d’avoir raison », déclare Paulin Soumanou Vieyra, cinéaste, critique, historien de cinéma.
Pour le conférencier, « le critique est appelé à juger objectivement de la qualité ou des défauts d’une œuvre d’une œuvre suivant des critères scientifiquement éprouvés que ne devrait pas influencer outre mesure les états d’âme ». Car, a-t-il poursuit, il s’agit pour le critique « d’éveiller l’intérêt ou de susciter la réprobation pour une création qu’en son âme et conscience, il juge bonne ou mauvaise ».
L’orateur a mis en garde les critiques de cinéma contre « la tentation de se contenter des dossiers de presse et autres supports de communication autour du film », attitude qui porte sérieusement atteinte à une véritable analyse filmique, à l’élaboration d’une critique. A cet effet, le critique doit absolument avoir une curiosité personnelle, qui l’amène à déceler les non-dits, l’intention première du cinéaste à travers le film.
De son côté, le modérateur de la conférence, le journaliste et critique ivoirien Michel Koffi, a déclaré à l’attention des participants que « les critiques doivent accompagner les cinémas d’Afrique ». Il a ensuite porté un regard critique sur le cinéma africain : son caractère asexué, son amateurisme, l’absence de politique cinématographique nationale, l’absence de salle de cinéma, la production non continue des anciens.
Le président de la FACC a mis en garde contre les dangers, notamment les influences, qui guettent les critiques avant d’exhorter les intéressés à « lire d’un regard critique » les dossiers de presse et à ne pas céder à la pression des distributeurs, etc. Le critique journaliste a l’avantage d’user des genres journalistiques (billet, chronique, interview, etc.).
De l’urgence de la formation des critiques
Au cours de cette rencontre, plusieurs intervenants ont mis l’accent sur l’urgence de la formation des critiques de cinéma. Le secrétaire régional Afrique de l’Ouest de la Fédération Africaine des Cinéastes (FEPCI), M. Fadika Lancine a conforté cette urgence de formation en assurant les participants de la disponibilité de la FEPACI à contribuer à la formation des critiques. Dans ce sens, un partenariat fructueux pourrait s’établir entre la FEPACI et la FACC.
Mais en attendant, et à tout moment, l’autoformation du critique doit lui permettre de s’outiller en vue de l’exercice de sa profession.
Charles Ayetan
Madjé Ayité : « L’Afrique a fortement brillé par sa présence à la Berlinale Talent Campus 2010 »
De nationalité togolaise, Madjé Ayité est un jeune réalisateur auteur de plusieurs films dont deux longs métrages (Vanessa et Sosie en 2006 et La bataille des absents en 2008) et plusieurs courts métrages dont le dernier est titré Gamon (2009). Son cursus cinématographique, a connu récemment un séjour dans le jardin des grands, au dernier festival international de films de Berlin, la Berlinale 2010. Comment et pourquoi s’y est-il retrouvé ? Quelles expériences tirées de cette étape ?
Monsieur Madjé Ayité, vous avez eu l’honneur de participer à la Berlinale 2010. Dans quel cadre y êtes-vous allé ?
Effectivement, c’était un honneur pour moi d’avoir été sélectionné pour prendre part au 60ème anniversaire de la Berlinale cette année 2010. Nous étions 24 professionnels du cinéma du monde à être invités par le Ministère allemand des affaires étrangères et le Goethe Institut.
J’ai eu l’occasion d’assister à la première de « LATITUDE », un programme d’aide à la production de courts métrages africains, organisé par le Goethe Institut.
Huit films ont été sélectionnés pour la soirée dont le film Bidenam, l’espoir d’un village (2008) de notre compatriote Gentille Assih, réalisatrice.
Parlez-nous de vos rencontres et expériences ?
A part les séances de projection de films, nous avions rencontré les organisateurs de la Berlinale à savoir Mme Dorothee Wenner de la section « Forum of new cinema », M. Wieland Speck, directeur de la section Panorama. Nous avions visité la ville de Berlin et plus émouvant, les lieux de tournage des films « Cours Lola, cours », « Goodbye Lenin », « Le tour du monde en 80 jours », « La vie des autres », « Bourne supremacy ». Et comme les allemands ne font jamais les choses à moitié, nous avions été invités au Ministère allemand des affaires étrangères et visité le Parlement.
Parlez-nous de cette 60ème édition.
Sur les 20 films en compétition, le jury présidé par le réalisateur et producteur allemand Werner Herzog a décerné l’Ours d’or de la Berlinale 2010 au film « Bal » (Miel) du turc Semih Kaplanoglu. Coproduction germano-turque, ce film raconte l’histoire d’un garçon de six ans parti à la recherche de son père apiculteur dans un village de montagne en Anatolie. C’est la première fois depuis 1964 qu’un Ours d’or est décerné à un film turc.
Il faut noter que les acteurs Léonardo di Caprio, Ben Stiller et le réalisateur Martin Scorcesse ont honoré de leur présence cette édition.
Qu’en est-il de la présence de l’Afrique ?
Absent dans la sélection officielle, l’Afrique était plutôt présente dans la section « Forum » qui fête ses 40 ans cette année. Mais, sur les 96 films sélectionnés pour cette section, il n’y avait que 4 films africains à savoir : « Imani » de Caroline Kamya (Ouganda), « Congo in four Acts » de Kiripi Katembo Siku (RDC), « Sunny Land » de Aljoscha Weskott et Marietta Kesting (Afrique du Sud), et « Baara » de Souleymane Cissé (Mali). C’est vraiment trop peu pour notre continent.
Heureusement que l’Afrique a au moins brillé par une présence remarquée à la Berlinale Talent Campus (BTC), section créée il y a 8 ans et réservée aux jeunes talentueux du 7ème Art En effet sur 95 pays, il y avait une quinzaine de pays africains y compris le Togo.
Parlant de jeunes talentueux, vous y avez certainement rencontré le réalisateur sénégalais El Hadji Samba Sarr récemment décédé à Dakar.
La nouvelle du décès de Samba m’a surpris et bouleversé. Je ne savais pas que c’était la dernière fois que je le voyais à Berlin en février dernier. On s’était rencontré en 2008 lors d’un festival au Bénin ; logé dans la même villa, nous avions parlé de nos projets respectifs. On s’était retrouvé à la Berlinale Talent Campus pour laquelle il était sélectionné.
Je me rappelle exactement le jour où on s’est vu pour la dernière fois ; c’était à une rencontre de DW-Akademie, il me montrait une photo sur son laptop, image sur laquelle il tient un prix reçu avec ses jeunes acteurs. Très talentueux, Samba a fortement marqué la jeune génération de réalisateurs africains, une fierté pour notre continent.
Propos recueillis par Charles Ayetan
2ème Forum des coproducteurs à Yaoundé
Le forum des coproducteurs s’est tenu du 1er au 5 juin dernier à Yaoundé, au Cameroun. Ce forum qui est à sa deuxième édition est une initiative de l’Association des Producteurs Indépendants du Cameroun (APIC), du Goethe Institut du Cameroun et de l’Association pour le film documentaire allemand (AG Doc).
Ce forum a rassemblé 22 producteurs venus d’Allemagne et d’Afrique subsaharienne avec différents projets relativement aboutis. Il était animé par Eloi Bela Ndzana, président de l’APIC, Barbel Mauch, représentante de l’AG Doc, et Victor Okhai, consultant audiovisuel du Nigéria.
Le but de cette rencontre est avant tout de renforcer les énergies pour un meilleur rendement dans la production du documentaire surtout en Afrique. C’est une plateforme où les producteurs ont l’opportunité de présenter leurs projets, de recevoir l’avis des experts et de comprendre les rouages de la recherche de financement.
Les participants du forum ont eu droit à des présentations avec des représentants de diverses chaînes de télé, notamment la ZDF et la CRTV ; ainsi qu’à une nouvelle méthode d’exploitation et de distribution de films.
Il faut préciser que le forum s’est déroulé concomitamment avec le festival Ecrans noirs du Cameroun.
Sitou Ayité
Envoyée spéciale
Lisez et faites lire Caméra, le bulletin cinématographique qui « scrute tout » pour vous !
Caméra
Année 1, N°010, du 15 mai au 15 juin 2010
Editorial
Hommage : Ils vivent dans nos cœurs !
Le monde de la culture, précisément celui du cinéma traverse un moment particulier de son histoire depuis quelques années. Une émulation dynamique positive en faveur du développement du secteur cinématographique, de l’image de façon plus générale. Mais aussi le départ vers les ancêtres, non seulement des aînés des cinémas d’Afrique, mais aussi des maillons importants de la jeune génération.
Ainsi après l’« aîné des anciens » Sembène Ousmane, c’est le tour entre autres des réalisateurs Adama Drabo, Samba Félix Ndiaye, El Hadji Samba Sarr, des comédiens James Campbell Badiane, Sotigui Kouyaté, etc.
Evidemment, peu ou prou, des hommages sont rendus à ces professionnels du septième art. Mais trop souvent à titre posthume ! Hommage de macchabée !
Et si on passait d’abord aux hommages vivants ! Voici le temps. Promoteurs culturels donnez le clap ! Le festival international du film d’Amiens le fait déjà à travers « Mémoire Vivante » !
Cinquantenaire d’indépendance de 17 pays d’Afrique. Et si nous honorions la mémoire vivante comme posthume des créateurs de l’image ?
La Rédaction
50 ans de cinéma au Togo : une émission télé controversée
Le Togo a fêté son cinquantenaire d’indépendance le 27 avril dernier : l’occasion propice pour se remémorer les souvenirs. Quand on en vient aux souvenirs de cinéma, une belle initiative a été de consacrer une émission télé en direct le soir du 26 avril sur 50 ans de vie cinématographique. Mais quel choc de découvrir de la négligence à tous égards !
L’émission baptisée « l’évolution du cinéma togolais depuis les indépendances à nos jours » était présentée par un confrère dont il est préférable de taire le nom. Toute personne est libre d’attribuer le titre qu’il veut à son œuvre et de la conduire de manière qu’elle veut. Cependant la courtoisie des choix qui est certes une vieille philosophie mais qui n’a gagné aucune ride exige un travail de recherche afin de préparer un délicieux cocktail pour l’audience, car elle le mérite.
Il est triste de le dire, mais cette émission qui par son nom devait être consacrée à toute la famille du 7ème art n’est qu’un cumul de maladresses, de légèreté dans les questions et de bâclage d’information. Elle ne consiste qu’à élargir le sourire de ceux qui affirment qu’il n’y a plus grand-chose à espérer du cinéma togolais.
Aucune politique gouvernementale n’appuiera jamais une famille professionnelle dessoudée. C’est ce que le maigre plateau de l’émission a laissé voir à tout le Togo pour 50 ans de vie de cinéma tant soit peu national.
Le présentateur qui est réputé pour son autre émission sur l’humour parfois noir a fait une émission qui cette fois n’avait rien de drôle.
En effet, le choc était plus poignant lorsque l’émission répétait les trois quarts du temps que les réalisateurs togolais n’étaient pas unis. Non seulement cette affirmation est un fait non pas que togolais mais sociétal, mais encore l’émission servait elle-même à aggraver la situation. Elle déclare une guerre ouverte entre les réalisateurs. Les absents potentiels se sentiraient exclus d’une histoire qui est aussi la leur. Tout ceci ne converge qu’à une solide mésentente savamment élaborée. Le cinéma est-il reparti sur de nouvelles bases minées ? Qu’il n’en soit pas ainsi !
Sitou Ayité
Quel avenir pour le Festival international du court métrage d’Abidjan ?
La 6ème édition du Festival international du court métrage d’Abidjan (FICA) qui marque en même temps le 10ème anniversaire de cet événement entre dans une nouvelle phase de sa vie. En effet, le festival au départ biennal sur le plan international, tiendra désormais une version annuelle au plan national. Cette information a été annoncée par la directrice fondatrice du FICA, Mme Hanny Tchelley-Etibou, à la cérémonie de clôture du 6ème FICA le 25 avril dernier à la place Ficgayo de Yopougon (Abidjan).
La version nationale va donc alterner avec celle internationale, chaque deux ans, à travers une tournée de projections cinématographiques itinérantes dans les différentes régions de la Côte d’Ivoire.
Le FICA fait progressivement preuve d’une certaine maturité dans son organisation à en croire son impact sur la vie culturelle de la Côte d’Ivoire, du continent africain et au-delà. Ainsi la 6ème édition a-t-elle connu la participation de festivaliers en provenance de 14 pays et la projection d’une quarantaine de films dont 19 courts métrages, fiction et documentaire, en compétition officielle.
S’il faut saluer le soutien des plus hautes autorités politiques et gouvernementales du pays à ce festival, il faut en même temps mettre en garde contre le risque d’une tarification de soutien à l’avenir suite à un changement politique à la plus haute magistrature. Aussi des observations de plusieurs festivaliers font-elles état de la trop grande proximité des promoteurs du FICA avec le pouvoir en place et d’un éventuel revirement malheureux à l’avenir.
Il y a donc lieu d’interpeller les organisateurs dudit festival à davantage de rigueur dans l’organisation et à une stratégie plus pérenne en faveur de cet événement qui représente un atout fort pour le développement du 7ème art en Afrique à partir du court métrage.
Lionel Méta, Grand Prix FICA d’or 2010
Le Grand Prix FICA d’or 2010 a été remporté par le jeune réalisateur camerounais Lionel Méta pour La métaphore du manioc (2010), film qui a également ravi le prix du meilleur acteur et celui de la meilleure actrice Henri Duparc attribués à la comédienne camerounaise Ricky Tribord. Court métrage de 13 minutes, La métaphore du manioc est une fiction qui dépeint la tragédie des personnes condamnées à l’attente l’hypothétique et dévorante d’un être cher, d’un amour rongé par la distance que seul l’espoir fait vivre dans le cœur l’innocente victime.
Quant au prix du meilleur documentaire, il a été remporté par Kiripi Katembo Siku (RDC) réalisateur du film L’après mine qui invite le spectateur dans le quotidien aride et tristement brave d’une fillette, orpheline, condamnée à casser à longueur de journées des pierres dans une carrière du Kipushi au Katanga.
Un été presque parfait, une fiction de Mikrat Fouad (Maroc) a obtenu le prix du meilleur scénario, pendant que le prix de la meilleure bande son est revenue à La marche des crabes de Hafid Aboulahyane (Maroc-France).
Le prix du meilleur montage a été ravi par Didi et Gigi, une fiction de 7 minutes de la jeune réalisatrice sénégalaise Marie Kâ.
Côté documentaire, le Prix du public est revenu à l’Ivoirien Kakou Soubian avec T’es pas d’ici, un documentaire qui traite de la thématique des enfants en situation difficile en proposant le témoignage de deux jeunes rescapés de la rue. De l’autre côté, le prix spécial du FICA 2010 a été attribué à Tahirou Tasséré Ouédraogo (Burkina Faso) pour sa fiction Sauver Rama qui propose le drame d’une femme, pauvre, impuissante devant un paludisme mortel qui emporte son enfant.
Entre autres, diverses rencontres et conférences ont permis aux festivaliers et au public d’échanger sur le rôle et l’influence de la critique, les problèmes des cinémas d’Afrique et la diversité culturelle, facteur de paix et d’intégration.
Charles Ayetan
Le septième Art en bref
Festival de Cannes 2010 : L’Afrique hautement honorée
Les cinémas d’Afrique étaient hautement honorés au dernier Festival de Cannes qui a eu lieu du 12 au 23 mai dernier. Pour preuve, le Prix du Jury officiel lont métrages de Cannes 2010 est décerné au film Un homme qui crie réalisé par le tchadien Mahamat-Saleh Haroun.
Au total, 6 films africains étaient présents à ce prestigieux festival : Un homme qui crie, de Mahamat-Saleh Haroun (Tchad, France) et Hors la loi, de Rachid Bouchareb (Algérie, France) tous deux en compétition officielle et, dans la section “Un certain regard”, le film Life Above All (“La vie avant tout”), d’Oliver Schmitz ; Côté Short Corner (marché du film court), 4 courts métrages algériens étaient à Cannes 2010 : Le Dernier Passager de Mounès Khammar, Khouya (“Mon frère”) de Yanis Koussim, Goulili de Sabrina Draoui et El Djinn de Yasmina Chouikh.
Des Hommes et des Dieux, Prix du Jury œcuménique Cannes 2010
Le Jury oecuménique 2010 attribue son prix au film Des Hommes et des Dieux de Xavier Beauvois. « D’une grande beauté plastique, servi par une interprétation collective remarquable et rythmé par l’alternance des travaux et de la liturgie, ce film dépeint le sacrifice des moines de Tibhirine (Algérie 1996), choisissant de poursuivre leur œuvre de paix malgré la violence déchaînée. La profonde humanité des moines, leur respect pour l’Islam et leur générosité pour leurs voisins villageois » ont motivé le choix du jury. Par ailleurs, deux mentions spéciales ont été attribuées aux films : Another Year de Mike Leigh et Poetry de Lee Chang-Dong.
HOMMAGE à El Hadji Samba Sarr, réalisateur sénégalais…
Après une présence remarquable et impressionnante au dernier Festival international de Court Métrage d’Abidjan, le réalisateur, scénariste et producteur sénégalais, El Hadj Samba Sarr, nous a quitté le matin du samedi 8 mai dernier à Dakar à l’âge de 41 ans. Il a été inhumé le même jour en fin d’après-midi au cimetière musulman de Yoff.
Des officiels, cinéastes, acteurs culturels, parents et amis ont rendu hommage au disparu, relevant qu’il faisait partie de la relève des cinéastes sénégalais.
El Hadji Samba Sarr a réalisé une dizaine de films, fictions et documentaires, parmi lesquels « La discorde », un court métrage de fiction en compétition au FICA 2010.
… à James Campbell Badiane, comédien sénégalais…
Plus tôt, le comédien sénégalais James Campbell Badiane nous a quittés. C’était le 7 avril dernier à l’âge de 78 ans à Dakar, des suites d’une maladie. Au cours de sa longue carrière débutée en 1955, James Campbell Badiane est une grande figure du cinéma en Afrique et dans le monde pour avoir joué dans une trentaine de films.
L’homme s’est révélé au premier Festival mondial des arts nègres (1966) à travers le rôle de Hugonin-Baron dans l’adaptation de « La Tragédie du Roi Christophe » d’Aimé Césaire aux côtés de feu Douta Seck. Une longue carrière d’acteur a son actif, dont le film Ashakara de Philippe Souaille, film tourné au Togo où il a longtemps séjourné.
…et à Sotigui Kouyaté, comédien et metteur en scène malien et burkinabé
Le comédien et metteur en scène malien et burkinabé Sotigui Kouyaté a tiré sa révérence le 17 avril dernier à Paris des suites d’une maladie pulmonaire. Né à Bamako le 19 juillet 1936 et Sotigui Kouyaté est considéré comme l’un des plus grands acteurs africains contemporains. Il est le père du réalisateur Dani Kouyaté et du conteur Hassane Kassi Kouyaté.
Citation du mois« Ma caméra, j’en ai fait un être vivant, un cerveau et, ce qui est encore mieux, j’ai essayé d’en faire un cœur. »
Abel Gance
Lisez et faites lire Caméra, le bulletin cinématographique qui « scrute tout » pour vous !
Caméra
Année 1, N°009, du 15 avril au 15 mai 2010
Editorial
Bon vent à la critique cinématographique africaine !
La Fédération Africaine de Critique Cinématographique (FACC) vient de marquer un pas décisif dans son histoire. Il s’agit de la signature, le 30 mars dernier, d’un accord de siège à Dakar au Sénégal entre le gouvernement sénégalais et la FACC.
C’est encore preuve que le cinéma occupe une place capitale dans le patrimoine culturel d’un pays. « Le cinéma n’est pas que divertissement… Le cinéma comme septième art est la vitrine d’un pays. Il est un élément essentiel de la diplomatie culturelle, je dirai de la diplomatie tout court », a déclaré M. Ababacar Diop, président de la FACC, dans son discours à l’occasion de la signature de cet accord de siège.
Quel gouvernement d’Afrique peut-il aujourd’hui relever le défi des salles de cinéma qui se meurent inexorablement, sous le regard délibérément impuissant des autorités en charge de ce secteur et malgré le cri des cinéphiles, des cinéastes, des critiques de cinéma ? Les gouvernements qui oseraient s’y engager pourront-ils compter sur l’appui des promoteurs culturels, et surtout des partenaires en développement ?
La prise de conscience ne manque pourtant pas de l’enjeu que représente l’apport du cinéma en matière du développement d’un pays. Le ministre sénégalais des Affaires Etrangères, Me Madicke Niang, le dit si bien : « l’industrie cinématographique peut constituer un véritable moteur de développement économique (…) et la critique cinématographique, qui contribue incontestablement au développement et à la promotion de cet art, doit faire l’objet d’une attention toute particulière dans nos pays. »
Discours éloquent, n’est-ce pas ! Agissons-dons !
La Rédaction
Et le cinéma, fut !
Nous sommes dans un mois très important dans l’histoire de notre pays. Dans quelques jours, le Togo va célébrer son cinquantenaire d’indépendance. L’indépendance est synonyme d’autonomie, de souveraineté. Qu’est-ce que le Togo peut dire sur l’indépendance culturelle ? Ou mieux, l’indépendance cinématographique ? L’aspect le plus représentatif pour la montrer est la salle de cinéma.
La salle de cinéma est considérée comme la finalité d’une industrie de cinéma florissante. Une visite des salles de cinéma de la capitale montre que la métaphore et l’ironie jonglent joyeusement avec l’état des lieux de ce cinéma. Lomé compte 7 salles de cinéma et plus que 3 sont « opérationnelles ».
La salle de cinéma « Le Togo » est transformée en salle de boxe. Alors que le cinéma se bat pour conserver sa place dans la société, c’est la place du cinéma que les gens utilisent pour se battre à coup de poings. Pour la salle « Opéra », les soins de propreté élémentaire sont négligés. La salle est tout simplement « sale ». La salle « Elysée » est celle qui pourrait faire la fierté de la capitale mais le nombre de spectateurs montre combien le cinéma togolais rapporte. La salle est toujours vide.
Avec ce bilan éloquent, tout laisse à croire que les salles de cinéma ont été un phénomène de mode qui rame aujourd’hui pour survivre. La poussière, les toiles d’araignées, les cadenas, le vide. Ce sont les mots qui peuvent s’utiliser pour décrire les salles de cinéma à Lomé. Comment intervenir dans cette situation vu que les salles de cinéma sont privatisées ? La situation dans laquelle sont les salles traduit la négligence et le désintérêt de l’Etat quant aux affaires culturelles. Dans cet environnement, où va se commémorer une autonomie, le secteur cinématographique célèbre une anomie.
Comment donc laver ce linge « salle » dans la famille du cinéma togolais?
Sitou Ayité
Du 20 au 25 Avril 2010 : 6ème édition du Festival International du Court Métrage d’Abidjan
La 6ème édition du Festival International du Court Métrage d’Abidjan (FICA) aura lieu du 20 au 25 avril prochain. La cérémonie d’ouverture de ce festival se déroulera le 20 avril en présence du ministre ivoirien de l’intégration Africaine, M. Amadou Koné.
Outre les nombreuses projections de films pour le Jury, d’une part, et le public d’autre part, le FICA prévoit une ” Rencontre des critiques de cinéma ” le mercredi 21 avril. Organisé en collaboration avec l’Union des journalistes culturels de Côte d’Ivoire (UJOCCI) et la Fédération Africaine de Critique Cinématographique (FACC), cette rencontre va connaître la participation de nombreux journalistes culturels de l’UEMOA et de la diaspora.
L’Association des Journalistes Critiques Cinématographiques du Togo (AJCC-Togo) sera représenté à cette rencontre cinématographique.
Un autre moment important sera la projection de films à la Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan (MACA) le vendredi 23 avril. Comme à chaque édition depuis 2006, une projection de films sera ainsi offerte aux prisonniers, suivie d’un déjeuner.
En prélude à ce grand événement, un concours national d’affiche a été organisé du 23 septembre au 30 novembre 2009 en faveur des plasticiens, designers, infographistes et dessinateurs Ivoiriens âgés de plus de 18 ans. La cérémonie de remise des prix de ce concours a eu lieu le 15 janvier dernier à l’Institut Goethe d’Abidjan en présence du Ministre de l’intégration Africaine Amadou Koné et de la directrice du FICA, Mme Hanny Tchelley.
Charles Ayetan
L’Afrique sera présente en compétition officielle au 63ème Festival de Cannes
Le 63ème Festival de Cannes (France) aura lieu du 12 au 23 mai prochain. A cet effet, une conférence de presse a été tenue le 15 avril 2010 à « Intercontinental, Le Grand Hôtel », Cannes (France), conférence au cours de la quelle a été présenté les jurys officiels et la sélection officielle.
Parmi les films en compétition officielle, on note un film tchadien qui fait l’honneur de l’Afrique. Il s’agit du long métrage Un Homme qui crie, de Mahamat-Saleh Haroun qui devient ainsi le tout premier cinéaste tchadien à présenter un long métrage en compétition officielle du prestigieux Festival de Cannes. L’homme n’est pas à son premier essai.
En effet, Un homme qui crie est le quatrième long-métrage de Mahamat-Saleh Haroun qui a déjà réalisé entre autres Daratt, saison sèche (2006), de même que Abouna (2002) et Bye-bye Africa (1999) qui ont remporté divers prix dans plusieurs festivals internationaux.
Signalons également le du film Hors-la-loi, de Rachid Bouchareb, un français d’origine algérienne.
Charles Ayetan
Du 2 au 10 juiin 2010 : Louma, 2ème édition, le rendez-vous du documentaire africain
La deuxième édition des Rencontres du cinéma africain, Louma 2010, se tiendra du 2 au 10 juin prochain à Saint-Louis au Sénégal. Organisé par Africadoc, le Louma accueillera une fois encore plusieurs professionnels du documentaire africain, en provenance de tout le continent.
En effet, de nombreux réalisateurs, producteurs, financeurs, acheteurs, distributeurs et diffuseurs Tv seront présents à Saint-Louis pour une semaine de rencontres professionnelles autour de films documentaires africains et de projets de films.
Le Louma a pour objectif de rendre visible la variété et la créativité de la production africaine en matière de documentaire. Selon les organisateurs, il s’agit entre autres, d’une rencontre « permettant de densifier le réseau créé peu à peu et de renforcer la circulation et la visibilité des films africains et de films sur l’Afrique ».
L’initiative se situe dans le sillage des Rencontres Tënk de coproduction du documentaire africain qu’organise Africadoc depuis 2002. Les Rencontres Tënk, désormais rendez-vous de coproduction incontournable du documentaire africain, permettront cette année encore à une trentaine de jeunes réalisateurs africains de présenter leur projet de film.
Cette année, l’origine des projets s’étend : ils sont issus de plusieurs résidences d’écriture organisées entre décembre 2009 et mai 2010, en Afrique du Sud, en Guinée Bissau, au Mali, au Sénégal et au Togo.
Ces rencontres se déroulent en deux temps : des séances Tënk (séances de « pitch ») et des séances de rendez-vous individuels qui permettent aux réalisateurs d’aborder facilement des professionnels intéressés par leur projet de film. Des professionnels africains et européens (producteurs, diffuseurs et financeurs) y assisteront dans le but de développer ces projets en coproduction.
Il faut retenir que grâce à ses rencontres, un catalogue d’environ 150 films documentaires africains mais aussi de film sur l’Afrique est proposé à des acheteurs africains et du reste du monde (chaînes de télévision ainsi que les organismes de diffusion cinématographique)
Charles Ayetan
FACC : Signature d’accord de siège à Dakar
La Fédération Africaine de Critique Cinématographique (FACC) vient de signer un accord de siège avec le Sénégal. La signature de cet accord de siège a eu lieu le 30 mars dernier à Dakar en présence de plusieurs personnalités et d’un grand nombre de journalistes de télévisions, de radios et de presse écrite. L’acte de signature a été matérialisé par le ministre d’Etat, ministre sénégalais des Affaires Etrangères, Me Madicke Niang et M. Ababacar Diop, président de la FACC.
Dans son discours, le ministre Madicke Niang a souligné que « l’industrie cinématographique peut constituer un véritable moteur de développement économique (…) et la critique cinématographique, qui contribue incontestablement au développement et à la promotion de cet art, doit faire l’objet d’une attention toute particulière dans nos pays. »
« Le cinéma comme septième art est la vitrine d’un pays », a déclaré le président de la FACC qui a, pour sa part, félicité les autorités du Sénégal et ses prédécesseurs à ce poste, de même que tous les critiques africains dont l’effort et la persévérance a rendu possible cet événement historique.
11ème biennale de la Caravane des Cinémas d’Afrique à Lyon
La 11ème Biennale de la Caravane des Cinémas d’Afrique s’est déroulée du 18 au 28 mars dernier à Sainte-Foy-lès-Lyon, en France. Organisée par l’association « Son Image et Rencontres Fidésiennes » (SIRF) et par le Centre Culturel Communal Fidésien (CCCF), la Caravane des Cinémas d’Afrique a pour objectif de diffuser et promouvoir la création cinématographique méconnue du Continent Afrique.
A cette édition, 11 films ont été présentés en compétition pendant les 11 jours du Festival ainsi que des documentaires sur le jazz, la politique et le rôle des femmes africaines.
Citation du mois
« La culture visuelle n’a de sens que dans la mesure où elle accompagne les autres formes de culture. »
André Diligent
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